{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire - Mars

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{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire - Février

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{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire (du moins j'essaie...)

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[CHALLENGE] Un roman pétillant de soleil

Titre: Les Petites Reines

Auteur: Clémentine Beauvais

Éditions: Sarbacane

Date de parution: 1 avril 2015

 

Récompensé par de nombreux prix, en particulier le prix Sorcières 2016 et élu meilleur livre jeunesse de 2015 par le magazine Lire, ce roman de Clémentine Beauvais est nommé pour le prix des Incorruptibles. Sa couverture chatoyante et les excellentes critiques que l'on peut lire çà et là m'ont conduite à acheter ce roman afin de pouvoir le conseiller à mes élèves. Comme ce roman se déroule en été, j'en ai profité pour lire ce roman dans le cadre du challenge "Un mois = une consigne" sur le site Livraddict.

 

Roule ma poule!

A la fin de l'année scolaire, trois jeunes filles, Mireille, Astrid et Hakima, découvrent sur Facebook qu'elles ont été élu boudins de l'année par des camarades crétins. Poussées toutes les trois par des motifs différents, elles décident de gate-crasher la garden-party donnée par la présidente de la République pour le 14 juillet à Paris. Afin de rejoindre Paris, elle choisissent d'enfourcher leur vélo et de vendre des boudins en route pour financer leur expédition.

 

Qui veut des boudins?

Clémentine Beauvais signe un roman dynamique, frais et joyeux. Avec un humour fracassant et toujours franc, l'auteur aborde le sujet complexe de l'apparence chez les adolescents. Le lecteur a l'habitude de suivre une héroïne mal dans sa peau mais qui se révèle finalement très jolie au terme d'un parcours initiatique. Or, ce roman déjoue toutes nos attentes. Ces trois jeunes filles ne sont pas belles, et ce, du début à la fin. Et l'expédition à vélo n'est pas le prétexte à un message sur l'amaigrissement par le sport. C'est la grande force de ce roman: ne jamais tomber dans le pathos et dans la facilité. Sans concession, le roman tisse différents sujets: le féminisme, la famille, la cruauté des rapports adolescents, les réseaux sociaux. Le récit s'ancre dans une réalité très contemporaine grâce à des tweets et des citations de Tripadvisor fictifs et fait souvent référence à l'actualité politique, toujours avec ce regard décalé, ce pas de côté jouissif.

La fin a réussi à me surprendre en proposant une scène mature et qui ne tombe jamais dans le mièvre et le sentimentalisme. La morale reste, à mon avis, implicite et positive. C'est pour cette raison que ce roman est un véritable coup de cœur.

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[Challenge] Cinder, une princesse de conte au pays des cyborgs.

Titre: Chroniques lunaires, Tome 1. Cinder

Auteur: Marissa Meyer

Éditions: PKJ (Pocket Jeunesse)

 

J'ai lu ce roman sur ma liseuse dans le cadre du challenge "Un mois = une consigne" sur Livraddict. La contrainte du mois de juin imposait de lire un roman de chick-lit. J'avoue ne pas savoir exactement en quoi cela consiste. Les seuls romans "chick-lit" que je connaisse sont les romans de Sophie Kinsella. Et, pour être franche, je ne voulais pas acheter ce genre de roman, sans doute parce que j'ai de nombreux a-priori dessus.

Je me suis donc rabattue sur le roman Cinder de Marissa Meyer qui m'intriguait par toutes les critiques élogieuses sur booktube et la blogosphère.

 

Il était une fois...

 

A la suite d'un accident, Cinder a subi de nombreuses opérations chirurgicales. On lui a implanté des parties robotiques et elle est ainsi devenue une cyborg. Mécanicienne de talent, Cinder est au service de sa belle-mère pendant que le bal organisé par le prince Kaï occupe tous les esprits. Lorsque le prince Kaï se présente à l'atelier de Cinder pour lui confier la réparation d'un robot auquel il tient, Cinder se retrouve mêlée aux affaires du royaume.

 

Cendrillon version cyborg

 

Ce roman s'affirme comme une réécriture du conte de Cendrillon. C'est assez clair puisqu'on y retrouve tous les ingrédients: la belle-mère et ses deux filles, le bal du prince, le carrosse, la chaussure,... L'auteur respecte la structure du conte et l'univers choisi pour ce réinvestissement fonctionne plutôt bien. En effet, le conte se situe dans un univers de science-fiction qui se marie efficacement avec l'univers merveilleux du conte d'origine. L'auteur ajoute une touche de fantastique avec la présence des Lunaires, ce peuple aux capacités extra-humaines. C'est là d'ailleurs que réside pour moi la force du roman. Les rapports entre le peuple Terriens et les Lunaires s'annoncent prometteurs.

 

Une série qui commence cahin-caha

 

La lecture m'a donc paru distrayante et seulement cela. Je n'ai pas ressenti l'engouement des autres lecteurs car la romance m'est apparue trop attendue, traditionnelle et cousue de fil blanc. De même, l'auteur ne fouille pas assez le personnage du prince, ce qui en fait un personnage trop lisse malgré la situation complexe qu'il vit. Enfin, la réécriture, bien qu'ingénieuse, reste elle aussi prévisible. Ce que j'attends d'une réécriture, c'est de dépasser le conte, de jouer avec. Ici, l'auteur respecte bien trop la structure ce qui fait qu'il y a peu de surprises. D'ailleurs, le indices sont souvent trop clairs et l'on devine les rebondissements bien avant le personnage principal, qui n'est pourtant pas stupide. Pour ce qui est du style, il n'y en a pas particulièrement. En fait, on ne lit pas de la littérature "young adult" ou "jeunesse" (dans quelle catégorie range-t-on ce roman?) pour le style, en général (je précise car certains romans de jeunesse sont des pépites stylistiques!), mais pour son efficacité. Ce sont des romans qui vont droit au but et ce roman ne fait pas exception. Malgré la faiblesse de l'intrigue, on se surprend à dévorer le roman, ce qui est bien une preuve de son efficacité!

 

En résumé, un récit efficace mais sans surprise qui reprend les codes du conte d'origine sans le dépasser ou jouer avec.

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[CHALLENGE] 14, un roman efficace

Titre: 14

Auteur: Jean Echenoz

Éditions: Hachette (mais paru à l'origine aux éditions de Minuit)

Date de parution: 2012

 

Je n'avais jamais lu Jean Echenoz, pourtant récompensé par de nombreux prix, notamment le Goncourt en 1999 pour Je m'en vais, jusqu'à ce que je découvre ce petit roman en spécimen dans mon casier.

 

Faites la guerre...

 

Anthime, Charles, Padioleau, Bossis et Ancenel partent à la guerre en 1914. Peu en reviendront. Pendant ce temps, à l'arrière, Blanche mène sa vie.

 

14 c'est le récit de la guerre de 1914 mais sans réécrire ce l'a déjà été mille fois. Echenoz, avec son style sobre et distancié, décrit des faits sans tomber dans le pathétique. Ile ne raconte d'ailleurs pas vraiment la guerre mais de petites scènes lors de cette guerre. Il alterne aussi chapitres au front et chapitres à l'arrière. Et ainsi il dit l'essentiel.

 

Un récit d'acier

 

Le ton de froide distance choisi procure au texte un effet de décalage inattendu qui n'est pas sans ironie. D'ailleurs certains passages sont des hommages à des morceaux d'anthologie de la littérature française. Echenoz arrive à surprendre et intriguer le lecteur en révélant certaines informations importantes pour les habitudes de lecteur de façon impromptue et incongrue, comme si le personnage n'avait besoin ni de psychologie ni d'identité claire. Il est ainsi réduit à sa plus pure expression: un regard sur le monde

 

J'ai beaucoup aimé la netteté, la sobriété et donc l'efficacité de ce très court roman de 80 pages. Il m'a cependant manqué un je-ne-sais-quoi qui m'a laissé un goût d'inachevé, comme si, étrangement, je ne pouvais me satisfaire de cela.

 

NB: Roman lu dans le cadre du challenge "un mois = une consigne". Le mois de mai avait pour consigne: lire un roman historique.

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[TAG] #Sharetheblogtube!

Photo du site Unsplash by Negative Space
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[CHALLENGE] Un feelgood book?

Titre: Les derniers jours de Rabbit Hayes

Auteur: Anna McPartlin

Année d'édition: 18 février 2016

 

Au mois de mars, la consigne du challenge "un mois = une consigne" de Livraddict demandait de lire un livre à la couverture printanière. J'avais craqué sur la couverture quand Prettybooks nous l'a montrée sur Instagram. De plus, c'était un coup de coeur pour elle et pour beaucoup d'autres lecteurs. Je me suis donc laissée tenter.

 

Mia Hayes, surnommée Rabbit par son entourage, est en phase terminale d'un cancer généralisé. Elle intègre une maison médicalisée pour ses derniers jours. Le roman raconte donc le parcours d'acceptation de la mort par l'ensemble des personnages: la fille de Rabbit, ses parents, sa soeur, son frère et ses amis.

 

Clairement, ce n'est pas le genre de roman que j'ai l'habitude de lire. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort et s'aventurer hors des sentiers battus. Malheureusement, ce n'est pas du tout le coup de coeur attendu.

 

Un récit touchant sur un sujet délicat

 

Le récit est évidemment émouvant, de part son sujet mais aussi par le réalisme des réactions des personnages: la fuite, le déni, le courage, la douleur, la révélation... Les chapitres alternent les points de vue, ce qui permet de faire connaissance avec chaque personnage et d'inscrire la mort dans leur vie quotidienne. La fin m'a tiré des larmes mais je n'ai ressenti aucune des émotions fortes promises par les critiques des lecteurs.

 

De trop grandes attentes?

 

Qu'est-ce qui bloque? Le style, définitivement. Peut-être parce qu'il s'agit d'une traduction, je n'ai pas apprécié le phrasé de l'auteur. Et j'ai été rebutée par les clichés. Alors, je précise d'emblée que les clichés ne concernent pas les réactions des personnages à la mort. Au contraire, j'ai trouvé que c'était la force du roman. Je parle plutôt de tout ce qui constitue le passé de Rabbit et en particulier son histoire avec Johnny. Dès l'ouverture du livre, on nous raconte cette histoire de groupe de rock dans le garage familiale qui commence à avoir du succès. On nous parle de la jalousie de Rabbit pour la beauté très féminine de sa soeur alors qu'elle est une fille malingre mais au caractère rebelle. J'ai trouvé cela cliché, excessif. Cette vision de l'adolescence me hérisse le poil.

Sans doute suis-je trop difficile ou trop exigeante mais cette histoire entre Rabbit et Johnny est cousue de fil blanc. On a compris dès les premières pages que le souvenir de son amour de jeunesse va lui permettre d'accepter la mort pour le retrouver (à défaut de la religion, thème omniprésent dans le roman). En fait, je crois que c'est le choix même de situer les jeunes gens dans un groupe de rock qui est en passe de rencontrer la gloire qui m'a gênée. Il y a tellement de situation moins clichées, plus complexes à raconter que celle-là... Et si c'était pour aborder le cas de la sclérose en plaque alors il fallait en parler de façon peut-être plus approfondie. J'ai eu l'impression que tout cela était un prétexte pour aborder trop de choses en même temps.

Une piste que j'aurais voulu voir davantage exploitée, c'est celle des extraits du blog de Rabbit. J'ai trouvé que c'était intéressant de voir son point de vue face au cancer. Ces extraits sont cependant peu nombreux et situés à des endroits pas forcément très efficaces. Pourtant, l'effet d'écart entre ce qu'écrivait Rabbit et sa situation aurait ajouté du tragique ou au moins de l'ironie tragique.

Quant à l'humour, je suis habituellement bon public. Beaucoup mettaient en avant l'alternance équilibrée de rire et de larmes mais chez moi ce fut un échec. Je suppose que ces lecteurs ont apprécié les échanges vifs que portent le personnage de Rabbit et celui de sa mère. Et pourtant, cela n'a pas marché chez moi. J'avais toujours cette impression de "surjoué" qui me mettait mal à l'aise, cette énergie du désespoir qui est plus déchirante qu'autre chose.

Je regrette aussi que certains personnages soient trop secondaires. Ils semblaient intéressants mais pas assez creusés: les fils de Grace, la soeur de Rabbit, le voisin et ami de Juliet, les amies de Davey...

 

Qu'en conclure?

 

Je suis sensible aux livres que TOUT le monde aime. Celui-ci est noté 4.82/5 sur Babelio et 4.27 sur Goodreads... Mais de trop grandes attentes réservent forcément de la déception. Il faut aussi que je fasse plus attention aux goûts des blogueuses influentes. Elles dévorent en général du contemporain, apprécient de s'identifier aux personnages, cherchent l'émotion. Ce qui, en soi, n'est pas du tout critiquable. Mais moi, je suis plus sensible au style, à l'ingéniosité de la construction, à la surprise. Au fond, je ne lis pas tant pour me divertir que pour rencontrer des voix originales et puissantes. Et c'est là d'où vient probablement ma déception.

 

Mes critiques des autres livres du challenge:

Janvier: Les Fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

Février: Persuasion de Jane Austen

 

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[Défi]Zéro achat: accompli!

Bilan du défi que je me suis lancé au mois de mars.

Je n'ai pas craqué et ai reposé sur les rayons tous les livres par lesquels j'étais tenté, et ce jusqu'au 31 mars. Aucune entorse au défi. Et pour cela je suis fière.

Par contre, comme il fallait s'en douter, j'ai accumulé tant de frustration qu'évidemment aujourd'hui, le 2 avril j'ai craqué.

Explication du "craquage": Deux raisons principales font que j'ai cédé à ma pulsion d'achat.

1. Pour le travail, je dois me procurer de nombreux livres classiques que je dois lire rapidement. J'en ai trouvé un de la liste à la Maison de la Presse de Loches.

2. Je suis passé chez "La mère Lison", une boutique associative lochoise qui vend des livres d'occasion. Et comme l'occasion, fait le larron, me voilà avec six livres.

Je ne vous cache pas que je dois me procurer d'autres livres mais j'essaierai d'être raisonnable. Sur Booktube, j'ai entendu parler d'un challenge qui pourrait m'aider: un livre acheté pour trois livres lus. Cela m'aiderait peut-être à lutter contre l'extension prodigieuse de ma Pile à Lire. Affaire à suivre....

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[CHALLENGE] Une deuxième chance en amour?

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[Défi] Zéro achat!

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[LECTURE SCOLAIRE] L'humain est une œuvre d'art comme les autres

Titre: Lorsque j'étais une œuvre d'art

Auteur: Eric-Emmanuel Schmitt

Édition: Livre de poche

Date de parution: 2002

 

Toujours dans le cadre du "Challenge à 1000" et de la lecture cursive pour les élèves, j'ai lu ce roman conseillé par une amie. Et ce fut une bonne surprise.

 

Le narrateur est un jeune homme désespéré. Il va mettre fin à ces jours parce qu'il n'est rien. Personne ne le remarque parce que ses frères, les jumeaux Firelli sont tellement beaux qu'ils l’éclipsent. C'est au bord de la falaise qu'il va passer un marché faustien avec un artiste mondialement connu, Zeus-Peter Lama. Le narrateur va devenir Adam bis, une création, une œuvre vivante. Mais l'aventure va tourner au cauchemar.

 

Ce roman si plaisant propose à son lecteur de nombreuses réflexions: qu'est-ce que l'art? Qu'est-ce que le beau? Qu'est-ce que l'humanité? Il s'agit, pour moi, d'un parcours initiatique qui reconduit le narrateur à lui-même par la prise de conscience de ce qu'il est réellement. C'est en atteignant les limites de l'humanité, en goûtant à la fascination qu'ont les hommes pour les objets, c'est en quelque sorte en disparaissant que le personnage ouvre les yeux sur la réalité.

Avec des mots simples et émouvants, "Adam" nous entraîne avec lui tout au long de son voyage vers lui-même.

 

Ma note: 16/20

 

 

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[Événement] Week-end à 1000: première tentative.

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[La parole est à vous] Wolf présente Chronique d'Hiver de Paul Auster

 

Mon inscription au challenge Livraddict "un mois = une consigne" dont j'ai parlé ici a suscité de l'enthousiasme chez mes amis. Or certains n'ont pas de blog pour s'exprimer alors je leur ouvre mes pages. Bonne lecture à tous!

 

Titre: Chronique d'hiver

Auteur: Paul Auster,

Édition: Babel (Trad. P. Furlan)

Date de parution: 2013

 

C'est pour honorer le mois de janvier du challenge de Livraddict, que je me suis lancé dans la lecture de cet ouvrage. Ayant un goût (récent!) pour la littérature étatsunienne, je choisis ce livre, n'ayant jamais rien lu de Paul Auster, pourtant un maître de la fiction nord-américaine. Et bien m'en a pris!!!

 

Car, disons le tout de go, j'ai adoré ce livre! Comme souvent, le premier abord fut mitigé. Comme si le livre et moi-même, nous nous jaugions, nous nous respirions. Car plusieurs aspects en font une œuvre singulière.

 

D'abord cette chronique (au singulier) est un livre de mémoire de l'auteur. Il m'a semblé évident que ce terme de chronique est très bien choisi. C'est précisément le cas: un récit chronologique de la vie de Paul Auster, comme les Chroniques (au pluriel!) médiévales pouvaient relater les faits historiques. Paul Auster chronique donc sa vie. Oh! Pas la vie d'un super héros, pleine d'actions et d'aventures extraordinaires! Là n 'est pas l'intérêt. La vie d'Auster est riche, pleine de rencontres et de galères mais vécues comme des étapes. De voyages aussi (Francophile, Auster vécut en France, et fut, un temps, traducteur de poètes français). On lit surtout la fabrique d'un auteur, dont la vie, simple, est indissociable de l'œuvre. Juste en rapportant sa vie, Auster montre une richesse insoupçonnée.

 

Et justement, Auster prend un parti des plus originaux pour "chroniquer" son existence. Son récit passe par ses sensations, son corps, ses sens. Il ne raconte pas sa vie par le menu, mais va narrer exhaustivement ses lieux de vie, ses goûts culinaires... toutes les descriptions passeront par les sens, avec des mots simples et dépouillés qui assurent une précision redoutable. Toute sa vie passée au crible de ses sensations. Paul Auster définit d'ailleurs l'ouvrage comme "un catalogue de données sensorielles". C'est étonnant, mais ô combien prenant!

 

Enfin, Paul Auster utilise le tutoiement, ce qui peut paraitre surprenant pour raconter sa propre vie. Comme une mise à distance de lui-même. Mais également, cela interpelle le lecteur et, finalement, permet d'accéder à ce qui est commun à tous et toutes. Car cette vie devient donc celle du lecteur, la mienne, la vôtre. Curieuse sensation également d'un narrateur qui devient omniscient d'une vie qui est la nôtre mais sans l'être réellement. Quelques passages m'ont profondément touché, les dernières pages par exemple, que je me garderais bien de révéler, mais ces quelques lignes également, révélant les pensées qu'un homme peut faire sur sa vie: "L'inventaire de tes cicatrices, surtout celles de ton visage que tu peux voir chaque matin quand tu te regardes dans le miroir de la salle de bains pour te raser ou te peigner. Tu y penses rarement, mais chaque fois que tu le fais, tu comprends qu'il s'agit de marques de vie, que cet assortiment de lignes brisées, gravées sur ton visage, sont les lettres d'un alphabet secret qui raconte l'histoire de la personne que tu es, car chaque cicatrice est la trace d'une blessure guérie, et chaque blessure a été provoquée par une collision inattendue avec le monde". Je trouve cela magnifique et ne me regarde plus dans la glace de la même manière depuis que je les ai lues!

 

Peut-être que ce livre me touche plus parce que je suis un homme. Peut-être parce que chacun de nous se pose des questions, plus ou moins explicitement, plus ou moins consciemment et honnêtement, sur son rapport à la vie et au vieillissement. Et simplement, parce que je suis toujours fasciné par les créateurs, par leur personnalité et la vie qui les amène à être ce qu'ils sont. Et ce livre est un formidable récit, témoignage poétique de toute ces questions. Et de ses quelques réponses.

 

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[CHALLENGE] Bienvenue à la Citacielle, où tous les coups sont permis!

Titre: La Passe-Miroir T.1 Les Fiancés de l'hiver

Auteur: Christelle Dabos

Éditeur: Gallimard

Date de parution: 2013

 

Ce livre est le premier de la liste du Challenge "Un mois = une consigne sur Livraddict. J'avais choisi ce livre parce qu'il a sa petite réputation sur la blogosphère ainsi que sur Booktube. Ma curiosité piquée au vif, je n'ai pu résisté à la tentation, surtout quand j'ai vu la si jolie couverture.

 

Ophélie est une Animiste, c'est-à-dire qu'elle vit sur Anima, une arche flottant dans le vide. Sur Anima, chacun a un don et fait partie d'une seule et même famille, descendant d'Artémis, l'esprit de famille. Ophélie a deux dons: passer à travers les miroirs et lire les objets. Ophélie menait une vie tranquille jusqu'à ce qu'on la fiance avec Thorn, du clan des Dragons, un homme venant du Pôle. Elle doit quitter son univers et rejoindre le monde dangereux de la Citacielle, cité flottante et capitale du Pôle.

 

Le roman vaut tout à fait sa réputation! L'univers créé par Christelle Dabos est tout bonnement stupéfiant. Chaque page apporte son lot de surprises et le tout reste très cohérent. Le monde dans lequel évolue Ophélie est à la fois complexe et d'une absolue richesse. C'est la grande force du roman, en plus d'être servi par une langue élégante et maîtrisée.

 

J'ai trouvé Ophélie, le personnage principal, très attachant. Elle est, comme beaucoup de héros des romans jeunesse, maladroite. C'est une ficelle facile pour l'identification des adolescents et je dois avouer que cela marche presque à tous les coups. Si la famille d'Ophélie a été rapprochée des Bennet dans Orgueil et préjugés par de nombreux lecteurs, l'auteur avoue n'avoir pas lu ce livre avant l'écriture de son propre roman. Cette similitude s'explique pourtant aisément car elle source de comique et fait de l'héroïne est figure plus intéressante et solitaire.Quant aux autres personnages rencontrés au Pôle, j'ai particulièrement apprécié leur complexité. Thorn, surtout, reste indéchiffrable et promet de s'enrichir dans les tomes suivants.

 

L'intrigue se noue par étapes et nous suivons Ophélie, avec la même naïveté qu'elle. C'est avec elle que nous tombons dans tous les pièges de la cour tortueuse et hypocrite. Le rythme ne fait qu'accélérer à tel point que j'ai dévoré les derniers chapitres sans pouvoir lâcher un seul instant le livre.

 

Il me tarde de dévorer aussi le tome 2!

 

Ma note: 16/20

 

La chronique de MsGoliath bientôt sur son blog.

 

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Challenge lecture 2016: 1 mois = 1 consigne

 

Pour bien commencer ce nouveau blog et l'année, rien de tel que de se lancer dans un challenge!

Avec MsGoliath (du blog Cappuccino Time), nous avons cherché un challenge réalisable parce que c'est pas tout ça mais nous avons aussi un métier et des loisirs. Il nous semblait par exemple impossible de nous engager à lire plus de 30 livres.

Le challenge qui nous convenait a été découvert sur Livraddict.

Voici les consignes et les titres qui, pour le moment, me sont venus à l'esprit. Évidemment, toutes les suggestions sont les bienvenues! (En gras, les livres que je veux vraiment lire; ceux en italique sont ceux des idées en attendant mieux.)

 

Janvier: Un livre doudou ou qui a une couverture qui représente l'hiver à lire au coin du feu.

- Le Passe-miroir, tome 1, Les fiancés de l'hiver, Michelle Dabos

 

Février: Une romance ou un roman érotique.

- Persuasion, Jane Austen

 

Mars: Un livre dont la couverture possède de la verdure (arbres, gazon, plantes) ou des fleurs.

- Les derniers jours de Rabbit Hayes, Anna Mcpartlin [edit du 28/02/2016: j'ai finalement choisi ce livre pour le challenge.]

 

Avril: Un roman young adult ou jeunesse.

- Les Gardiens des cités perdues, Shannon Messenger

- Ciel 2.0, Le printemps de l'espoir, Johan Heliot

 

Mai: Un roman historique.

- Le Montespan, Jean Teulé

 

Juin: Un roman chick-lit

 

Juillet: Un livre dont l'aventure se passe en été ou dont la couverture représente cette saison (plage, soleil, sandales etc.)

 

Août: Un roman contemporain.

 

Septembre: Une nouvelle sortie.

 

Octobre: Un roman bit-lit/fantastique ou dans lequel il y a des créatures surnaturelles.

- Dracula, Bram Stoker

 

Novembre: Un classique ou un roman fantasy.

 

Décembre: Un roman sur le thème de Noël (couverture, contenu, titre)

 

Vous en pensez quoi?

 

Le challenge sur Livraddict

(image de Wokandapix sur Pixabay)

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