Au rayons bandes-dessinées, des nouveautés.

J'aime beaucoup la bande-dessinée et pourtant j'en lis assez peu: le prix d'un album me refroidit pas mal même si je ne remets absolument pas en question sa légitimité. J'ai donc décidé d'en emprunter à la médiathèque. Mais là, le deuxième obstacle à ma lecture de bandes-dessinées surgit: réussir à lire les séries dans l'ordre, sans frustration.

Voici donc mes solutions:

- lire des one-shot, ainsi plus de soucis de frustration.

- lire des albums extraits d'une série mais qui fonctionnent en autonomie.

- emprunter une série complète.

Titre: Détectives - Miss Crumble - Le Monstre botté

Auteurs: Hanna, Guinebaud, Lou

Éditions: Delcourt

Date de parution: 2014

 

Miss Crumble, enquêtrice badass à l'esprit affuté, nous emmène avec elle dans son univers à la Agatha Christie mais en bien moins sage.

L'intrigue du "whodunit" est fort bien menée et je n'avais absolument pas vu venir la révélation finale. A la manière d'un roman policier traditionnel, le récit se construit pas à pas et montre les différentes hypothèses formulées par l'enquêtrice.

Cette enquête se caractérise aussi par son humour et la vivacité de ces scènes.

Ce n'est cependant pas le coup de cœur attendu, en partie à cause des graphismes. En effet, la transformation finale du personnage coupable m'a rendue sceptique car son physique et les traits de son visage sont totalement modifiés. En dehors de ces dernières planches, l'univers graphique est très intéressant et bien travaillé.

 

Titre: Le jardin de minuit

Auteur: Edith

Éditions: Soleil

Date de parution: 2015

 

Cette bande-dessinée est l'adaptation d'un roman anglais de Philippa Pearce. Elle met en scène Tom Long qui est envoyé chez sa tante car son petit frère à la rougeole. Il s'y ennuie profondément. Mais une nuit, l'horloge de l'entrée sonne treize coup et quand il ouvre la porte de la cour, il découvre à la place un immense jardin. Tom s'y glisse et invisible de tous, sauf de Hatty, une petite fille vêtue d'une robe étrange, il y passe ses nuits.

Cette bande-dessinée m'a complètement emportée par son univers fantastique et plein d'émotions. L'univers onirique est très élégant et les personnages sont complexes et attachants.

Titre: Les innocents coupables

Auteurs: Laurent Galandon, Anlor

Éditions: Bamboo édition

Date de parution: 2011-2014

 

Cette bande-dessinée se passe dans un bagne d'enfants, "Les Marronniers". Les personnages principaux arrivés au bagne pour des raisons différentes n'ont qu'un seul but commun: s'enfuir. En effet, les conditions de vie sont atroces: humiliations, violence, injustice, sadisme, peur sont quotidiens pour ces jeunes garçons.

J'ai trouvé les trois tomes de cette série passionnants avec un très beau travail de la couleur. On a du mal à s'imaginer ces bagnes pour enfants où l'on enfermait les enfants "délinquants" pour les "remettre sur le droit chemin" par la vertu du travail (et des coups). J'avais entendu parler de ce genre d'endroits à Fontevraud dans une exposition sur Jean Genet qui a vécu cette expérience à Mettray en Indre-et-Loire. Les personnages sont complexes et la fin est loin d'idéaliser la réalité.

Titre: Du vent dans mes mollets

Auteurs: Raphaële Moussafir et Mam'zelle Roüge

Éditions: Intervista

Date de parution: 2009

 

Rachel, petite fille espiègle, est mise en scène dans des situations impertinentes entre ses parents, sa détestable institutrice et sa psychologue. Mais Rachel n'est pas seule pour parcourir le chemin de l'enfance car elle a une meilleure amie avec qui elle fait les quatre-cents coups.

Cette bande-dessinée ressemble à un album, à une suite de vignettes aux dessins crayonnés. C'est drôle et frais mais la fin est une grande claque qui nous bouleverse et referme la porte de l'enfance avec fracas.

J'avais vu le film, qui déjà m'avait vraiment enthousiasmée mais j'ai trouvé la bande-dessinée encore plus réussie.

Titre: Polina

Auteur: Bastien Vivès

Éditions: Casterman

Date de parution: 2011

 

Polina c'est la danse classique de l'enfance à l'âge adulte; le corps façonné, le corps blessé, le corps artiste. Sorte de roman d'apprentissage, ce "roman graphique" n’émet pas de jugements envers la dureté du maître ni envers les errances amoureuses et professionnelles de Polina.

Les dessins en noir et blanc sont d'une grande pureté et d'une grande sensibilité et sont un bel hommage au monde exigeant de la danse, qui apparaît ici sans concessions.

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