[Archives] Sauvez Hamlet!

 

Titre: Sauvez Hamlet!

Auteur: Jasper Fforde

Éditions: 10/18

Date de parution: 2008

 

Je viens d'achever Sauvez Hamlet de Jasper Fforde, le tome 4 des aventures de Thursday Next et je suis partagée entre la folle envie de crier au génie et la tentation de faire quelques critiques.

 

 

Avant d'entrer dans les détails, un bref résumé: Lassée de vivre dans le monde des livres, Thursday décide de revenir à Swindon dans le monde réel. Elle amène avec elle Hamlet, soucieux de comprendre comment son personnage est perçu par les lecteurs. Thursday devra récupérer son mari Landen éradiqué par Goliath, lutter contre Kaine qui projette d'être un tyran et de provoquer la fin du monde, sauver la littérature danoise, faire remporter le SuperArceau à l'équipe de croquet de Swindon, échapper à une tueuse à gage,...

 

 

Comme dans les précédents tomes, Jasper Fforde fait preuve d'un génie créatif exceptionnel. On se demande où il va chercher tout cela... Toujours plein d'humour son récit est truffé d'anecdotes succulentes: Friday, le digne fils de Thursday ne baragouine que le Lorem Ipsum; le procédé GrosseFarce pour retrouver le Minotaure permet de le suivre à la trace à cause de la présence de grosses ficelles comiques du cinéma (chute de piano, peau de banane etc...); le combat de créatures littéraires opposant le Kraken et le Jabberwock; le SuperArceau et ses règles loufoques; St Zvlkx, moine du XIIIe siècle accro aux paris et aux filles, la gêne de Thursday pendant la scène d'amour parce qu'elle se sent observée par le lecteur... Tous ses éléments sont d'une qualité irréprochable. Ce qui m'a vraiment plu, c'est sans aucun doute la réflexion ironique et humoristique sur notre société. Les procédures complètement dingues et ridicules du SuperArceau sont une caricature de notre société procédurière et qui se jette facilement dans des procès ridicules. La réaction de la population devant Kaine, même si elle s'explique par le recours à l'ovinateur, montre bien que notre société suit et ne réfléchit plus quand elle est subjuguée. Enfin, la danophobie (je ne sais si ce mot existe) illogique et aléatoire est le reflet de la stupidité de la haine entre les peuples.

 

Les points que je dirais plus négatifs naissent sans doute de mon intransigeante exigence. Dans un premier temps, on s'habitue à la fantaisie de Jasper Fforde et le plaisir de la surprise se perd un peu. Le plus embêtant je pense, c'est la multiplication des intrigues et le manque d'approfondissement des personnages. On n'a pas le temps de s'identifier aux personnages ni même de s'y attacher tellement le texte file. On en arrive à ne plus ressentir d'émotions même dans les passages pathétiques. C'est peut-être voulu après tout, comme s'il s'agissait là encore une caricature de roman d'aventures avec une héroïne sauvant le monde à tous les coups et qui échappe toujours de justesse à la mort...

 

 

Je trouve donc ce roman audacieux, drôle et vraiment original mais il manque une certaine dose d'humanité qui existe pourtant dans les tomes précédents, surtout dans le premier et dans les aventures de Jack Spratt (The Big over Easy). Je suis donc un peu déçue, sans doute parce que j'en attends trop. Mais je vais sauter sur le dernier tome quand même!

 

Lire la suite 0 commentaires

[Archives] Le Puits des histoires perdues

 

Titre: Le Puits des histoires perdues

Auteur: Jasper Fforde

Éditions: 10/18

Date de parution: 2003

 

Je viens vous annoncer, l'âme en peine, que j'ai d'achevé la lecture du 3e tome Le Puits des histoires perdues de Jasper Fforde. C'est un grand malheur parce que ma bibliothèque ne comporte pas encore le tome 4 et que je suis déjà en manque. Je suis une Next-junkie!

 

 

Le troisième tome est à l'heure actuelle, pour moi, le meilleur livre de la série. Et cela tient essentiellement à la qualité de sa réflexion littéraire. L'uchronie déjantée des premiers épisodes laisse place ici à une utopie (au sens étymologique du terme) puisque le récit se déroule dans le Monde des livres. Jasper Fforde en profite donc pour nous exposer sa vision de l'univers des livres, monde autonome à l'origine du texte (et non créé par le texte), à la pointe de la technologie.

 

 

Pour le plaisir de partager, voici un extrait choisi:

 

"-Ça alors, soupirai-je, m'efforçant de me faire à cette idée. Moi qui ai toujours cru que les romans étaient...écrits, tout bêtement.

 

- Écrire est le terme qu'on emploie pour désigner le procédé d'enregistrement, dit LeRoussi tandis que nous nous remettions en chemin. Le Puits des Histoires Perdues est l'interface où l'imagination de l'écrivain rencontre l'intrigue et les personnages afin de faire sens dans l'esprit du lecteur. Au fond, la lecture est un processus bien plus créatif et imaginatif que l'écriture: quand le lecteur invoque l'émotion, ou les couleurs du ciel au soleil couchant, le parfum de la brise d'été sur son visage, il mérite autant de considération que l'écrivain... voire plus. (...) Les livres c'est comme de la magie." (C'est moi qui mets en gras ici)

 

Lire la suite 0 commentaires

Ne lâche pas ma main, Michel Bussi

Titre: Ne lâche pas ma main

Auteur: Michel Bussi

Éditeur: Presses de la Cité

Date de parution: 7 mars 2013

 

Nous sommes là pour parler du dernier roman de Michel Bussi, Ne lâche pas ma main à paraître le 7 mars 2013 au Presses de la Cité. 

Sur l'île paradisiaque de la Réunion, Liane Bellion disparaît d'un grand hôtel luxueux. Son mari prend bientôt la fuite avec leur fille de six ans. La course-poursuite est lancée pour attraper le suspect. Les cadavres pleuvent dans le sillage des fuyards et il y a dans cette fuite comme un goût de désespoir.

Il y a là tous les ingrédients d'un bon roman policier: rebondissements inattendus, révélations inquiétantes, dépaysement et rythme alerte. L'action est ramassée, condensée sur quelques jours. Michel Bussi, à son habitude, multiplie les points de vue dont un, très original, celui de la fillette qui suit son père et doute de son innocence. Chaque personnage apporte son passé, son lot d'éclaircissements et de complications, sa touche à l'enquête. La Réunion, île fascinante et inquiétante, ressemble à un piège où les destins s'imbriquent, s'emmêlent. Comme dans les précédents romans, le lecteur est tenu en haleine par une action sans temps mort. L'intrigue est brillamment menée et maintient le suspens dans de courts chapitres qui laissent le lecteur sur sa faim. Michel Bussi maîtrise l'art du polar et celui de manipuler son lecteur jusqu'au bout.

Le seul bémol que j'apporterais à cette critique positive, c'est que Ne lâche pas ma main ne tient pas la comparaison face à Nymphéas noirs parce qu'il me semble moins abouti, et ce pour deux raisons principales:

- l'intrigue de Nymphéas noirs était surprenante, peu ique et touchante. Les époques, les vies s'y mélangeaient par touches impressionnistes dans un effet très pictural. La musique et la mélancolie qui se dégageaient du texte dépassaient le cadre du simple roman policier.

- la région normande, Giverny, le cadre de Nymphéas noirs, c'était chez moi. J'y voyais les couleurs, j'y sentais les odeurs, j'y situais les lieux. La Réunion, je ne connais pas et même si Michel Bussi rend la chaleur, la musique du créole, la grandeur des paysages et l'ambiance métissée palpable, ce déracinement m'a moins touchée. Je ne suis donc pas objective dans mon choix mais je tenais à le préciser par honnêteté.

Je remercie les éditions Presses de la Cité et l'opération "Masse critique" du site Babélio de m'avoir donné l'occasion de découvrir le dernier roman, d'un auteur que j'apprécie.

0 commentaires

Voltaire mène l'enquête chez les libertins de tous bords.

Titre: Meurtre dans le boudoir

Auteur: Frédéric Lenormand

Editeur: JC Lattès

Date de parution: 1er février 2012

 

Il n'y a pas à proprement parler de librairie là où j'habite. Alors dès que je peux aller chez ma libraire préférée à Vernon, j'y cours, vole et me venge de ces semaines de frustration! De ma dernière excursion, j'ai rapporté dans mes valises Voltaire mène l'enquête: Meurtre dans le boudoir de Fréderic Lenormand. Ce qui m'a attiré? La couverture légèrement grivoise et le siècle des Lumières!

Le roman se situe au XVIIIe siècle alors que Voltaire tente de faire publier ses Lettres philosophiques anglaises malgré la censure. Notre philosophe grognon et hypocondriaque se trouve mêlé à son corps défendant à une série de meurtres surprenants. En effet, le tueur frappe dans les lieux libertins et semble suivre l'intrigue d'un livre licencieux.

L'intrigue du roman s'appuie sur la correspondance de Voltaire et sur d'autres écrits de l'époque qui sont cités en fin d'ouvrage. Mais il faut bien l'avouer, l'intrigue policière n'est pas vraiment au centre du roman et ce n'est pas ce qui en fait le sel: elle met longtemps à se mettre en place et est vite expédiée. Certains liens se font tardivement et peu clairement d'ailleurs.

Cependant l'auteur nous entraîne dans un roman léger et sautillant, plein d'ironie et d'humour ... très voltairien. Voltaire, le célèbre philosophe, est ici un vieil hibou, avare et pédant, accompagné de la délicieuse Emilie du Châtelet. Ce couple découvre un tout autre libertinage que celui de la pensée voltairienne et l'on se demande bien quel est le plus savoureux des loukoums dégustés sur un corps nu ou des contes orientaux philosophiques.

A dévorer sans complexe comme une sucrerie.

0 commentaires

Titus Flaminius, tome 2: déception...

Titre: Titus Flaminius. La Gladiatrice

Auteur: Jean-François Nahmias

Éditeur: Albin Michel

Collection: Wiz

Date de parution: juin 2004

 

Je poursuis mes lectures jeunesse dans le monde de l'Antiquité avec Titus Flaminius Tome 2: la gladiatrice de Jean-François Nahmias. Souvenez-vous, je n'avais pas tari d'éloges à propos du premier tome La Fontaine aux Vestales. J'avais été emportée par l'intrigue et par la qualité des informations. 

Quatrième de couverture: Rome, 58 av. J-C. Une femme rousse habillée en gladiatrice sème la terreur en commettant une série de meurtres. Titus Flaminius, jeune patricien qui a décidé de vouer sa vie à la justice, se met à la poursuite de ce mystérieux assassin. Ses recherches le conduisent à Pompéi, où il décide de se faire lui-même gladiateur afin d'infiltrer les coulisses des jeux du cirque... Titus découvre alors l'univers de "ceux qui vont mourir", où règnent à la fois une cruauté impitoyable et une bouleversante fraternité.

Après un si vif enthousiasme, plus cruelle fut la déception. Le tome 2 est loin de valoir le premier tome. Bien plus que les insignifiantes inexactitudes historiques, ce qui m'a déçue ce sont les faiblesses du scénario et le personnage même de Titus Flaminius. Au cours d'un entraînement, Titus perd soudain la mémoire. Il devient alors totalement Flamma, le gladiateur. Il séduit une gladiatrice qui lui fait une révélation importante sur son passé et sur ses raisons d'être la méchante de l'histoire. Puis, Flamma redevient Flaminius et en retrouvant la mémoire, il oublie les révélations de la gladiatrice. Non seulement, j'ai trouvé que l'épisode de l'amnésie n'était pas bien mené mais son intérêt est totalement annulé par sa deuxième amnésie. C'était justement la révélation de la gladiatrice qui permettait de la comprendre et de lui apporter une profondeur psychologique. Titus Flaminius passe alors pour un séducteur sans scrupule qui se moque bien de la véritable personnalité de sa partenaire. Il exploite ses sentiments mais ne cherche pas à savoir qui elle est vraiment. L'oubli du secret est donc bien facile et lui permet de n'avoir aucun remord. Alors que justement, s'il avait hésité, s'il y avait eu dilemme, là le personnage aurait gagné en épaisseur. Il est vrai que c'est un patricien romain et elle une esclave gladiatrice. Il y a donc une certaine logique dans le dédain de Titus. Cependant, cela ne le rend pas forcément agréable.

A savoir

Dans le roman, Titus Flaminius combat en tant qu'andabate, c'est-à-dire en tant que combattant aveuglé par un casque fermé. Ce type de gladiateur est rarement attesté ce qui ne signifie évidemment pas qu'il n'existait pas. Il est généralement identifié comme combattant les yeux bandés mais rien de précis ne peut être affirmé à son sujet. 

Dans le récit, Messor combat en tant que Thrace. Il doit affronter dans l'arène le secutor Troius. Il me semble que le Thrace est plus généralement opposé au mirmillon ou à l'hoplomaque voire à un autre Thrace. Quant au secutor, il est plus souvent opposé au rétiaire.

La gladiature est souvent présentée comme violente et les combats ont la réputation d'être de véritables boucheries. D'après de récentes études des documents pompéiens, il semblerait que la grâce du vaincu soit plutôt la norme dans 90% des cas. En effet, la formation d'un gladiateur coûtait cher ainsi que sa mise à mort puisque le munerator ou l'editor devait dédommager le laniste. Mais il est bien vrai que le métier de gladiateur comportait des risques. Dans le roman, le geste de la mise à mort est le célèbre pouce vers le bas (pollice verso). Il semble aujourd'hui établi que ce geste est inexact. Il semblerait plutôt que le pouce ou les doigts de la main aient été tendus vers le gladiateur pour signifier la mort et que le poing ait été fermé pour signifier la vie.

N.B. Un gladiateur du nom de Flamma a bien existé. Il était secutor.

(sources: Gladiateurs. Des sources à l'expérimentation. Eric Teyssier et Brice Lopez.)

0 commentaires

Princesses des os: frissons garantis

Titre: Princesses des os

Auteur: Charlotte Bousquet

Éditeur: Gulf Stream

Collection: Courants Noirs

Date de parution: octobre 2010

 

Encore un roman jeunesse dévoré en un rien de temps!

De quoi qu'ça cause? A Rome, Titus Clarus est enlevé en plein jour dans sa domus. Le centurion Buculus chargé de l'enquête semble suivre une fausse piste. Lucretia Clara Severa, la cousine et belle-soeur de Titus, accompagnée de Dîn et Méroé, ses esclaves, va parcourir les bas-fonds de Rome, se confronter à la misère pour retrouver Titus avant qu'il ne soit trop tard.

Voilà un roman captivant entre polar et aventures! Les personnages sont hauts en couleur et attachants. Ils nous entrainent dans les rues lugubres et puantes de Subure et dans les quartiers d'une Rome sombre, vicieuse et violente. Les problématiques abordées dans le roman parlent encore aux adolescents à qui il est destiné: les familles recomposées, les complots politiques et religieux. De plus, la civilisation romaine est délicatement distillée et le lecteur n'a pas l'impression de parcourir un manuel de latin.

A lire d'urgence!

0 commentaires

Le retour de Percy.

 

Titre: Percy Jackson 2: La mer des monstres

Auteur: Rick Riordan

Édition: France Loisir

Date de parution: 2007

 

Voilà, j'ai avalé, dévoré le tome 2 des aventures de mon copain Percy Jackson. Le plaisir est toujours là même si c'est pour d'autres raisons. Voici donc ce que je pense de Percy Jackson Tome 2: La Mer des monstres.

 

 

De quoi qu'ça cause? Percy, alors même qu'il allait achever sa première année scolaire sans catastrophes, rencontre malheureusement d'étranges géants qui le contraignent à fuir en compagnie de Tyson, un camarade balourd et d'Annabeth. Arrivé à la Colonie des Sang-Mélé, Percy apprend que l'arbre de Thalia, défunte fille de Zeus, se meurt (une seconde fois, la pauvre) et que par la même occasion, la Colonie cesse d'être protégée des monstres. De plus, Chiron, ayant été mis à la porte, est remplacé par le sinistre Tantale, le célèbre crève-la-faim. Tyson, lui, se révèle être un cyclope et le demi-frère de Percy. Pour compliquer le tout, Grover le satyre est en danger. Bref, Percy se lance dans une nouvelle quête pour sauver tout ce petit monde en trouvant la Toison d'Or...

 

 

C'est toujours aussi épique comme vous le constatez! Mais la qualité du contenu est sensiblement augmentée. Mêlant habilement les références à de nombreuses épopées maritimes, Rick Riordan fait vibrer la fan d'intertextualité que je suis. Évidemment, je parcours l'ensemble avec un second niveau de lecture. D'ailleurs, je ne sais si nos chères têtes blondes savourent l'humour particulier de la réécriture. La dérision et le décalage sont en fait moins évidents et plus subtils. Il faut peut-être même bien connaître les textes d'origine pour voir le renouvellement proposé par l'auteur. En effet, il respecte l'univers et les codes du genre mais opère des décrochages chronologiques appropriés et assez efficaces. Ce qui m'a le plus marqué, c'est sans doute Polyphème, roulé encore une fois par Personne et qui veut épouser un satyre qu'il croit être une cyclope femelle. Le pauvre, seul sur son île et presqu'aveugle à cause d'une obscure histoire d'oeil crevé (héhé), n'a pas vu souvent de jeunes donzelles. Voilà, qu'il emprisonne Grover qui pour gagner du temps se met à tisser et détisser son voile de mariée, nous rappelant là Pénélope, l'épouse fidèle d'Ulysse, le creveur-d'oeil. Et il y a aussi l'épisode de Circé où elle est devenue propriétaire d'un centre de thalassothérapie et de relooking un peu particulier. Elle transforme toujours les hommes mais maintenant en cochon d'Inde, les cochons s'étant révélés trop sales et volumineux.

 

En un mot, dans un shaker versez l'Odyssée et les Argonautes, secouez fort et cela vous donnera quelques épisodes savoureux de La Mer des Monstres.

 

Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé ce livre un peu moins drôle et moins léger que le premier tome. Non seulement Percy n'est pas une lumière dans ses déductions mais en plus il rentre, le pauvre, dans l'adolescence. Et si ses aventures sont épiques, lui l'est beaucoup moins, ce qui doit au final grandement faciliter l'identification de nos jeunes lecteurs.

 

 

Pour conclure (les vieilles habitudes sont tenaces), tout cela se lit bien, avec plaisir et cela me donne l'étrange sentiment d'être plutôt futée de comprendre tout d'avance.

 

Ma note: 16/20

 

0 commentaires

Le coeur mis à nu.

Titre: Raison et sentiments

Auteur: Jane Austen

 

Rien de tel que de lire du Jane Austen. Comme cette femme était experte en sentiments humains!

Raison et sentiments met en scène deux jeunes filles, Elinor et Marianne Dashwood et leurs amours contrariées. Elinor aime Edward mais elle sait que la famille de ce dernier s'opposera à leur union. Lorsqu'elle apprend qu'il est en réalité engagé ailleurs, elle garde sa douleur pour elle. Marianne, elle, s'éprend de Willoughby qui l'abandonne pour épouser une femme plus riche. Marianne, contrairement à sa soeur laisse exploser toute sa douleur. Que deviendront-donc les deux jeunes filles?

Dans ce roman, il est donc question d'une lutte entre la raison et les sentiments. Elinor représente la raison et la sagesse et Marianne les sentiments dans toute la force de leur expression. Jane Austen prend clairement le parti d'Elinor et de la maîtrise des émotions.

J'ai trouvé ce roman moins fort et moins mordant qu'Orgueil et Préjugés. En effet, Elinor est peut-être trop sérieuse, trop rationnelle même si elle ne manque pas d'humour. Lizzie, l'héroïne d'Orgueil et Préjugés est plus attachante car orgueilleuse, justement et pleine de préjugés. Son fort caractère la rend plus attachante qu'Elinor. Marianne explique d'ailleurs que le comportement d'Elinor si parfait et calme lui rappelle à quel point le sien était inapproprié. Je pense que cela m'a fait le même effet.

Néanmoins, Raison et Sentiments reste un excellent roman. Les rebondissements sont parfaitement maîtrisés et arrivent à point nommé pour que le lecteur ne s'ennuie jamais. L'auteur analyse délicatement le coeur humain et ses faiblesses. Le résultat est intemporel, frais et réjouissant.

 

1 commentaires

Un roman sur la fin de l'empire romain.

Titre: Un goût d'amandes amères

Auteur: Hella S. Haasse

Éditeur: Acte Sud

Collection: Babel

Date de parution: juin 1999

 

L'histoire se situe en 417 ap. J-C. L'Empire romain est devenu chrétien et règne l'empereur chrétien Honorius. Les cultes paiens sont désormais interdit. Au cours d'un procès contre un noble qui aurait organisé une cérémonie sacrificielle, le préfet Hadrianus, craint et rigide, se trouve face à un certain Niliacus ou Pro Se qui se révélera être Claudius Claudianus, poète juif proscrit. Ces deux hommes entretiennent des relations complexes qui ne sont pas sans rapport avec les transformations profondes que connaît la société romaine.

C'est le genre de roman auquel il faut donner une chance. De premier abord, il est ardu. Les changements de narrateurs ne sont pas annoncés et les monologues réflexifs égarent le lecteur. Cependant, c'est un roman profond qui nous permet de sentir intensément les peurs et violences que fait naître les bouleversements d'une société. Les deux univers se considèrent, entre fascination et aversion.

0 commentaires