"Ces détails invitent à fantasier" Fantasions donc!

Titre: Contes et légendes des châteaux de la Loire

Auteur: Nicole Lazzarini

Editions: Ouest-France

Date de parution: 2011

 

Attirée par la couverture dans la boutique souvenir du Château du Rivau, j'avais craqué pour ce recueil qui s'annonçait ainsi:

"Si les châteaux de la Loire constituent un patrimoine artistique exceptionnel lié aux souvenirs et rêves de l'enfance, ils sont loin de représenter le monde magnifique et magique des contes de fées habité par des reines et des rois enjoués, entourés de châtelaines ravissantes, de princes charmants et d'amis courtois. Certes, ces somptueuses demeures séculaires - Chambord, Chenonceau, Amboise, Azay-le-Rideau, Cheverny, Montsoreau... - ont accueilli des personnages historiques puissants, des rencontres politiques déterminantes, des fêtes féeriques inoubliables ! Néanmoins, il s'y tramait aussi maintes intrigues, il s'y nouait moult complots, il s'y déroulait bien des drames ! Souvent drôles, parfois cruels, toujours auréolés de mystère, ces soixante-cinq récits, enracinés dans la tradition et le fabuleux passé de cette région à la forte identité culturelle et à la douceur de vivre enchanteresse, invitent le lecteur à une promenade imaginaire troublante et captivante."

 

Des contes? Où ça?

 

Le lecteur s'attend donc à passer un moment parmi les contes et légendes locales. C'est alors une totale déception! Il n'y a qu'un seul chapitre qui ressemble vraiment à un conte ou à une légende: le loup-garou de Les Hayes-Gasselin, et encore l'auteur ne laisse pas s'installer la peur et le frisson. Je ne dis pas que les contes et légendes sont absents de ce recueil mais ils ont une bien petite place. Deux raisons à cela: les chapitres sont courts et très nombreux. Ils ne peuvent donc pas laisser la place à un développement conséquent qui emporterait un peu le lecteur.

 

Trop de châteaux, tue le château...

 

Le parti pris est plutôt d'évoquer le plus de châteaux possible. Serait-ce dans un souci d'exhaustivité ou d'équité? Cela affaiblit en tout cas de beaucoup le recueil car il semble clair que pour certains lieux, l'auteur n'avait rien d'intéressant à raconter et se raccroche donc à tout ce qu'elle peut. Il en est de même pour la narration. Nous ne sommes pas là dans une posture de conteuse mais plutôt dans un catalogue d'anecdotes historiques plus ou moins bien mené. En effet, trop souvent l'auteur commence par décrire ou faire l'éloge du lieu, rappelle sa construction, ses habitants, les événements qui y sont liés avant de finir sur la légende qui est mentionnée en quelques mots, si bien que le lecteur ne trouve pas un recueil de contes et légendes mais des notices touristiques bien rédigées. Bref, c'est la désillusion, la déception, la déconfiture comme l'écrirait l'auteur.

 

Au pourpris bien mussé

 

L'autre aspect majeur de ce recueil c'est la langue. Là encore c'est un vrai choix ou alors l'auteur a un phrasé naturel étrange. Le vocabulaire choisi est volontairement vieilli ou régional et plutôt que le commun "château", le lecteur découvre "pourpris", ce qui ne signifie pas vraiment la même chose ou encore "musser" pour "cacher". C'est donc un festival de mots peu communs mais qui donne un effet vieilli pas forcément déplaisant même si à force il devient redondant. L'autre choix, et c'est là je trouve le point le plus intéressant, c'est le jeu sur les rythmes et sonorités. Je vois dans ce travail d'associations sonores souvent ternaires une tentative de retrouver la dimension orale du conte, proche de la poésie, faite de jeux de mots, de rimes et d'échos sonores. Voici un exemple au hasard des pages: "des demi-déesses dévouées, déliées et délicates - ses sémillantes et séduisantes filleules, Cher, Indre et Vienne". Cet effet ne facilite pas la lecture mais dans la perspective d'une lecture à haute voix, je pense que cela peut avoir son petit effet.

 

Alors, heureuse?

 

Est-ce que je regrette mon achat? Pas vraiment. Certes, ce livre ne m'a pas emballée mais il reste un éveilleur de curiosité. Il donne envie d'en savoir plus, d'aller voir sur place. J'y picorerai sûrement selon mes envies à l'occasion. Il est peut-être d'ailleurs préférable de ne pas le lire d'un seul coup mais d'y mettre le nez de temps en temps, avant une balade en Touraine par exemple.

Écrire commentaire

Commentaires : 2
  • #1

    Tassa (mercredi, 22 février 2017 00:17)

    Tiens, je ne connais pas celui-là, moi qui vit en région tourangelle et qui suit membre d'une association littéraire du cru .... merci du partage. ;)

  • #2

    Between the books (mercredi, 22 février 2017 12:28)

    Une association littéraire tourangelle? Cela m'intéresse! Tu peux m'en dire plus?