{Le mois du polar} Maelström de Stéphane Lemarchand

"Je suis venu vous dire que vous allez mourir

Je suis servi, j'ai une quinte flush

Je rafle la première mise"

 

Titre: Maelström

Auteur: Stéphane Marchand

Éditions: Flammarion

Date de parution: 2011

 

Un tueur en série qui se fait appeler le Maestro contraint Harold Irving, un écrivain à la dérive, Dexter Borden, un agent du FBI et Fanny Chopman à le suivre dans son entreprise machiavélique.

 

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de thriller et c'est une précision importante car elle explique en partie ma réaction à ce roman.

 

Véritable page turner à l'américaine, il entraîne le lecteur à un rythme effréné vers une fin totalement inattendue, surtout dans les deux dernières parties. On retrouve dans ce roman les ingrédients habituels et efficaces: des chapitres courts et denses, des meurtres violents, un passé complexe et retors pour l'ensemble des personnages, de l'action et des rebondissements en pagaille et une intrigue toute en suspens. Les personnages ne sont pas trop caricaturaux même si l'on reconnaît des traits récurrents: le personnage paumé, le lourd passé, l'amnésie.

Il s'agit plus d'un jeu de piste qu'une enquête car les deux personnages principaux sont engagés, non pas à arrêter le tueur, mais à comprendre ses motivations, comme s'ils pouvaient lui apporter la légitimité dont il a besoin. C'est finalement ce puzzle a reconstituer qui est le plus intéressant car nous replaçons les pièces en même temps que les personnages.

Si je n'ai pas été sensible à la précision des références automobiles, je l'ai été beaucoup plus à l'importance de la musique dans le roman. Cela constitue presque une b.o. pour la lecture et apporte une touche jazzy presque en décalage avec l'image que l'on a des thrillers.

Alors qu'est-ce qui m'a gênée? Essentiellement la première partie et son manque d'approfondissements. Tout va trop vite pour moi et je n'ai pas eu le temps de ressentir le danger pressant que je recherche dans les thriller. J'ai trouvé que les personnages fonçaient un peu vite dans le jeu du Maestro et qu'ils n'opposaient presque aucune résistance. Ils le suivent sans essayer de contrecarrer ses plans. Il est vrai que le Maestro a toujours cinq ou six coups d'avance sur tout le monde, même sur le lecteur, mais, tout de même, Harold et Dexter se contentent de ramasser les indices et de remonter le fil d'Ariane que le Maestro décide de leur laisser. Et puis je n'ai pas senti les personnages réellement sous pression. Finalement, ils ne sont pas directement visés par les meurtres et la menace du Maestro pour les entraîner à sa poursuite m'a semblé superficielle, un peu facile.

Au vu des critiques élogieuses qu'a rencontré ce roman et de sa potentielle adaptation en film, je me demande ce que j'ai mal compris. Est-ce moi dont les attentes ne correspondent plus à ce genre de roman?

Je me laisserai quand même bien tenter par le nouveau roman de Stéphane Marchand: Nos rêves indiens aux éditions Fleur sauvage.

Pour écouter l'air favori du Maestro, voici Cheek to cheek par Ella Fitzgerald.

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