{Ambiance de Noël} La collection "Histoires d'antan" aux éditions Alzabane

Lire la suite 0 commentaires

"Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache"

Lire la suite 3 commentaires

Le tour du monde d'une princesse

Odalisque d'Eugène Devéria
Odalisque d'Eugène Devéria
Lire la suite 0 commentaires

[LECTURES SCOLAIRES]Ô grands mots...

Lire la suite 2 commentaires

Portrait de femme

Il est des romans sur lesquels il est difficile de s'exprimer naturellement, avec fluidité. Ils vous échappent, renâclent et vous laissent perplexe. Des livres  où il est nécessaire de prendre du recul, de lire des critiques, des documents complémentaires, brefs sur lesquels il faut réfléchir posément.

 

Le roman met en scène Thérèse Desqueyroux à la sortie de son procès pour tentative d'empoisonnement sur la personne de son mari. Elle est acquittée. Lors du trajet qui la ramène chez elle, elle prépare le discours qu'elle tiendra à Bernard, son époux. Pour cela, elle remonte le temps pour trouver l'origine de son acte. Elle n'a cependant pas le temps de s'expliquer. Bernard, porte-parole de la famille Desqueyroux la condamne à l'exclusion et à l'enfermement dans la solitude.

 

Dans les premiers instants de la lecture, j'ai rejeté le personnage de Thérèse parce que je ne la comprenais pas. Voilà une femme qui n'est occupée que d'elle. Sombre, égoïste, aux désirs contradictoires, violente et arrogante. Son désir de liberté s'exerce aux dépends des autres qu'elle ne cherche jamais à comprendre. Thérèse a voulu tuer son mari, sans raison consciente. Elle le déteste viscéralement. Et cette répugnance ne s'explique pas, pas clairement du moins. Pourtant tout conspire contre ce mariage.

Et puis progressivement, me détachant de cette lecture un peu bovarienne, je me suis laissée emporter par le style. Il y a cette alternance entre les espaces extérieurs infinis et la claustration de Thérèse. Il y a le silence d'Argelouse et la fumée des cigarettes de Thérèse. Les barreaux sont partout: dans les forêts de pins, dans les membres rigides de la famille Desqueyroux, dans les conventions, dans les regards.

 

Dans le dossier à la fin du livre, certaines remarques de Mauriac lui-même m'ont particulièrement intéressées, en particulier une qui suggère que Thérèse serait peut-être lesbienne et que ce mariage était donc voué à l’échec et que les désirs de Thérèse ne pouvaient trouver leur assouvissement.

La fin aussi m'a laissée perplexe, comme si ce qu'elle disait devait être lu autrement. Chaque page, chaque ligne est un champ d'interprétation...

 

Il est difficile de noter une telle œuvre qui échappe à la note de plaisir de lecture. J'y renonce donc et vous laisse vous faire votre propre avis.

 

2 commentaires

[CHALLENGE] Une deuxième chance en amour?

Lire la suite 0 commentaires

Aller-retour entre Allemagne et Limousin

Titre: Siegfried et le Limousin

Auteur: Jean Giraudoux

Date de publication: 1922

 

J'ai lu Siegfried et le Limousin et j'ai la désagréable sensation que ce roman m'a glissé entre les doigts, comme l'eau de la rivière. Pfuit! Tout s'échappait.

Plusieurs faits m'ont mis ce livre entre les mains. Je lisais et étudiais Le Voyageur sans bagage de Anouilh avec ma classe de lycéens. Or plusieurs critiques ont fait le lien entre cette pièce et celle de Giraudoux, Siegfried. Cette dernière est l'adaptation théâtrale du roman, toujours de Giraudoux, Siegfried et le Limousin. Par un incompréhensible hasard, je me suis rendue compte que j'avais ce roman en ma possession.

Me voilà donc à ouvrir ce livre à la douce odeur de vieux papier!

L'intrigue est assez simple: le narrateur, Jean (Giraudoux?), aux lendemains de la Première Guerre Mondiale, découvre qu'un journaliste allemand plagie un de ses amis, Forestier, disparu sur le front. Poussé par la curiosité, il se rend à Munich où vit le fameux plagiaire Siegfried von Kleist. Il découvre alors que ce n'est autre que Forestier lui-même, qui, amnésique, est devenu citoyen allemand.

Jusque-là, l'histoire est limpide. C'est sans compter la fantaisie et la poésie verbales de Giraudoux qui m'avaient déjà décontenancée dans Electre. Mais ce sont surtout les perpétuelles références à la culture allemande et française du début du XXe siècle qui m'ont perdue.On sent que tout est intertexte littéraire même si en moi rien n'a fait écho.

Une chose est sûre: quand la France apparaît dans ce roman comme le pays de la raison et de l'esprit critique, l'Allemagne, pays fantasque, est l'incarnation du romantisme et de la poésie (Les choses ont bien changé, n'est-ce pas?) Et si l'auteur fait dialoguer les deux pays, il reste entre eux une incompréhension tenace qui confine à la haine. Cela reste indubitablement beau, insaisissable mais beau.

 

A savoir: A l'ENS, Giraudoux s'oriente vers des études germaniques. Pour préparer son mémoire de diplôme d'études supérieures (sur le poète allemand Platen), le jeune normalien doit passer une année à Munich. Il participe aussi, quelques années plus tard, à la Première Guerre Mondiale.

Il y a donc une forte implication personnelle dans ce roman ainsi qu'une influence confirmée des romantiques allemands.

Cela me fait penser que j'aimerais bien les lire, les romantiques allemands. Goethe au moins...

 

0 commentaires

Le coeur mis à nu.

Titre: Raison et sentiments

Auteur: Jane Austen

 

Rien de tel que de lire du Jane Austen. Comme cette femme était experte en sentiments humains!

Raison et sentiments met en scène deux jeunes filles, Elinor et Marianne Dashwood et leurs amours contrariées. Elinor aime Edward mais elle sait que la famille de ce dernier s'opposera à leur union. Lorsqu'elle apprend qu'il est en réalité engagé ailleurs, elle garde sa douleur pour elle. Marianne, elle, s'éprend de Willoughby qui l'abandonne pour épouser une femme plus riche. Marianne, contrairement à sa soeur laisse exploser toute sa douleur. Que deviendront-donc les deux jeunes filles?

Dans ce roman, il est donc question d'une lutte entre la raison et les sentiments. Elinor représente la raison et la sagesse et Marianne les sentiments dans toute la force de leur expression. Jane Austen prend clairement le parti d'Elinor et de la maîtrise des émotions.

J'ai trouvé ce roman moins fort et moins mordant qu'Orgueil et Préjugés. En effet, Elinor est peut-être trop sérieuse, trop rationnelle même si elle ne manque pas d'humour. Lizzie, l'héroïne d'Orgueil et Préjugés est plus attachante car orgueilleuse, justement et pleine de préjugés. Son fort caractère la rend plus attachante qu'Elinor. Marianne explique d'ailleurs que le comportement d'Elinor si parfait et calme lui rappelle à quel point le sien était inapproprié. Je pense que cela m'a fait le même effet.

Néanmoins, Raison et Sentiments reste un excellent roman. Les rebondissements sont parfaitement maîtrisés et arrivent à point nommé pour que le lecteur ne s'ennuie jamais. L'auteur analyse délicatement le coeur humain et ses faiblesses. Le résultat est intemporel, frais et réjouissant.

 

1 commentaires