Aller-retour entre Allemagne et Limousin

Titre: Siegfried et le Limousin

Auteur: Jean Giraudoux

Date de publication: 1922

 

J'ai lu Siegfried et le Limousin et j'ai la désagréable sensation que ce roman m'a glissé entre les doigts, comme l'eau de la rivière. Pfuit! Tout s'échappait.

Plusieurs faits m'ont mis ce livre entre les mains. Je lisais et étudiais Le Voyageur sans bagage de Anouilh avec ma classe de lycéens. Or plusieurs critiques ont fait le lien entre cette pièce et celle de Giraudoux, Siegfried. Cette dernière est l'adaptation théâtrale du roman, toujours de Giraudoux, Siegfried et le Limousin. Par un incompréhensible hasard, je me suis rendue compte que j'avais ce roman en ma possession.

Me voilà donc à ouvrir ce livre à la douce odeur de vieux papier!

L'intrigue est assez simple: le narrateur, Jean (Giraudoux?), aux lendemains de la Première Guerre Mondiale, découvre qu'un journaliste allemand plagie un de ses amis, Forestier, disparu sur le front. Poussé par la curiosité, il se rend à Munich où vit le fameux plagiaire Siegfried von Kleist. Il découvre alors que ce n'est autre que Forestier lui-même, qui, amnésique, est devenu citoyen allemand.

Jusque-là, l'histoire est limpide. C'est sans compter la fantaisie et la poésie verbales de Giraudoux qui m'avaient déjà décontenancée dans Electre. Mais ce sont surtout les perpétuelles références à la culture allemande et française du début du XXe siècle qui m'ont perdue.On sent que tout est intertexte littéraire même si en moi rien n'a fait écho.

Une chose est sûre: quand la France apparaît dans ce roman comme le pays de la raison et de l'esprit critique, l'Allemagne, pays fantasque, est l'incarnation du romantisme et de la poésie (Les choses ont bien changé, n'est-ce pas?) Et si l'auteur fait dialoguer les deux pays, il reste entre eux une incompréhension tenace qui confine à la haine. Cela reste indubitablement beau, insaisissable mais beau.

 

A savoir: A l'ENS, Giraudoux s'oriente vers des études germaniques. Pour préparer son mémoire de diplôme d'études supérieures (sur le poète allemand Platen), le jeune normalien doit passer une année à Munich. Il participe aussi, quelques années plus tard, à la Première Guerre Mondiale.

Il y a donc une forte implication personnelle dans ce roman ainsi qu'une influence confirmée des romantiques allemands.

Cela me fait penser que j'aimerais bien les lire, les romantiques allemands. Goethe au moins...

 

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