{Archives} Petits contes à régler - Le Cas Rubis C. de Gaël Bordet

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Le mystérieux cercle Benedict de Trenton Lee Stewart

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Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs

"On s'accroche à nos contes de fées jusqu'à ce que le prix de ces croyances deviennent trop exorbitant."

 

Titre: Miss Peregrine et les enfants particuliers

Auteur: Ransom Riggs

Éditions: Le livre de poche jeunesse

Date de parution: octobre 2016

 

Parfois, quand un livre a du vraiment beaucoup de succès, je préfère ne pas m'y risquer par peur d'être déçue. Mais là, comme Ms.Goliath a apprécié et que son jugement est une valeur sûre, je me suis dis qu'en l'achetant je ne pouvais pas me louper!

 

Pendant toute son enfance, Jacob a été bercé par les histoires extraordinaires de son grand-père. Il lui parlait d'une île sur laquelle il avait trouvé refuge pendant la guerre, une île merveilleuse qui accueillait des "enfants particuliers". Et il avait des preuves: d'étranges photographies mettant en scène ces enfants. Et puis Jacob finit par douter. Mais toutes ces histoires remontent à la surface à la mort brutal de son grand-père. Jacob part à la recherche de la fameuse île.

 

La particularité de ce roman réside dans les illustrations: des photographies anciennes et mystérieuses. L'histoire en effet s'appuie sur ces photographies étranges qui ont été prêtées à l'auteur par des collectionneurs et tisse des liens entre elles. Elles permettent au lecteur une immersion plus importante dans l'univers très particulier de Ransom Riggs, un univers fantastique sombre et légèrement gothique.

Pour ce qui est du récit et de l'intrigue, elle se caractérise par son dynamisme à tel point qu'on dévore les pages sans s'en rendre compte. On ne s'ennuie pas une seconde et on suit les pérégrinations de Jacob avec plaisir.

Malgré un travail d'édition soigné et du plaisir dans la lecture, ce roman n'est pas le coup de cœur attendu, sans doute parce que je n'ai pas vraiment été surprise par le déroulement du récit un peu trop attendu. Je lirai néanmoins la suite avec plaisir dès qu'elle sera sortie en poche.

 

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{Ambiance de Noël} La collection "Histoires d'antan" aux éditions Alzabane

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{Le mois du polar} A la Brocante du cœur de Robert Cormier

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"Goods girls go to Heaven, bad girls go to Amsterdam"

Titre: Les grandes jambes

Auteur: Sophie Andriansen

Editions: Slalom

Date de parution: 9 juin 2016

 

Marion est en 5e et vit un véritable drame: elle n'arrête pas de grandir et par conséquent elle ne trouve aucun jean à sa taille. Ses maudites chaussettes apparaissent toujours. En plus de ce complexe préoccupant, il y a Grégory, un collégien qui déclenche son radar à tous les coups. Mais un projet scolaire autour des peintres flamands et d'un voyage à Amsterdam va donner un autre éclairage à sa vie d'adolescente.

 

Car les voyages, c'est bien connu, forment la jeunesse.

 

Je dois avouer que le premier contact avec ce court roman a été rude. Alors que Marion ressent humiliation sur humiliation dans sa cabine d'essayage, elle se permet d'émettre un avis cruel sur les rondeurs d'une vendeuse. L'immaturité du personnage est clairement annoncée d'entrée de jeu. Marion est moquée, mais elle-même est loin d'être à l'abri de ce travers!

Hormis cet écart dès l'ouverture du roman, Marion reste un personnage agréable, très proche des pré-adolescents que l'on connaît: versatile, agaçante parfois, touchante souvent. Le roman aborde de façon très simple et juste les déboires des années collège: les émois amoureux, les moqueries et humiliations, les peurs. Mais la leçon de l'auteur, c'est que tout cela s'efface devant l'art ou la force de grandes figures comme Anne Frank. En effet, le voyage à Amsterdam atteint l'objectif qu'on prête à tout voyage: le décentrement salutaire.

La Ronde de Nuit de Rembrandt ouvre et le roman et devient presque un personnage à part entière du récit. Il agit comme un guide initiatique auprès de Marion et lui révèle que les choses peuvent être plus simples qu'on ne le croit. La description du tableau, véritable ekphrasis, s'anime tellement qu'on pourrait croire Marion frappé du fameux syndrome de Stendhal.

Ce que j'ai préféré dans ce roman, en plus de l'intégration d'une œuvre d'art classique au sein du récit, c'est la capacité de l'auteur de traiter des sujets divers concernant au plus près les adolescents de façon légère et parfois comme en passant. Ainsi glisse-t-elle quelques réflexions pertinente sur l'intégration des étrangers ou encore sur les vocations.

Un bon roman pour les jeunes lecteurs s'apprêtant à entrer au collège.

Encore merci aux éditions Slalom qui m'ont fait gagner ce roman.

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" La fin des livres signerait la fin de l'humanité."

Titre: Les Autodafeurs, Tome 1. Mon frère est un gardien.

Auteur: Marine Carteron

Éditions: Rouergue

Collection: Doado

Date de parution: mai 2014

 

Sur les conseils d'une libraire enthousiaste, j'ai mis mon nez dans le premier tome des Autodafeurs et je ne regrette absolument pas mon incursion dans cet univers.

 

Auguste Mars, un adolescent banal et sa sœur pas banale perdent brusquement leur père dans un "accident" de voiture. Auguste découvre alors qu'il n'est pas si banal que cela puisque sa famille appartient à une confrérie millénaire. Avec l'aide de sa sœur Césarine, de Néné, l'ami improbable, et de sa famille, Auguste va être confronté à sa première épreuve.

 

L'Indiana Jones des bouquins

 

Dans une langue simple et proche de l'oral, l'auteur nous entraîne dans une aventure originale à la suite d'un héros qui ne se prend jamais vraiment au sérieux. Ce récit d'aventure haletant ne connaît aucune longueur et alterne humour et actions avec un grand dynamisme. L'ensemble m'a fait délicieusement pensé à un Indiana Jones.

 

Il faut sauver les livres!

 

Le roman redonne à la littérature, à l'histoire et à la culture en général, une place qu'elle a tendance à perdre auprès des jeunes. En effet, l'auteur s'appuie sur des références historiques pour les mettre au service de la fiction et dans le même temps intègre au récit des références actuelles à la culture populaire adolescente. Ce mélange enrichit le roman et redynamise le rapport à la culture et aux livres jugés trop souvent ennuyeux et "vieux".

L'univers du livre, de la littérature et du savoir est présenté ici comme un trésor à protéger, et c'est, à mon sens, le message le plus important.

Il est à noter que le latin est, dans ce roman, utilisé comme langue de communication internationale. C'est le genre de détail qui change tout pour moi et qui fait battre mon petit cœur de latiniste.

 

Une longue citation à méditer (p. 73-75) dont voici un extrait:

" - "Quel trésor représente le livre! Et quelle indépendance il autorise! Quel compagnon à l'heure de la solitude! Quelles munitions il fournit! Quel éventail d'informations et quel prodigieux spectacle! Quel compagnon en terre d'exil! Le livre est un vase plain de savoir, un récipient imprégné de raffinement, une coupe remplie de sérieux et de plaisanterie... Qui donc - mieux que le livre - est à la fois médecin et nomade, byzantin et hindou, persan et grec, mortel et immortel? Allons plus loin, quand donc as-tu vu un jardin transportable dans une manche, un être qui parle à la place des morts et qui est l'interprète des vivants? Le livre ne te flatte pas outrageusement, c'est un compagnon qui ne t'ennuie pas. (...) "

 

Je n'ai qu'une seule chose à ajouter: c'est exactement le roman que j'aurais aimé lire adolescente et surtout que j'aurais adoré écrire.

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[CHALLENGE] Un roman pétillant de soleil

Titre: Les Petites Reines

Auteur: Clémentine Beauvais

Éditions: Sarbacane

Date de parution: 1 avril 2015

 

Récompensé par de nombreux prix, en particulier le prix Sorcières 2016 et élu meilleur livre jeunesse de 2015 par le magazine Lire, ce roman de Clémentine Beauvais est nommé pour le prix des Incorruptibles. Sa couverture chatoyante et les excellentes critiques que l'on peut lire çà et là m'ont conduite à acheter ce roman afin de pouvoir le conseiller à mes élèves. Comme ce roman se déroule en été, j'en ai profité pour lire ce roman dans le cadre du challenge "Un mois = une consigne" sur le site Livraddict.

 

Roule ma poule!

A la fin de l'année scolaire, trois jeunes filles, Mireille, Astrid et Hakima, découvrent sur Facebook qu'elles ont été élu boudins de l'année par des camarades crétins. Poussées toutes les trois par des motifs différents, elles décident de gate-crasher la garden-party donnée par la présidente de la République pour le 14 juillet à Paris. Afin de rejoindre Paris, elle choisissent d'enfourcher leur vélo et de vendre des boudins en route pour financer leur expédition.

 

Qui veut des boudins?

Clémentine Beauvais signe un roman dynamique, frais et joyeux. Avec un humour fracassant et toujours franc, l'auteur aborde le sujet complexe de l'apparence chez les adolescents. Le lecteur a l'habitude de suivre une héroïne mal dans sa peau mais qui se révèle finalement très jolie au terme d'un parcours initiatique. Or, ce roman déjoue toutes nos attentes. Ces trois jeunes filles ne sont pas belles, et ce, du début à la fin. Et l'expédition à vélo n'est pas le prétexte à un message sur l'amaigrissement par le sport. C'est la grande force de ce roman: ne jamais tomber dans le pathos et dans la facilité. Sans concession, le roman tisse différents sujets: le féminisme, la famille, la cruauté des rapports adolescents, les réseaux sociaux. Le récit s'ancre dans une réalité très contemporaine grâce à des tweets et des citations de Tripadvisor fictifs et fait souvent référence à l'actualité politique, toujours avec ce regard décalé, ce pas de côté jouissif.

La fin a réussi à me surprendre en proposant une scène mature et qui ne tombe jamais dans le mièvre et le sentimentalisme. La morale reste, à mon avis, implicite et positive. C'est pour cette raison que ce roman est un véritable coup de cœur.

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Un roman jeunesse dans le Paris bohème et artistique

Titre: Elle posait pour Picasso

Auteur: Béatrice Egémar

Collection: Courants Noirs

Éditions: Gulf Stream

 

A ma grande déception, la collection "Courants noirs" n'existe plus. Pourtant, elle compte de bons romans historiques et policiers. Béatrice Egemar en a écrit trois dans cette collection. Voici celui situé à l'époque la plus récente: le début du XXe siècle.

 

Intrigue à Montmartre

 

Emile, le narrateur, une jeune homme de dix-huit ans, rêve de devenir poète. Il s'installe à Montmartre au Bateau-Lavoir dans un appartement meublé du strict minimum. Il y rencontre ses voisins: des ouvrières comme des artistes. En effet, un de ses voisins n'est autre que Picasso. Intrigué par le portrait d'une bouquetière peint par Picasso, Emile est poussé à mener l'enquête quand il apprend la mort de cette dernière. Pour résoudre l'énigme, il parcourt tout le quartier et entraine le lecteur dans l'univers populaire et artistique du Paris du début du siècle.

 

Quand simplicité rime avec efficacité et accessibilité

 

Béatrice Egémar est un auteur très accessible. Elle m'avait conseillé ce roman et je ne regrette pas de l'avoir lu. Le roman, très documenté se démarque par sa grande simplicité, ce qui ne signifie en aucun cas pauvreté. La simplicité du style s'explique par le public visé et rend le roman très accessible. L'intrigue peut paraître simple pour les amateurs de thrillers et de romans policiers mais elle est bien menée et la résolution reste assez surprenante. La grande force du roman réside dans le contexte culturel bien rendu. En effet, la vie de bohème est présentée de façon réaliste, sans tomber dans les clichés romanesques habituels et faciles. La simplicité nécessaire du roman évite intelligemment la complexité des mouvements artistiques et des personnalités des artistes présentés tout en étant extrêmement précis.

Le roman peut servir de support à une réflexion plus approfondie sur le thème du modèle, de la muse que l'on peut efficacement mettre en rapport avec les œuvres des poètes et artistes présentés dans le roman. En effet, l'auteur a mis les femmes à l'honneur dans ce roman en en faisant des figures importantes de l'intrigue.

 

Une lecture agréable et vivante.

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[CHALLENGE] Percy Jackson: ultime épisode.

Titre: Percy Jackson 5: Le dernier Olympien

Auteur: Rick Riordan

Edition: France Loisir

Date de parution: 2010

 

Dans le cadre du challenge "Un mois = une consigne" sur Livraddict, il fallait lire un roman jeunesse pour le mois d'avril. Comme je venais de lire le tome 4, je me suis dit que ce serait l'occasion d'achever la saga.

 

Percy va avoir seize ans et une prophétie annonce qu'à cette date un héros - tout pousse à croire qu'il s'agit de Percy -  devra décider du destin du monde. Or Cronos s'est réveillé et mène son armée contre l'Olympe. Il n'y a que Percy et son armée de demi-dieux de la Colonie pour faire front contre le Titan.

 

Un final épique digne d'Homère

 

J'ai beaucoup apprécié ce dernier tome qui finit dans un combat épique, haut en couleurs et en rebondissements. La réécriture est ici plus subtile. Plusieurs indices indiquent que le sous-texte est L'Iliade. En effet, l'Olympe est assiégée et une petite armée doit défendre la place face à une armée plus puissante et nombreuses. Les assauts sont réguliers et alternent victoires et défaites. De plus, Percy est associé à Achille et à sa malédiction. Enfin, indice majeur, un épisode où Silena se fait passer pour Clarisse afin de mener les Arès au combat qui rappelle l'épisode où Patrocle prend la place d'Achille pour mener les Achéens au combat.

Contrairement au tome précédent, j'ai trouvé que la psychologie des personnages était à nouveau approfondie. Cela m'a permis de plus facilement m'attacher aux personnages et donc de mieux comprendre leurs hésitations, leurs dilemme et leurs choix. Le roman étant destiné à la jeunesse ne recèle pas de grandes surprises à la fin.

 

Un point qui me chiffonne...

 

J'apprécie que la romance entre Percy et Annabeth reste discrète et ne prenne pas le pas sur l'intrigue et l'action comme il est de coutume actuellement. L'auteur reste d'ailleurs assez allusif et pudique sur les relations amoureuses des personnages, en particulier des personnages secondaires. Je note toutefois qu'il n'y a pas de relations homosexuelles et que deux personnages féminins importants renoncent aux hommes pour leur mission. Même si cette virginité est liée à la mythologie des personnages d'Artémis et de la Pythie, elle me dérange un peu puisqu'il n'y a pas d'équivalent chez les personnages masculins... Vous trouvez que je chipote?

 

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Percy à la sauce Thésée.

Titre: Percy Jackson 4: La bataille du labyrinthe.

Auteur: Rick Riordan

Édition: France Loisir

Date de parution: 2010

 

J'avais laissé Percy au tome 3 qui m'avait moins enthousiasmé que les tomes précédents. Puis s'est présenté le "Challenge à 1000". Or Percy trainaît dans ma Pile à Lire avec ses 410 pages. L'occasion était trop belle de me replonger dans cet univers.

 

J'ai donc retrouvé Percy en train d'échouer, comme toujours, à intégrer une école pour finir sa scolarité à cause de sempiternels monstres qui le persécutent. De retour à la colonie des Sang-mêlé, il apprend qu'elle est menacée. En effet, Luke et l'armée de Cronos cherche à l'attaquer en empruntant le labyrinthe de Dédale, labyrinthe tentaculaire dans les sous-sols des États-Unis. Percy et ses compagnons cherchent à retrouver le célèbre inventeur pour l'empêcher de divulguer le fonctionnement du labyrinthe à Luke. Pendant ce temps, Cronos se réveille...

 

Les romans de la saga sont toujours efficaces: des combats épiques, de l'amitié, du suspense et de l'humour. C'est la grande qualité de Rick Riordan. Les personnages et le récit ne se prennent jamais au sérieux et toute exagération due au genre "jeunesse" est assumée. Ce qui ne veut pas dire que soit absent tout pathos bien dosé. Le lecteur s'attache rapidement aux personnages et les suit avec plaisir dans leurs pérégrinations. Ordinairement les tomes se présentent comme une réécriture de grandes épopées comme l'Odyssée dans le tome 2. Ici, le récit est fondé sur le motif du labyrinthe de Dédale duquel Thésée sort avec l'aide d'Ariane. J'ai trouvé la réécriture sympathique mais moins convaincante que celle de l'Odyssée qui reste ma préférée (ô combien!).

La romance entre Percy et Annabeth initiée dans le tome 3 est très peu développée dans ce tome. L'univers est moins sombre que dans le troisième tome et le récit trop haletant pour trop s'attarder sur les réflexions des personnages. On n'y découvre que fugacement Rachel, une mortelle qui voit à travers la brume, mais très peu d'autres nouveaux personnages. Au contraire, les quêtes annexes s'achèvent progressivement et le dernier tome commence à se préparer. Le récit s'achève sur un combat épique entre la colonie et l'armée de Cronos qui annonce sans aucun doute le combat final de la saga.

 

Une lecture plaisante qui me fait renouer avec la saga.

 

Pour lire les précédents articles:

Tome 2 La mer des monstres

Tome 3 Le sort du titan

 

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[CHALLENGE] Bienvenue à la Citacielle, où tous les coups sont permis!

Titre: La Passe-Miroir T.1 Les Fiancés de l'hiver

Auteur: Christelle Dabos

Éditeur: Gallimard

Date de parution: 2013

 

Ce livre est le premier de la liste du Challenge "Un mois = une consigne sur Livraddict. J'avais choisi ce livre parce qu'il a sa petite réputation sur la blogosphère ainsi que sur Booktube. Ma curiosité piquée au vif, je n'ai pu résisté à la tentation, surtout quand j'ai vu la si jolie couverture.

 

Ophélie est une Animiste, c'est-à-dire qu'elle vit sur Anima, une arche flottant dans le vide. Sur Anima, chacun a un don et fait partie d'une seule et même famille, descendant d'Artémis, l'esprit de famille. Ophélie a deux dons: passer à travers les miroirs et lire les objets. Ophélie menait une vie tranquille jusqu'à ce qu'on la fiance avec Thorn, du clan des Dragons, un homme venant du Pôle. Elle doit quitter son univers et rejoindre le monde dangereux de la Citacielle, cité flottante et capitale du Pôle.

 

Le roman vaut tout à fait sa réputation! L'univers créé par Christelle Dabos est tout bonnement stupéfiant. Chaque page apporte son lot de surprises et le tout reste très cohérent. Le monde dans lequel évolue Ophélie est à la fois complexe et d'une absolue richesse. C'est la grande force du roman, en plus d'être servi par une langue élégante et maîtrisée.

 

J'ai trouvé Ophélie, le personnage principal, très attachant. Elle est, comme beaucoup de héros des romans jeunesse, maladroite. C'est une ficelle facile pour l'identification des adolescents et je dois avouer que cela marche presque à tous les coups. Si la famille d'Ophélie a été rapprochée des Bennet dans Orgueil et préjugés par de nombreux lecteurs, l'auteur avoue n'avoir pas lu ce livre avant l'écriture de son propre roman. Cette similitude s'explique pourtant aisément car elle source de comique et fait de l'héroïne est figure plus intéressante et solitaire.Quant aux autres personnages rencontrés au Pôle, j'ai particulièrement apprécié leur complexité. Thorn, surtout, reste indéchiffrable et promet de s'enrichir dans les tomes suivants.

 

L'intrigue se noue par étapes et nous suivons Ophélie, avec la même naïveté qu'elle. C'est avec elle que nous tombons dans tous les pièges de la cour tortueuse et hypocrite. Le rythme ne fait qu'accélérer à tel point que j'ai dévoré les derniers chapitres sans pouvoir lâcher un seul instant le livre.

 

Il me tarde de dévorer aussi le tome 2!

 

Ma note: 16/20

 

La chronique de MsGoliath bientôt sur son blog.

 

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Quand une Intelligence Artificielle prend le pouvoir

 

Titre: Ciel 1.0. L'hiver des machines

Auteur: Johan Heliot

Éditeur: Gulf Stream

Date de parution: octobre 2014

 

Petite replongée dans le monde de la jeunesse par le plus grand des hasards. Abonnée à France Loisirs, je devais choisir un roman, or celui sur lequel je portais tous mes vœux était épuisé. Je me suis donc rabattue sur Ciel 1.0. Et je ne regrette pas du tout!

De quoi ça cause? Dans un futur pas si lointain, une Intelligence Artificielle nommée Ciel gère la distribution de l'eau et de électricité à un niveau mondial. Quelques jours avant Noël, le flux cesse tout-à-fait et les machines se retournent contre les hommes. Débute un long hiver vu à travers cinq regards: Tomi, le grand-père; Sarah et Peter, les parents divorcés; Jennifer et Thomas, leurs deux adolescents, tous éloignés les uns des autres en Europe.

Voilà un bon roman jeunesse pour reprendre ce genre de lecture. Comme il s'agit d'un roman jeunesse et d'autant plus parce qu'il s'agit d'un premier tome, les personnages ne sont pas encore assez creusés et peut-être encore superficiels. Cependant, j'ai bon espoir que l'évolution soit positive.Les cinq personnages ont des identités bien marquées et échappent pour le moment aux clichés, grand danger du genre!

La langue est simple, efficace, et sans chichi, ce qui est nécessaire quand on veut mettre en avant l'action. En effet, la grande force du roman c'est l'univers et l'intrigue qui sont si intéressants qu'ils nous captivent très rapidement. J'ai trouvé la situation très vraisemblable pour de la "science-fiction", ce qui renforce d'autant plus sont côté inquiétant. On peut ajouter que le roman entretient plutôt bien le suspense en ménageant de nombreuses zones d'ombre, en particulier en ce qui concerne les motivations de l'I.A.

En bref, un roman efficace qui permet de réfléchir sur notre dépendance à la modernité; un tome 1 alléchant et qui laisse espérer de nombreux retournements de situation.

 

Ma note: 14/20

         
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Percy Jackson, le sort du Titan: bataille mythologique sur fond d'adolescence

Titre: Percy Jackson. Le Sort du Titan

Auteur: Rick Riordan

 

Mes élèves latinistes se référant constamment à Percy Jackson pour illustrer certaines références mythologiques, il fallait que je me mette à jour rapidement. Cela devenait même assez urgent. Me voici donc repartie avec la troisième aventure de Percy.

De quoi ça cause? Les monstres sont toujours aux trousses des demi-dieux et au cours d'une de ses missions, l'équipe de Percy rencontre les Chasseresses d'Artémis et perd la trace d'Annabeth. Partie sur les traces d'un monstre, la déesse Artémis elle-même disparaît à son tour. Thalia et Percy devront s'allier avec les Chasseresses pour retrouver la déesse et Annabeth, empêcher le réveil des monstres, protéger l'ophiotauros et accessoirement sauver le monde et l'Olympe.

Cette fois, la réécriture est moins ancrée dans un récit identifiable. Le héros auquel il est fait le plus référence est Ulysse. Percy affronte le lion de Némée, chevauche le sanglier d'Erymanthe, traverse le jardin des Hespérides pour remplacer un moment le titan Atlas. C'est d'ailleurs l'occasion de révéler la part sombre des héros mythologiques: leur défaut mortel et leur manque de sincérité.

La psychologie des personnages s'approfondit et l'âge aidant, les préoccupations adolescentes ordinaires prennent place dans cet univers si extraordinaire.

Si l'humour est toujours présent, il est nettement atténué par un assombrissement progressif de l'univers de Percy. La lutte du bien contre le mal s'intensifie et les enjeux se complexifient.

En bref, un roman efficace et rapide!

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Titus Flaminius, tome 2: déception...

Titre: Titus Flaminius. La Gladiatrice

Auteur: Jean-François Nahmias

Éditeur: Albin Michel

Collection: Wiz

Date de parution: juin 2004

 

Je poursuis mes lectures jeunesse dans le monde de l'Antiquité avec Titus Flaminius Tome 2: la gladiatrice de Jean-François Nahmias. Souvenez-vous, je n'avais pas tari d'éloges à propos du premier tome La Fontaine aux Vestales. J'avais été emportée par l'intrigue et par la qualité des informations. 

Quatrième de couverture: Rome, 58 av. J-C. Une femme rousse habillée en gladiatrice sème la terreur en commettant une série de meurtres. Titus Flaminius, jeune patricien qui a décidé de vouer sa vie à la justice, se met à la poursuite de ce mystérieux assassin. Ses recherches le conduisent à Pompéi, où il décide de se faire lui-même gladiateur afin d'infiltrer les coulisses des jeux du cirque... Titus découvre alors l'univers de "ceux qui vont mourir", où règnent à la fois une cruauté impitoyable et une bouleversante fraternité.

Après un si vif enthousiasme, plus cruelle fut la déception. Le tome 2 est loin de valoir le premier tome. Bien plus que les insignifiantes inexactitudes historiques, ce qui m'a déçue ce sont les faiblesses du scénario et le personnage même de Titus Flaminius. Au cours d'un entraînement, Titus perd soudain la mémoire. Il devient alors totalement Flamma, le gladiateur. Il séduit une gladiatrice qui lui fait une révélation importante sur son passé et sur ses raisons d'être la méchante de l'histoire. Puis, Flamma redevient Flaminius et en retrouvant la mémoire, il oublie les révélations de la gladiatrice. Non seulement, j'ai trouvé que l'épisode de l'amnésie n'était pas bien mené mais son intérêt est totalement annulé par sa deuxième amnésie. C'était justement la révélation de la gladiatrice qui permettait de la comprendre et de lui apporter une profondeur psychologique. Titus Flaminius passe alors pour un séducteur sans scrupule qui se moque bien de la véritable personnalité de sa partenaire. Il exploite ses sentiments mais ne cherche pas à savoir qui elle est vraiment. L'oubli du secret est donc bien facile et lui permet de n'avoir aucun remord. Alors que justement, s'il avait hésité, s'il y avait eu dilemme, là le personnage aurait gagné en épaisseur. Il est vrai que c'est un patricien romain et elle une esclave gladiatrice. Il y a donc une certaine logique dans le dédain de Titus. Cependant, cela ne le rend pas forcément agréable.

A savoir

Dans le roman, Titus Flaminius combat en tant qu'andabate, c'est-à-dire en tant que combattant aveuglé par un casque fermé. Ce type de gladiateur est rarement attesté ce qui ne signifie évidemment pas qu'il n'existait pas. Il est généralement identifié comme combattant les yeux bandés mais rien de précis ne peut être affirmé à son sujet. 

Dans le récit, Messor combat en tant que Thrace. Il doit affronter dans l'arène le secutor Troius. Il me semble que le Thrace est plus généralement opposé au mirmillon ou à l'hoplomaque voire à un autre Thrace. Quant au secutor, il est plus souvent opposé au rétiaire.

La gladiature est souvent présentée comme violente et les combats ont la réputation d'être de véritables boucheries. D'après de récentes études des documents pompéiens, il semblerait que la grâce du vaincu soit plutôt la norme dans 90% des cas. En effet, la formation d'un gladiateur coûtait cher ainsi que sa mise à mort puisque le munerator ou l'editor devait dédommager le laniste. Mais il est bien vrai que le métier de gladiateur comportait des risques. Dans le roman, le geste de la mise à mort est le célèbre pouce vers le bas (pollice verso). Il semble aujourd'hui établi que ce geste est inexact. Il semblerait plutôt que le pouce ou les doigts de la main aient été tendus vers le gladiateur pour signifier la mort et que le poing ait été fermé pour signifier la vie.

N.B. Un gladiateur du nom de Flamma a bien existé. Il était secutor.

(sources: Gladiateurs. Des sources à l'expérimentation. Eric Teyssier et Brice Lopez.)

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Princesses des os: frissons garantis

Titre: Princesses des os

Auteur: Charlotte Bousquet

Éditeur: Gulf Stream

Collection: Courants Noirs

Date de parution: octobre 2010

 

Encore un roman jeunesse dévoré en un rien de temps!

De quoi qu'ça cause? A Rome, Titus Clarus est enlevé en plein jour dans sa domus. Le centurion Buculus chargé de l'enquête semble suivre une fausse piste. Lucretia Clara Severa, la cousine et belle-soeur de Titus, accompagnée de Dîn et Méroé, ses esclaves, va parcourir les bas-fonds de Rome, se confronter à la misère pour retrouver Titus avant qu'il ne soit trop tard.

Voilà un roman captivant entre polar et aventures! Les personnages sont hauts en couleur et attachants. Ils nous entrainent dans les rues lugubres et puantes de Subure et dans les quartiers d'une Rome sombre, vicieuse et violente. Les problématiques abordées dans le roman parlent encore aux adolescents à qui il est destiné: les familles recomposées, les complots politiques et religieux. De plus, la civilisation romaine est délicatement distillée et le lecteur n'a pas l'impression de parcourir un manuel de latin.

A lire d'urgence!

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Le retour de Percy.

 

Titre: Percy Jackson 2: La mer des monstres

Auteur: Rick Riordan

Édition: France Loisir

Date de parution: 2007

 

Voilà, j'ai avalé, dévoré le tome 2 des aventures de mon copain Percy Jackson. Le plaisir est toujours là même si c'est pour d'autres raisons. Voici donc ce que je pense de Percy Jackson Tome 2: La Mer des monstres.

 

 

De quoi qu'ça cause? Percy, alors même qu'il allait achever sa première année scolaire sans catastrophes, rencontre malheureusement d'étranges géants qui le contraignent à fuir en compagnie de Tyson, un camarade balourd et d'Annabeth. Arrivé à la Colonie des Sang-Mélé, Percy apprend que l'arbre de Thalia, défunte fille de Zeus, se meurt (une seconde fois, la pauvre) et que par la même occasion, la Colonie cesse d'être protégée des monstres. De plus, Chiron, ayant été mis à la porte, est remplacé par le sinistre Tantale, le célèbre crève-la-faim. Tyson, lui, se révèle être un cyclope et le demi-frère de Percy. Pour compliquer le tout, Grover le satyre est en danger. Bref, Percy se lance dans une nouvelle quête pour sauver tout ce petit monde en trouvant la Toison d'Or...

 

 

C'est toujours aussi épique comme vous le constatez! Mais la qualité du contenu est sensiblement augmentée. Mêlant habilement les références à de nombreuses épopées maritimes, Rick Riordan fait vibrer la fan d'intertextualité que je suis. Évidemment, je parcours l'ensemble avec un second niveau de lecture. D'ailleurs, je ne sais si nos chères têtes blondes savourent l'humour particulier de la réécriture. La dérision et le décalage sont en fait moins évidents et plus subtils. Il faut peut-être même bien connaître les textes d'origine pour voir le renouvellement proposé par l'auteur. En effet, il respecte l'univers et les codes du genre mais opère des décrochages chronologiques appropriés et assez efficaces. Ce qui m'a le plus marqué, c'est sans doute Polyphème, roulé encore une fois par Personne et qui veut épouser un satyre qu'il croit être une cyclope femelle. Le pauvre, seul sur son île et presqu'aveugle à cause d'une obscure histoire d'oeil crevé (héhé), n'a pas vu souvent de jeunes donzelles. Voilà, qu'il emprisonne Grover qui pour gagner du temps se met à tisser et détisser son voile de mariée, nous rappelant là Pénélope, l'épouse fidèle d'Ulysse, le creveur-d'oeil. Et il y a aussi l'épisode de Circé où elle est devenue propriétaire d'un centre de thalassothérapie et de relooking un peu particulier. Elle transforme toujours les hommes mais maintenant en cochon d'Inde, les cochons s'étant révélés trop sales et volumineux.

 

En un mot, dans un shaker versez l'Odyssée et les Argonautes, secouez fort et cela vous donnera quelques épisodes savoureux de La Mer des Monstres.

 

Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé ce livre un peu moins drôle et moins léger que le premier tome. Non seulement Percy n'est pas une lumière dans ses déductions mais en plus il rentre, le pauvre, dans l'adolescence. Et si ses aventures sont épiques, lui l'est beaucoup moins, ce qui doit au final grandement faciliter l'identification de nos jeunes lecteurs.

 

 

Pour conclure (les vieilles habitudes sont tenaces), tout cela se lit bien, avec plaisir et cela me donne l'étrange sentiment d'être plutôt futée de comprendre tout d'avance.

 

Ma note: 16/20

 

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