Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

"J'ai refermé ce livre avec un sentiment bizarre. Je me demandais ce que l'auteur avait voulu dire exactement. Mais c'est justement ce "je ne sais pas ce que l'auteur a voulu dire exactement" qui m'a laissé la plus forte impression" p.142

 

Titre: Kafka sur le rivage

Auteur: Haruki Murakami

Édition: Éditions 10/18

Date de parution: 2006

 

C'est le troisième roman de Murakami que je lis. Après 1Q84 et La fin du monde, j'ai eu envie de lire plus de romans de cet auteur afin de mieux comprendre son univers et son écriture qui me semble s'échapper à chaque lecture.

 

Kafka Tamura est un jeune garçon qui fuit une malédiction paternelle et trouve refuge dans une bibliothèque auprès de Mlle Saeki et d'Oshima. D'un autre côté, Nakata, un vieil homme étrange, accompagné d'Hoshino cherche la pierre de l'entrée à tout prix. Ces deux personnages, sans jamais se croiser, vont tisser une histoire commune.

 

Autant vous le dire tout de suite, rédiger cet article est un calvaire. Je ne sais pas par quel bout le prendre pour rendre compte de ma lecture et je risque d'être confuse. Ce roman m'a posé le même problème que les deux autres lus auparavant: je me sens abandonnée sur le chemin narratif. Je m'explique.

 

Les ingrédients récurrents

 

- Comme les deux autres romans que j'ai pu lire, Kafka sur le rivage tisse deux intrigues séparées qui se rejoignent implicitement (ou explicitement) et se complètent. Ici, il s'agit d'un récit à la première personne mettant en scène le jeune Kafka et un autre raconté à la troisième personne suivant le parcours de Nakata.

- Les deux récits oscillent entre contemporain, fantastique et merveilleux avec des éléments aussi étranges que des chats qui parlent, des fantômes, des mondes hors du temps. On parle souvent à ce sujet de réalisme magique. La notion de « réalisme magique », selon Larousse, a été mise en place en 1925 par la critique d'art allemande à propos de toiles post-expressionnistes. Aujourd'hui, cette notion est revendiquée par certains auteurs hispano-américains. L'écrivain tenterait de défaire le réel auquel il est confronté afin de découvrir ce qu'il y a de mystérieux dans les choses, la vie et les actions humaines. Refusant le vraisemblable codé autant que l'ambiguïté fantastique, il tente de capter, de l'intérieur, le mystère palpitant des choses dans une visée à caractère ludique.

- Les deux récits, celui de Kafka comme celui de Nakata, se présentent comme des récits initiatiques. Les deux personnages cherchent à s'accomplir à travers le destin.

- Des références culturelles nombreuses et précises: Beethoven, Haydn, Oedipe, Kafka, Tchekov...

 

Les éléments qui me tracassent

 

Murakami ne donne aucune explication. Évidemment, on pourrait me rétorquer que c'est le principe même du fantastique et cela serait juste. Mais je ne parle pas des explications aux phénomènes fantastiques mais plutôt des éléments de la dramaturgie. En effet, chaque élément du récit ouvre des arcs narratifs et crée des horizons d'attente. D'ailleurs à ce sujet, Murakami renvoie à l'écrivain russe Anton Tchékhov qui aurait écrit: "Si un révolver apparaît dans une histoire, à un moment donné, il faut que quelqu'un s'en serve." Or il me semble que Murakami ne respecte pas cette règle. Et c'est très frustrant car il laisse certains arcs narratifs ouverts et n'explique jamais le rôle de ces éléments.

Néanmoins, si cette narration est frustrante pour le lecteur, elle en fait un participant actif au sens du récit.

 

Finalement, la force de Murakami c'est son écriture qui réussit à nous transporter jusqu'aux dernières pages sans un instant de relâchement.


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Commentaires : 2
  • #1

    Maeve (dimanche, 23 avril 2017 13:15)

    Si ça a été un calvaire à écrire, je te rassure, ton billet est très intéressant à lire.
    Bises et bon dimanche !
    Maeve

  • #2

    Between the books (dimanche, 23 avril 2017 15:14)

    Merci Maeve!