La villa du crépuscule de Jesse Browner

"Dépêche-toi de vivre, dit la Mort. J'arrive."

 

Titre: Villa du crépuscule

Auteur: Jesse Browner

Éditions: Libretto

Date de parution: 3 janvier 2017

 

Pétrone doit mourir car il sera bientôt condamné par Néron. Il a donc prévu de se suicider lentement au cours de son dernier banquet. C'est l'occasion pour lui d'essayer de composer sa réputation posthume. Durant cette longue nuit, Pétrone va suivre le fil de sa mémoire et à l'aide de la philosophie tenter de lutter contre la vie qui s'accroche.

 

Les dernières heures d'un Romain

 

Ce roman s'inscrit dans un cadre antique: l'empire néronien. Si ce contexte historique est précis et très documenté (à part quelques détails qui me turlupinent), il ne sert finalement que de prétexte à une étude humaine délicate. Pétrone ne s'attarde pas sur son parcours politique auprès de Néron, ni même sur sa jeunesse ou sur son cursus honorum (son parcours politique). Quand il remonte le fil  de ses souvenirs, ce n'est que pour se perdre dans ses amours avec Mélissa. Je me demande quand même s'il s'agit d'amour. Devant Mélissa Silia, Pétrone n'est plus qu'un homme dont toutes les valeurs viriles s'anéantissent. Mélissa semble un mystère douloureusement irrésolu pour Pétrone, tout comme ses propres émotions lui semblent mélancoliquement étrangères dans les bras de cette femme.

 

Les dernières heures d'un homme

 

Finalement dans cette dernière nuit, tout est empreint d'une forme d'inachèvement: le banquet lui-même échappe d'une certaine façon à Pétrone. Et si je m'attendais à un dîner à la manière de Trimalcion, j'ai eu la plaisante surprise de trouver un repas qui achoppe, qui bute et qui se dérobe avec plus de naturel. La tristesse marque ce dîner et les dernières heures de Pétrone, bien loin de l'image stoïque des Romains.

Le roman est porté par une écriture gracieuse et mélancolique qui se déploie pour tenter de saisir les derniers instants d'un homme dont la sensibilité s'aiguise et qui revient à l'essence de lui-même, un être pensant face au monde.


Je remercie les éditions Libretto et Babelio de m'avoir envoyé ce livre pour l'opération Masse Critique.

 

Pour en savoir plus, suivez les liens.

Les éditions Libretto

Babelio

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Commentaires : 1
  • #1

    Tassa (mercredi, 22 février 2017 00:13)

    Hello
    Ta chronique me donne très envie de lire ce roman. j'adore les fictions historiques et si l'écriture est gracieuse et mélancolique comme tu le dis, cela m'attire d'autant plus!
    belle critique bravo !