{Instantanés de poésie} Louise Labé

J'inaugure ici une nouvelle catégorie d'articles. Longtemps, je me suis demandée comment vous partager mes lectures de recueils poétiques. Il est difficile de faire un résumé et je ne voulais pas tomber dans l'analyse universitaire. Alors, je vous propose un poème tiré du recueil que j'ai lu. Le choix sera toujours subjectif. Je ne choisirai pas forcément le plus connu ou le plus intéressant au niveau de l'analyse mais celui qui me parle le plus, qui converse avec moi.

Sur ce, bonne lecture.

Louise Labé, Oeuvres complètes, Sonnet XXIV, XVIe siècle.

 

Ne reprenez, Dames, si i’ay aymé :
Si j’ay senti mile torches ardentes,
Mile travaus, mile douleurs mordentes :
Si en pleurant j’ay mon tems consumé,

Las que mon nom n’en soit par vous blamé.
Si j’ay failli, les peines sont presentes.
N’aigrissez point leurs pointes violentes :
Mais estimez qu’Amour, à point nommé,

Sans votre ardeur d’un Vulcan excuser,
Sans la beauté d’Adonis acuser,
Pourra, s’il veut, plus vous rendre amoureuses:

En ayant moins que moy d’ocasion,
Et plus d’estrange et forte passion.
Et gardez vous d’estre plus malheureuses.

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