En route vers de nouvelles aventures

Si vous me suivez sur Facebook, vous avez pu vous rendre compte que je migrais vers une autre plateforme et une nouvelle adresse:

betweenthebooksentouraine.wordpress.com

 

Quelles en sont les raisons?

 

Si j'ai débuté sur Jimdo, c'était pour la simplicité de prise en main. Je n'avais pas beaucoup d'ambition pour mon blog et la formule me convenait très bien. Cependant, au bout d'un an de blogging et après la rencontre avec les blogueuses de Tours, mes envies ont évolué et bientôt la version gratuite de Jimdo ne fut plus suffisante. Comme je refuse d'acquérir un nom de domaine ou de payer pour une version plus performante parce que je ne veux pas investir à ce point dans mon blog, je commençais à tourner en rond. Convaincue par Maeve et par mes autres copines blogueuses de les rejoindre sur Wordpress, je fais aujourd'hui le grand saut.

Sur la nouvelle plateforme, vous pourrez évidemment bientôt retrouver tous les anciens articles. Le transfert est cependant toujours en cours. Tant que tout ne se trouvera pas à la nouvelle adresse, ce blog restera ouvert. Cela vous laisse ainsi le temps de prendre vos marques.

J'espère vous retrouver à la nouvelle adresse pour plus de lectures et plus d'échanges!

A bientôt!

 

{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire - JUIN

Juin: mois de la catastrophe. Entre les achats obligatoires pour le boulot, les brocantes et les événements autour du livre, impossible d'échapper à la dévoration de la PAL, monstre exponentiel que vous connaissez bien maintenant.

J'en profite pour vous annoncer l'inauguration de mon premier partenariat avec une maison d'édition (plutôt une collection). Et même qu'ils sont venus me trouver tout seuls et que je n'avais pas fait de demande. Je suis fière!

A l'origine du challenge, Mademoiselle Maeve, incontournable blogueuse tourangelle à découvrir d'urgence si vous ne l'avez pas déjà fait!

  • Juste avant l'oubli, Alice Zeniter (travail)
  • Toutes les femmes sont des aliens, Olivia Rosenthal (travail)
  • Terre des hommes, Antoine de Saint-Exupéry (travail)
  • Le Diable et le bon Dieu, Jean-Paul Sartre (travail)
  • Eurydice, Anouilh (travail)
  • La porte des enfers, Laurent Gaudé (travail)
  • Le pêcheur d'eau, Guy Goffette (travail)
  • L'oeuvre au noir, Marguerite Yourcenar (travail)
  • Les faux-monnayeurs, André Gide (brocante)
  • La forêt perdue, Maurice Genevoix 
  • Le lys dans la vallée, Balzac (brocante)
  • Salambô, Flaubert (brocante)
  • Une partie de campagne, Maupassant (brocante)
  • Trois femmes puissantes, Marie Ndiaye (brocante)
  • Anthologie de la poésie française du XVIe siècle
  • Vert, histoire d'une couleur, Michel Pastoureau
  • Noir, histoire d'une couleur, Michel Pastoureau
  • Le château du lac Tchou-An, Frédéric Lenormand (occasion)
  • Contre-coups, Nathan Filer (My Book Box)
  • Victor Hugo, aux frontières de l'exil, Gil/Paturaud (BD)
  • Blue Ghost, Pierre Champion (BD)
  • Brigade des mineurs, Raynal/Titwane (BD)
  • Un Barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras (travail)
  • Marcher, Thich Naht Hanh (partenariat)
  • S'asseoir, Thich Naht Hanh (partenariat)
  • Aimer, Thich Naht Hanh (partenariat)
  • Se détendre, Thich Naht Hanh (partenariat)

 

 

Ce mois-ci je décerne la palme de l'émotion et de la rencontre coup de coeur à Maryam Madjidi et son roman Marx et la poupée.

 

 

Ma grosse déception du mois: La Porte des enfers de Laurent Gaudé. Déception d'autant plus importante que j'apprécie ordinairement ses romans. Ici, non seulement la vision de Naples est particulièrement noire mais le roman ne laisse que très peu d'espoir malgré une fin un peu ouverte.

Un roman dont j'ai eu du mal à me remettre...

Juste avant l'oubli de Alice Zeniter

Titre : Juste avant l’Oubli

Auteur : Alice Zeniter

Éditions : J’ai lu/ Flammarion

Date de parution : 2015

 

Cette chronique est pour moi un peu particulière : je connais l’auteure et j’ai partagé pendant deux ans les bancs d’une classe avec elle. Je ne pensais pas que cela changerait quelque chose mais en fait si. Cela change beaucoup de choses.

 

D’abord j’avais des réticences à lire un de ses romans. J’avais acheté son roman précédent, Sombre dimanche, mais je n’arrivais pas à l’ouvrir. Quelque chose clochait. J’avais peur d’entendre sa voix en la lisant. Mais pour ce roman-ci, je n’avais pas le choix. La lecture était obligatoire car professionnelle. Je ne pouvais pas tourner autour du pot plus longtemps…

 

Franck aime Émilie qui fait une thèse sur le maître du polar Galwin Donnell. Il doit la rejoindre à Mirhalay, une île perdue et inhabitée des Hébrides à l’ouest de l’Écosse. C’est là-bas que vont se dérouler les journées d’étude internationales consacrées à l’auteur. En effet, l’auteur y a vécu ses dernières années avant de disparaître. La thèse la plus couramment admise présente cette disparition comme un suicide mais le corps de Galwin Donnell n’a jamais été retrouvé. Franck espère que lors de ce voyage il aura le courage de demander à Émilie de passer sa vie à ses côtés.

 

Cela sent le polar mais ce n’est pas du polar. Cela sent le roman sentimental mais ce n’est pas un roman sentimental. Cela sent la littérature blanche mais ce n’est pas de la littérature blanche. C’est ce que l’auteur qualifie elle-même de « méta-polar amoureux ».

Pourquoi « méta-polar » ? Le roman tourne autour du maître du polar et de l’auteur de polar dans une ambiance qui rappelle celle des Dix Petits nègres. La tension est palpable et on se laisse contaminer par cette ambiance. On sait, on le sent, il va arriver quelque chose sur cette île solitaire.

 

En refermant le livre, j’avais une drôle d’impression. Alors dans ces moments-là, je débriefe méthodiquement avec moi-même.

1. Est-ce que j’ai aimé ? Je crois.

2. Qu’est-ce que j’ai aimé ?

- le jeu littéraire autour de Galwin Donnell, auteur fictif, inventé de toute pièce par Alice Zeniter mais qu’elle réussit brillamment à faire passer pour réel. Non seulement elle invente le personnage mais aussi sa bibliographie, elle le cite, intègre des conférences convaincantes sur son œuvre.

- la douce satire du milieu universitaire, des ses rivalités, de ses désirs et mesquineries.

- le choix du personnage principal, Franck. En décalage avec les autres personnages, Franck apparaît comme le seul vraiment vivant et sensible dans ce roman puisque c’est à travers lui principalement que se vit ce séjour sur l’île de Mirhalay.

- des pages vraiment percutantes sur l’amour, sur les relations de couple, sur la douleur et la solitude.

- une plume simple, fluide, qui ne se donne pas un genre.

Bref, le récit embarque le lecteur mais toujours avec un petit sourire en coin.

 

3. Alors, c’est quoi ton problème ? Mon problème c’est le quatrième mur.

En théâtre, le quatrième mur c’est le mur virtuel, transparent qui fait que le spectateur voit la scène mais que les acteurs ne le voit pas, qu’il s’agit bien de deux univers distincts. Pour le roman, ce quatrième mur existe aussi pour moi. C’est la distance qui s’installe entre l’auteur et le lecteur par l’intermédiaire du narrateur. Cela devient un peu complexe, non ? Ce que je veux dire c’est qu’entre l’auteur et moi lectrice, il y a une distance infranchissable. Je n’ai de contact qu’avec le narrateur. Or ici le quatrième mur a explosé à la page 131.

 

L’auteur a utilisé un minuscule souvenir personnel pour nourrir son personnage. Normal, tous les auteurs le font ! Sauf que là, c’était un détail qui interférait avec ma mémoire personnelle. Alors, une fraction de seconde l’auteur et le personnage ont fusionné et moi je me suis retrouvée DANS le roman, comme faisant partie du hors-scène.

Cette explosion du quatrième mur a entraîné une vague de questions que je ne me pose jamais : qu’est-ce qui est fiction dans ce roman ?

Évidemment, Galwin Donnel, Mirhalay, les personnages sont fictifs. Tout est fiction puisque c’est un roman. Mais dans le détail, quels éléments appartiennent à la vie de l’auteur ? Et comme l'auteure elle-même s'interroge sur le rapport entre fiction et réalité, ces questions ont pris une place bien plus importante...


Retrouvez ma chronique de ce roman dans l'émission "N'écoute pas les idoles" sur Radio Béton.

 

 

 

 

 

 

Libérez le Romain qui est en vous de Jerry Toner

Titre: Libérez le Romain qui est en vous

Auteur: Marcus Sidonius Falx/Jerry Toner

Editions: P.U.F.

Date de parution: 8 mars 2017

 

Dans ce guide pratique, Marcus Sidonius Falx vous révèle tous les secrets pour devenir un véritable Romain: comment faire fructifier son patrimoine? Comment bien se marier? Comment gouverner sa famille? Comment honorer les dieux?

 

Quelle idée originale a eu Jerry Toner, un universitaire spécialiste d'histoire romaine! Il donne la parole à Marcus Sidonius Falx, un Romain fictif à la mentalité impériale. Sur le modèle des livres de développement personnel, à la mode en ce moment, Marcus nous propose un guide organisé de sa conception de la société romaine. Sur le ton du conseil, le patricien romain donne un aperçu du quotidien des Romains du premier siècle après J.-C. Chaque chapitre est complété par les commentaire de Jerry Toner qui précise des sources littéraires et historiques qui vérifient les indications de Marcus.

 

Si l'idée est originale et intéressante, deux défauts ressortent à mes yeux. D'abord, il y a parfois un effet catalogue dans les chapitres. Un peu comme Pline l'Ancien, Marcus étale ses connaissances et cela manque parfois de légèreté. Ensuite, et je pense que c'est un obstacle à la bonne compréhension du livre, les informations sont données telles qu'elles étaient pensées dans l'Antiquité, sans distance. Même s'il serait anachronique de le reprocher à Marcus, certains propos sont difficiles à lire et m'ont causé quelques sueurs froides.

Florilèges de mes crises cardiaques:

- "Mon épouse était une fillette de quatorze ans, alors que j'avais presque la trentaine. Elle tremblait de peur quand je suis entré dans le lit et qu'elle a ôté sa robe. Voulant montrer mon côté généreux, comme beaucoup d'hommes dans ces circonstances, je l'ai pénétré par l'anus comme si elle était un garçon."

- "Vous devrez peut-être employer la force pour passer à l'étape suivante. Ne vous inquiétez pas, les femmes aiment qu'on leur fasse mal"

Est-ce que vous voyez ma tête de femme outrée?

Il faut donc beaucoup, énormément de second degré et de tolérance pour supporter certains propos de ce cher Marcus, même si en tant que latiniste, je connais le contexte culturel.

 

En quelques mots, une multitude d'informations sur la culture latine, une forme originale mais la nécessité d'une bonne dose d'humour noir!


Je remercie les éditions Presses universitaires de France ainsi que l'opération Masse Critique de Babelio pour l'envoi de ce livre.

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Marx et la poupée de Maryam Madjidi

Titre: Marx et la poupée

Auteur: Maryam Madjidi

Éditions : Le Nouvel Attila

Date de parution : 12 janvier 2017

 

 

Aujourd’hui je vais vous présenter un roman qui sort à peine du four, qui sent bon les prix littéraires tout chauds. Marx et la poupée de Maryam Madjdidi est paru le 12 janvier 2017 et vient de recevoir coup sur coup le Goncourt du premier roman le 3 mai 2017 et le prix Ouest France /Etonnants voyageurs le 4 juin 2017. Pour une fois, je suis à la point de l’actualité littéraire. Et tout cela grâce à qui ? A ma libraire à Amboise, qui m’a collé ce livre dans les mains.

 

A Téhéran, c’est la révolution iranienne. Une petite fille naît dans une famille d’opposants communistes. Dans ce contexte de lutte politique, de dangers et de violence, la petite fille grandit innocente et choyée. Mais bientôt c’est l’exil vers la France, l’abandon du pays natal, la perte de ses repères culturels, l’apprentissage d’une nouvelle langue. Tour à tour force et faiblesse, l’exil est raconté ici avec humour, tendresse et émotions.

 

Ce livre est qualifié de roman mais je ne suis pas sûre que cela soit le terme approprié. La narratrice raconte son enfance en Iran, l’exil en France, la difficulté de l’intégration, le rapport à la langue, à la terre natale, l’écriture. S’agit-il de l’auteur ? On n’en doute pas vraiment. Pourtant je n’arrive pas à attribuer à ce livre l’étiquette d’autobiographie. La narratrice alterne entre la première et la troisième personne, dans un jeu de distance et de proximité, écrivant parfois comme une spectatrice parfois comme une actrice cette histoire douloureuse. La forme du récit n’est pas stable non plus : on voit des traces de journal intime, de notes, de contes, de poèmes comme autant de polaroïds. Cette écriture fragmentaire souligne aussi le morcellement de l’identité de l’exilé, en quête de lui-même, déchiré entre un ici étranger et un ailleurs familier.

 

L’auteur a organisé son récit de façon plutôt chronologique mais surtout en trois parties, trois naissances qui lui permettent d’accéder à son identité. Une première naissance fait d’elle une iranienne en exil, la deuxième naissance fera d’elle une française déchirée entre deux cultures. C’est finalement la troisième qui apportera la réconciliation.

 

Ce qui domine dans ce « roman » c’est la poésie de l’écriture. Chaque phrase pourrait devenir une citation. Maryam Madjidi nous entraîne dans un ballet langoureux d’images délicates, sensuelles, qui éclatent. Elle danse sur le fil, ne tombe jamais dans le pathétique et pourtant elle bouleverse son lecteur. On pleure, on rit, on s’insurge, on rêve et ne pense plus qu’à rencontrer Maryam Madjidi pour saluer son talent.

 

C’est d’ailleurs possible puisque la librairie C’est la faute à Voltaire organise une rencontre le vendredi 16 juin à 19h30 avec Maryam MADJIDI.

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{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire

Fierté! Ce mois-ci j'ai davantage lu. Mais j'ai plus acheté aussi. Damned! Je ne vais jamais m'en sortir!! Et je suis super à la bourre pour rédiger les articles...

Retrouvez la Pile à Lire de Mademoiselle Maeve sur son blog.

  • Pétage de plombs chez François 1er, Ariane D. (Prêt)
  • L'appel de Portobello road, Jérôme Attal
  • La littérature en péril, Tzvetan Todorov
  • Sur la lecture, Marcel Proust
  • Marx et la poupée, Maryam Madjidi
  • Libérez le romain qui est en vous, Jerry Toner (masse critique sur Babelio)
  • La Position, Meg Wolitzer (My Book Box)
  • Petit pays, Gaël Faye
  • Madeleine ou la parole volée, Nicole Parlange-Deschamps
  • Le chaton d'Esther, Charles Jeanne
  • Danger Ecole, Jack Koch
  • Catherine Certitude, Modiane et Sempé
  • Jeu décisif, Fabien Laudic
  • L’école de la mort, L.Barthelot, C. Bousquet, M. Caroff, B. Egémar
  • Les Watson, Jane Austen
  • Comme un roman, Daniel Pennac
  • Danger École, Jack Koch
  • Catherine Certitude, Modiano et Sempé
  • L'agence Spellman, Lisa Lutz
  • Le chaton d'Esther, Charles Laudic
  • Marx et la poupée, Maryam Madjidi (en cours)
  • Libérez le romain qui est en vous, Jerry Toner (en cours)

Ce mois-ci, j'ai eu le droit à un festival de bonnes lectures. En choisir une seule est impossible!

Donc coup de projecteur sur :

- Jeu décisif de Fabien Laudic

- Catherine Certitude de Modiano et Sempé

- L’École de la mort, L.Barthelot, C. Bousquet, M. Caroff, B. Egémar

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Bellilo'scènes #2: Le Porteur d'histoire

Hier soir, j'ai pu assister à la deuxième soirée du festival des Bellilo'scènes. Malgré la lourde chaleur, je n'ai pas un instant pu décrocher de la pièce qu'on nous proposait ce soir-là à l'espace Agnès Sorel de Loches.

 

Le Porteur d'histoire raconte une drôle d'histoire, ou plutôt des histoires - ou l'Histoire? En Algérie, deux femmes sont portées disparues. Aucune trace de violence. Ce qui s'est passé ce jour-là et bien d'autres jours avant, la quête romanesque qui a entraînée ses deux femmes dans son tourbillon, tout nous est conté par cinq acteurs sur une scène nue à l'exception de cinq tabourets et de vêtements suspendus à un portant.

 

Il est difficile de résumer l'enjeu de cette pièce. Le prologue nous indique qu'il va être question d'histoires et d'Histoire et que ses deux notions homonymes et pourtant si éloignées dans leur usage sont liées car en réalité tout est question de récit. L'aventure folle que propose le Porteur d'histoire joue sur les chronologies, la littérature, l'histoire, l'art.  C'est une fresque intense et mouvementée qui se déroule sous nos yeux ébahis sans un seul temps mort. Et pourtant, ils ne sont que cinq sur une scène vide.

En dehors d'une pièce dont la narration romanesque est maîtrisée dans les moindres détails, la grande force du spectacle repose sur le jeu des acteurs. Ils miment, modifient leur corps et leur voix et d'un simple détail vestimentaire campent un nouveau personnage et lui donnent chair. Le spectateur se trouve tour à tour dans le désert d'Algérie, dans un cimetière des Ardennes, dans une salle de bal de 1830, dans un avion, une jeep, une malle-poste... Un véritable voyage, une épopée!

Et quel plaisir de retrouver au coeur de ce(s) récit(s) Alexandre Dumas, à la fois personnage mais sans doute aussi génie tutélaire de cette pièce complètement vertigineuse.

 

Le festival des Bellilo'scènes remplit donc parfaitement son contrat: "ouvrir un espace de dialogue et de partage entre un public local et des artistes de théâtre issus du territoire français".


Le Porteur d'histoire

Pièce et mise en scène d'Alexis Michalik

Avec Patrick Blandin, Mounya Boudiaf, Amaury de Crayencour, César Méric, Justine Moulinier

Molière 2014 du Meilleur Auteur Francophone Vivant.
Molière 2014 du Meilleur Metteur en scène d’un spectacle de Théâtre Privé.
Également nommé dans la catégorie du Meilleur Spectacle du Théâtre Privé.

 

Toutes les informations sur le site du festival: http://www.lesbelliloscenes.com/

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Les Bellilo'scènes #1: Formes de femme

Hier soir, vendredi 26 mai, au terme d'une journée étouffante, je me suis rendue à l'ancienne église romane Saint-Laurent à Beaulieu-lès-loches. Dans sa fraîcheur se jouait "Formes de femme", une création du festival des Bellilo'scènes.

 

Revenons d'abord sur le festival. Il tire son nom des habitants de Beaulieu-lès-loches: Les Bellilociens et les Bellilociennes. Il s'agit ce week-end de la première édition initiée par l'association "Demain c'est loin" (clin d'oeil à une chanson d'IAM?). Cette association est née de la rencontre d'Amandine Sroussi et Elsa Tournoux, dont l'une est originaire de Beaulieu-lès-loches. L'objectif du festival est " d’ouvrir un espace de dialogue et de partage entre un public local et des artistes de théâtre issus du territoire français." En quelques sortes, c'est mettre le théâtre national à portée de la ruralité, et moi je dis banco!

 

Qu'en est-il de "Formes de femme"? Sur scène: trois comédiens incarnent et lisent des textes de Virginia Woolf (Une chambre à soi), George Sand (Histoire de ma vie) et Carole Martinez (Le domaine des murmures). Un pianiste et une chanteuse lyrique les accompagnent avec une composition de Francis Poulenc sur des poèmes de Louise de Vilmorin. D'autres morceaux ponctuent la représentation: Chopin, Debussy, Lizt... (Je me fie au programme car je ne connais malheureusement pas grand chose à la musique classique).

Je n'ai évidemment aucune prétention à réaliser ici une critique de théâtre. Je vous présenterai plutôt mes impressions et réflexions. Dans cette création, la femme est mise à l'honneur en faisant entendre quatre voix féminines. Le texte de Carole Martinez semble un peu en décalage car il ne porte pas à proprement parler de réflexion esthétique ou biographique sur la femme artiste mais il entre en écho avec certains passages de l'essai de Virginia Woolf. J'ai particulièrement apprécié le jeu des comédiens qui s'adaptait au personnage incarné: passion, réflexion, délicatesse... A noter, Virginia Woolf était jouée par un comédien et non seulement je n'ai pas trouvé cela dérangeant mais j'ai même trouvé que cela se justifiait si l'on pensait aux propos de Virginia Woolf: "Il est néfaste pour celui qui veut écrire de penser à son sexe".

Cette représentation, en plus de me donner envie de lire les oeuvres dont étaient extraits les textes, m'a surtout fait découvrir Louise de Vilmorin, poète et auteure du début du XXe siècle, femme à la biographie surprenante et qu'il serait bon de lire.

 

A mon humble avis, ce festival plein de promesses débute sous les meilleurs auspices.


 

 

 

Toutes les informations sur le site du festival (programmation, tarifs, ...) : http://www.lesbelliloscenes.com/

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Art de flâner: le festival des roses de Chédigny

Ce week-end avait lieu le 12e Festival des Roses à Chédigny, village jardin, classé Jardin Remarquable.

Les rues du village ont été aménagée à partir de 1998 par le maire Pierre Louault. L'ensemble des rues sont à présent végétalisées de rosiers surtout mais aussi de bien d'autres fleurs et plantes. Ces rues et les jardins des particuliers forment un ensemble coloré merveilleux.

A l'occasion du festival , les visiteurs déambulaient dans les rues du village, entraient dans les ateliers et maisons d'artistes, rencontraient des pépiniéristes, des rosiéristes et artisans liés aux jardins.

D'ailleurs j'ai eu un véritable coup de cœur pour le travail d'Alain Plouvier (et pour sa maison!).

 

Si vous avez raté le festival des roses, consolez-vous. Non seulement vous pouvez flâner dans les rues de Chédigny mais vous pouvez aussi découvrir le jardin du Presbytère récemment réhabilité. Derrière l'église; ce petit jardin de curé traditionnel étale ses carrés de simples, de plantes médicinales et son potager. Ce jardin est traversé par une jolie tonnelle. Pour les gourmands vous pourrez vous restaurer au salon de thé du Presbytère.

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De bons voisins de Ryan David Jahn

"Ça commence sur un parking" p.9

 

Titre: De bons voisins

Auteur: Ryan David Jahn

Éditions: Babel Noir

Date de parution: 2009

 

Ce soir-là, Kat rentre du travail mais au milieu des immeubles, sur la place juste devant chez elle, elle est victime d'une agression. Autour d'elle, de nombreux témoins observent la scène. Qui lui portera secours? 

 

Inspiré d'un fait divers, ce roman est tout-à-fait glaçant. Il met en scène une galerie de personnages lors de cette nuit précise: Kat, ses voisins, les policiers, les secouristes, l'agresseur. Chaque chapitre présente alternativement le point de vue d'un des personnages. Cette polyphonie d'abord crée une forte tension dramatique et du suspens en retardant la suite du récit. L'auteur, en effet, tisse une toile qui relie chaque personnage et se resserre autour de Kat. Pourtant, malgré l'extrême cohérence de la construction, le récit réussit à souligner l'absence de logiques des événements. C'est comme si toutes ces vies étaient à la fois parallèles et imbriquées.

La polyphonie permet aussi de mettre en scène la réalité de l'individualisme. Chaque personnage est pris dans sa propre intrigue, dans son propre récit et il n'est pas capable de s'en extraire pour voir le drame qui se joue au pied de l'immeuble. Et si tous peuvent paraître égoïstes, ils nous jettent en fait au visage leur complexité: tour à tour lumineux, tragiques, pathétiques, sombres, ridicules ou généreux.

Un roman qui s'annonce comme un policier mais qui présente en fait tous les aspects de la vie humaine.

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Jeu décisif de Fabien Laudic

Titre: Jeu décisif

Auteur: Fabien Laudic

Éditions: Edilivre

Date de parution: 2017

 

En général, je me méfie de l'auto-édition. Peut-être par snobisme. Mais là ce roman m'a été prêté par une collègue et c'était pour moi un gage de qualité.

 

Le temps d'une soirée pour célébrer le départ en retraite de Serge, sont réunis ses collègues et amis. Les esprits divaguent, les conversations se tissent et se détissent autour de la piscine. Autour de tous les invités plane le fantôme de Stefan.

 

On ne lit pas ce roman pour l'intrigue, on le lit pour le style! Les premières lignes du roman sont tracées au cordeau: net, vif, comme de grands aplats contrastés de peinture. On m'a soufflé que l'inspiration venait de Edward Hopper et c'est une évidence. Le récit, quant à lui, se construit comme une tragédie classique: un prologue, cinq actes, un épilogue, une unité de temps et de lieu. Toujours ce goût pour le ciselé. Pourtant les personnages, une belle galerie, demeurent énigmatiques, malgré les plongées dans la psyché de chacun. La parole comme la pensée passe et rebondit de personnage en personnage comme une balle de tennis. Et cela tombe bien car la métaphore du tennis apparaît comme la métaphore centrale dans ce roman. Reste une impression d'obscurité, de mouvement et de mystère un peu baroque.

Cette lecture m'a fait un drôle d'effet: j'étais à la fois subjuguée par le style maîtrisé et en même temps frustrée par ce récit qui échappait et glissait parfois hors de ma portée.

Morning Sun, Edward Hopper. Huile sur toile, 1952. Colombus Museum of Art
Morning Sun, Edward Hopper. Huile sur toile, 1952. Colombus Museum of Art
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Poppy Pym et la malédiction du Pharaon de Laura Wood

"Eh bien les histoires sont comme les vers de terre: on ne peut pas toujours faire la différence entre les deux bouts" (p. 13)

 

Titre: Poppy Pym et la malédiction du pharaon

Auteur: Laura Wood

Éditions: Seuil

Date de parution: mars 2016

Public : entre 8 et 12 ans

 

Avec sa couverture rouge et dorée et son titre intriguant, ce roman a tout de suite attiré mon attention.

 

Poppy est une petite fille a qui été découverte, quand elle était bébé, au fond du chapeau d'un magicien de cirque. Aussitôt adoptée, elle grandit au milieu de cette troupe composée d'artistes un peu foldingues. Mais un jour, Pétronille Pym, sa mère adoptive, décide qu'il est temps que Poppy quitte le cirque pour intégrer une véritable école: Saint Smithen. L'adaptation n'est pas facile pour Poppy mais elle se fait vite des amis. Lorsque l'école accueille une exposition égyptienne, Poppy sent le mystère se rapprocher. Elle décide de mettre en oeuvre ses talents d'enquêtrice.

 

Malgré quelques lieux communs et des ficelles une peu faciles dans l'écriture, ce roman propose une intrigue agréable et intéressante. Non seulement le suspens est maintenu jusqu'au bout mais en plus il est teinté d'humour. A de nombreuses reprises, j'ai eu l'impression de retrouver l'ambiance un peu vintage des romans de la bibliothèque verte. En effet, Poppy Pym s'inscrit dans la lignée des romans d'aventures policières pour enfants.

L'intrigue est porté par un personnage très original. Poppy incarne la gaieté et la légèreté liées à l'univers de cirque dans sa dimension enfantine. D'ailleurs, cet univers oscille entre fantastique et rationnel, gardant tout son mystère et intriguant le lecteur. 

On retrouve dans ce roman les éléments du roman pour la jeunesse: la mise en scène de l'amitié dans un groupe de jeunes adolescents, la question de l'identité et l'intégration.... De plus, les personnages principaux mettent en oeuvre leur astuce et intrépidité pour venir à bout de l'énigme.

A noter, le travail d'édition est impressionnant. Au-delà de la couverture au lettrage doré, l'intérieur du roman contient des illustrations représentant des documents que le personnage fourni à son lecteur pour une meilleure compréhension. Cela offre une sorte d'interactivité charmante.

Certains éléments du livre restent ébauchés, annonçant une suite qui permettra d'approfondir certains personnages secondaires un peu énigmatiques.

 

 Un agréable moment de lecture qui plaira sûrement aux jeunes lecteurs!


Je tiens à remercier l'opération Masse critique de Babelio et les éditions Seuil pour l'envoi de ce roman.

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Alamut de Vladimir Bartol

"Nous espérons en vain une réponse, les étoiles au-dessus de nous se taisent" (p.578)

 

Titre: Alamut

Auteur: Vladimir Bartol

Éditions: Libretto

Date de parution: 2012

 

Il y a des livres qu'on saisit sur une table de librairie sans vraiment savoir pourquoi. La couverture peut-être et sa construction orientalisante étrange.

 

Alamut c'est le nom d'une citadelle d'Iran dont Hassan Ibn Sabbah a fait son fief. Dans cette forteresse, il forme une armée de jeunes gens prêts à mourir pour lui, leur prophète capable de leur ouvrir les portes du paradis.

 

Si le roman prend le nom de la forteresse, c'est bien parce qu'elle est le personnage principal du roman. Les nombreux personnages qui s'y croisent ne font que construire, chacun à leur façon, sa légende. 

Le roman s'ouvre sur l'arrivée d'Halima, une jeune fille, dans un étrange harem sous la direction de la mystérieuse Myriam. S'installe alors une atmosphère merveilleuse de conte oriental. Dans les jardins, au milieu de leurs jeux, les jeunes filles sont éduquées aux arts, tous les arts, même ceux de l'amour, en toute innocence.

D'un autre côté, le jeune Ibn Tahir devient fedayin avec ses camarades Suleyman et Yusuf. Eux aussi sont éduqués: religion, arts de la guerre, résistance physique. De ce côté, l'atmosphère est beaucoup plus épique. Ces deux univers semblent s'opposer mais sont reliés par l'énigmatique figure d'Hassan Ibn Sabbâh, que les fidèles appellent Seïduna.

 

Ce roman entraîne le lecteur dans un récit dépaysant et envoûtant, dans un orient à la fois fantasmé par la tradition littéraire et réaliste par l'emploi d'un vocabulaire très précis. En tout cas, le suspens est maintenu jusqu'au bout grâce à des rebondissements inattendus.

Mais loin d'être seulement un roman "historique", ce roman est surtout l'occasion d'une réflexion philosophique, politique et religieuse. Autour du thème de la religion s'articule la question du  gouvernement des hommes, dans un développement à la fois lucide et cynique, qui pourrait presque entrer en écho avec des œuvres comme Le Prince de Machiavel ou encore Le Discours de la servitude volontaire de La Boétie.

Mais l'intrigue de ce roman entre aussi douloureusement en écho avec l'actualité car elle met en scène les mécanismes de l'embrigadement religieux.

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{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire - Avril

Comme depuis le mois de janvier, je poursuis vainement ma quête: vaincre ma monstrueuse Pile à Lire en compagnie de mon amie Maeve dont je reprends le challenge et de Natiora, une autre blogueuse tourangelle.

 

Ce mois-ci, je n'ai rien pour me justifier. Il faut juste que j'assume que c'est du grand n'importe quoi, un fiasco total! J'ai lu aussi vite qu'un escargot sous Lexomil...

  • Alamut, Vladimir Bartol
  • Stardust, Neil Gaiman
  • Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux
  • Poppy Pym et la malédiction du Pharaon, Laura Wood
  • L'Indien de la Tour Eiffel, Fred Bernard et François Roca
  • Les derniers géants, François Place
  • Emma, Jane Austen (journée des libraires...)
  • Mansfield Park, Jane Austen (journée des libraires...)
  • Les Watson, Jane Austen (journée des libraires...)
  • Le Gang des rêves, Luca di Fulvio
  • Les Disparus de Clairdelune, Christelle Dabos (la faute à la sortie prochaine du tome 3!!)
  • Poppy Pym et la malédiction du Pharaon, Laura Wood (Masse critique)
  • La Fontaine, Molière, La Plume et le masque, Gilles de Becdelièvre (prêt)
  • Les attentats expliqués aux enfants et aux grands aussi parfois (don)
  • Le Mystère Henry Pick, David Foenkinos (prêt)
  • Germania, Harold Gilbers (prêt)
  • Jeu décisif, Fabien Laudic (prêt) - en cours de lecture
  • Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux (emprunt)
  • L'Indien de la Tour Eiffel, Fred Bernard et François Roca (emprunt)
  • Les derniers géants, François Place (emprunt)

 

Vous pouvez constater sans peine que le bilan n'est pas positif. Je ne m'en sors pas!

 

 

Mon livre préféré ce mois-ci est Alamut de Vladimir Bartol. Je vous en reparle bientôt sur le blog dans un "point lecture".

 

Ma déception du mois est Stardust de Neil Gaiman. Une lecture divertissante et légère mais pas à la hauteur de ce que j'attends quand je me plonge dans un roman de cet auteur si talentueux.

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Pline, la nouvelle série manga de Mari Yamazaki

Titre: Pline, Tome 1: L'appel de Néron/ Tome 2: Les rues de Rome.

Auteur: Mari Yamazaki et Tori Miki

Éditions: Casterman

Date de parution: à partir de janvier 2017

 

 

Aujourd’hui je voudrais vous parler de mangas et ce que je vais vous présenter est un petit bijou.

 

 Mari Yamazaki est une mangaka japonaise principalement connue pour sa série Thermae Romae (thermes romains 2012-2014) qu’elle scénarise et dessine. Ce manga met en scène Lucius Modestus, un jeune architecte romain vivant à l’époque de l’empereur Hadrien. Celui-ci, à la suite de chute ou d’aspirations étranges dans les bains romains, se retrouve au pays des « visages plats », c’est-à-dire dans le Japon moderne. Il y découvre chaque fois des inventions ou des techniques ingénieuses qu’il met en application lorsqu’il est de retour chez lui.

 

En janvier 2017, Mari Yamazaki récidive et associée à Tori Miki, présente une nouvelle série sobrement appelée Pline .

La série s’ouvre sur le 24 août 79. L’éruption du Vésuve que l’on prenait pour une montagne terrorise la baie de Naples mais suscite la curiosité de Pline qui s’attarde pour observer le phénomène. Son scribe Euclès se souvient de leur rencontre 20 ans plus tôt en Sicile après une éruption de l’Etna. Le lecteur reprend alors le fil de la vie de Pline à travers le regard de son scribe.

 

En dehors du fait que j’ai un attachement personnel et particulier pour Pline, cette série vaut vraiment le détour.

D’abord les dessins. Loin d’avoir la naïveté et la grossièreté que l’on reproche parfois à la veine manga, ici ils sont nets, fouillés et réalistes. Les représentations architecturales sont splendides et impressionnantes et pourraient rappeler les dessins de Jacques Martin pour les nostalgiques d’Alix.

Ensuite le personnage. Pline l’Ancien était un intellectuel romain, naturaliste et écrivain, auteur d’une œuvre encyclopédique appelée L’Histoire Naturelle qui compte 37 volumes. Pline y dresse un état des lieux de toutes les connaissances qu’il a accumulé en médecine, sciences naturelles, métallurgie, géographie, astronomie, anthropologie. La liste est longue! Resté longtemps une référence en sciences et en techniques, on lui a reproché par la suite de donné du crédit à des superstitions et de ne pas avoir d’esprit critique puisqu’il rapporte tout ce qu’il a lu ou entendu dire. Si la mort de Pline est parfaitement documentée puisque racontée dans ses moindres détails par son neveu Pline le Jeune dans une célèbre lettre à l'historien Tacite, sa vie en revanche est assez peu connue. Cela laisse alors une grande liberté à l’auteure pour combler les vides. Pline apparaît ici comme un personnage à la fois savant, drôle et attachant.

Enfin l’histoire. Pline a vécu sous le règne de Néron. Or ce règne est particulièrement propice aux intrigues romanesques, si l'on pense à l'incendie de Rome ou encore aux multiples assassinats dont il aurait été coupable.

 

J’ai particulièrement apprécié « le charivari de Mari et Tori ». Ce dialogue entre les auteurs à la fin des tomes nous permet d’en apprendre davantage sur le processus de création. Ils dressent ainsi un parallèle entre l’Histoire Naturelle de Pline et le Shanhaijing, le « livre des monts et des mers » composé pendant l’Antiquité chinoise. Mais surtout, dès le début de la conversation, Mari Yamazaki situe l’origine du manga dans le séisme de mars 2011 (Fukushima). Elle continue ainsi sa comparaison des civilisations japonaise et romaine initiée dans Thermae Romae.


Vous pouvez retrouver cette chronique sur le podcast de l'émission "N'écoute pas les idoles" diffusée sur Radio Béton.

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[Tours'reine] La Vie de château au Château du Rivau.

"The Knight's expectation without false fold" Karine Marenne
"The Knight's expectation without false fold" Karine Marenne
Marie Hendriks
Marie Hendriks

Découvert l'été dernier avec les blogueuses de Tours (vous pouvez aller voir ici mon billet), j'apprécie suivre l'actualité du Château du Rivau. J'ai eu un véritable coup de coeur pour cet endroit merveilleux, au sens presque littéraire du terme, parce qu'il réveille en moi l'esprit d'enfance tout en me permettant de développer mon goût de plus en plus prononcé pour l'art.

 

Lorsque j'ai reçu la newletter annonçant l'ouverture de la nouvelle exposition temporaire, je n'ai pas hésité une seconde pour me précipiter au château.

"Princesses chevelues" Élodie Antoine
"Princesses chevelues" Élodie Antoine

Le thème actuel s'intitule "La vie de château" et permet aux artistes de revisiter le large spectre du thème: contes de fée, merveilleux, médiévisme, histoire de l'art, mode, personnages du prince et de la princesse... Dans les huit salles du châteaux se côtoient photographies, dessins, peintures, sculptures, vidéos, installations. Cet ensemble crée un univers poétique et étrange qui n'est pas sans humour et ironie grinçante. Si la démarche des artistes n'est pas toujours accessible aux premiers abords, elle interroge tout de même le visiteur. Chacun rencontre l’œuvre à sa manière: les enfants racontent à leur parents les histoires que leur suggèrent les œuvres, les adultes cherchent du sens, discutent, échafaudent des hypothèses ou, à la manière de leurs enfants, créent des histoires autour des œuvres. Pour les plus curieux, ceux en quête de sens et de réflexions artistiques, des fiches sont à disposition dans chaque salle. Elles expliquent en termes simples et compréhensibles la démarche des artistes et leur interprétation du thème donné.

"Ondine" Karine Bonneval
"Ondine" Karine Bonneval

Ce que j'aime particulièrement dans ce château, en dehors de l'onirisme ambiant qui me fait m'y sentir comme chez moi, c'est la disponibilité des œuvres contemporaines. Parfois, souvent même, dans les musées d'art contemporain, je me sens une étrangère, exclue du sens, comme si j'étais trop stupide pour comprendre ou pour apprécier. Au château du Rivau, rien de tout cela. L’œuvre s'intègre au décor et n'est pas disposée de façon hiératique sur un grand mur blanc et froid. Au contraire, tout y est chaleureux, étrange et accueillant. J'aime déambuler dans les salles, écouter les enfants et leurs parents, laisser divaguer mon imagination, ou me poser devant une œuvre et m'en imprégner.


Je ne vous livrerai pas ici d'analyse des œuvres, même si j'en meurs d'envie. D'abord mes photos ne rendent pas justice aux œuvres et puis je préfère travailler de manière approfondie dessus avant d'en dire quoi que ce soit.

Par contre, si vous voulez une présentation détaillée, rendez-vous sur le site du château sur la page de l'exposition 2017.

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Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

"J'ai refermé ce livre avec un sentiment bizarre. Je me demandais ce que l'auteur avait voulu dire exactement. Mais c'est justement ce "je ne sais pas ce que l'auteur a voulu dire exactement" qui m'a laissé la plus forte impression" p.142

 

Titre: Kafka sur le rivage

Auteur: Haruki Murakami

Édition: Éditions 10/18

Date de parution: 2006

 

C'est le troisième roman de Murakami que je lis. Après 1Q84 et La fin du monde, j'ai eu envie de lire plus de romans de cet auteur afin de mieux comprendre son univers et son écriture qui me semble s'échapper à chaque lecture.

 

Kafka Tamura est un jeune garçon qui fuit une malédiction paternelle et trouve refuge dans une bibliothèque auprès de Mlle Saeki et d'Oshima. D'un autre côté, Nakata, un vieil homme étrange, accompagné d'Hoshino cherche la pierre de l'entrée à tout prix. Ces deux personnages, sans jamais se croiser, vont tisser une histoire commune.

 

Autant vous le dire tout de suite, rédiger cet article est un calvaire. Je ne sais pas par quel bout le prendre pour rendre compte de ma lecture et je risque d'être confuse. Ce roman m'a posé le même problème que les deux autres lus auparavant: je me sens abandonnée sur le chemin narratif. Je m'explique.

 

Les ingrédients récurrents

 

- Comme les deux autres romans que j'ai pu lire, Kafka sur le rivage tisse deux intrigues séparées qui se rejoignent implicitement (ou explicitement) et se complètent. Ici, il s'agit d'un récit à la première personne mettant en scène le jeune Kafka et un autre raconté à la troisième personne suivant le parcours de Nakata.

- Les deux récits oscillent entre contemporain, fantastique et merveilleux avec des éléments aussi étranges que des chats qui parlent, des fantômes, des mondes hors du temps. On parle souvent à ce sujet de réalisme magique. La notion de « réalisme magique », selon Larousse, a été mise en place en 1925 par la critique d'art allemande à propos de toiles post-expressionnistes. Aujourd'hui, cette notion est revendiquée par certains auteurs hispano-américains. L'écrivain tenterait de défaire le réel auquel il est confronté afin de découvrir ce qu'il y a de mystérieux dans les choses, la vie et les actions humaines. Refusant le vraisemblable codé autant que l'ambiguïté fantastique, il tente de capter, de l'intérieur, le mystère palpitant des choses dans une visée à caractère ludique.

- Les deux récits, celui de Kafka comme celui de Nakata, se présentent comme des récits initiatiques. Les deux personnages cherchent à s'accomplir à travers le destin.

- Des références culturelles nombreuses et précises: Beethoven, Haydn, Oedipe, Kafka, Tchekov...

 

Les éléments qui me tracassent

 

Murakami ne donne aucune explication. Évidemment, on pourrait me rétorquer que c'est le principe même du fantastique et cela serait juste. Mais je ne parle pas des explications aux phénomènes fantastiques mais plutôt des éléments de la dramaturgie. En effet, chaque élément du récit ouvre des arcs narratifs et crée des horizons d'attente. D'ailleurs à ce sujet, Murakami renvoie à l'écrivain russe Anton Tchékhov qui aurait écrit: "Si un révolver apparaît dans une histoire, à un moment donné, il faut que quelqu'un s'en serve." Or il me semble que Murakami ne respecte pas cette règle. Et c'est très frustrant car il laisse certains arcs narratifs ouverts et n'explique jamais le rôle de ces éléments.

Néanmoins, si cette narration est frustrante pour le lecteur, elle en fait un participant actif au sens du récit.

 

Finalement, la force de Murakami c'est son écriture qui réussit à nous transporter jusqu'aux dernières pages sans un instant de relâchement.


Pour approfondir et pour lire une analyse comparée entre 1Q84 et Kafka sur le rivage, rendez-vous sur Littexpress.

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{Événement} L'Histoire de l'Art au Féminin - l'exposition photo.

Crédit photo: Philippe Lucchese
Crédit photo: Philippe Lucchese

Jeudi 13 avril, j'ai eu la chance d'assister au vernissage de l'exposition "L'histoire de l'Art au féminin".

Pour être honnête, j'y étais plus par opportunisme car les copines blogueuses s'y rendaient. Mais quand je suis rentrée dans la salle, je fus immédiatement impressionnée par les grands yeux expressifs du portrait qui nous accueillait en face de la porte d'entrée. Cette réinterprétation féminine du Désespéré de Gustave Courbet m'a plongée directement dans le thème de l'exposition.

 

A travers ces photographies, Philippe Lucchese rend hommage à la femme et à l'art. Le projet est limpide, même pour le néophyte: revisiter par la photographie les grandes œuvres de la peinture et de la sculpture en ne travaillant qu'avec des femmes et en assumant les signes du XXIème siècle. Les séances photos ont aussi eu lieu dans des lieux symboliques: le clos Lucé, l'ancienne maison close l’Étoile bleue ou encore le château de l'Islette qui a accueilli les amours de Camille Claudel et Rodin.

 

 Qu'est-ce que j'ai aimé dans cette exposition?

- La facilité d'accès au sens du projet qui permet une vraie lecture des oeuvres. Un point en plus pour les notices courtes et efficaces qui permettent au spectateur d'aller à l'essentiel. Pas de pédanterie, pas de posture, pas de chichis.

- Le plaisir de la reconnaissance des grandes oeuvres. Déjà, parce qu'on se sent à la fois très cultivé et perspicace mais surtout parce que j'ai eu l'impression de déambuler dans un musée imaginaire. Ce jeu d'échos, de reconnaissances, de décalages m'a transportée dans un musée fantasmé où le photographe avait disposé ses toiles préférées volées aux plus grands musées, à portée d’œil, presque à domicile.

- La réécriture de l'histoire de l'art à travers la femme. On pourrait penser que la démarche est féministe et engagée mais je l'ai plutôt perçue comme un hommage. La multiplicité de la femme y trouve son illustration: femme-mère, femme-icône, femme-universelle, femme-prophète, femme-tyran, femme-eros. Toute l'humanité de la femme transparaît dans ces photographies.

- Le corps de la femme sous toutes ses formes qui s'expose, même dans sa nudité sans jamais que cela soit une fin en soi.

- L'humour des clins d’œil: à la fois amusants et impertinents, les clins d’œil sont à dénicher en regardant de près les photographies.

- La muséographie. Il faut déjà noter que l'hôtel Goüin est à lui seul une œuvre d'art. La mise en lumière des photographies est aussi très agréable. En effet, ni brillance ni reflet. Les photographies sont imprimées sur une sorte de toile qui les rend mates et les rapproche de la toile des tableaux. Je ne sais pas à qui l'on doit la disposition, peut-être au photographe lui-même mais quelle mise en scène! A la fois théâtrale et évidente!  Mais j'ai eu la sensation d'un crescendo dans la disposition des œuvres. Et en effet, le spectateur est invité à monter les deux étages de l'hôtel Goüin. A chaque fois, et ce malgré la foule présente au vernissage, je me suis sentie assez libre de déambuler à ma guise, de m'approcher, de choisir les angles de vue. Cela permet une proximité, je dirais même une intimité plus intense avec les œuvres. Et puis, le clou du spectacle qui vous fait emprunter un escalier étroit et qui vous conduit à un dispositif étrange: vous regardez par le trou de la serrure, vous vous faîtes un instant voyeur et vous découvrez L'Origine du monde de Courbet, revu par Philippe Lucchese. Et cela donne une réflexion plutôt riche sur le rapport du spectateur à l'art et une réflexion plus moderne sur les réseaux sociaux. Chapeau l'artiste!

 

Vous pourrez retrouver un peu partout dans la presse les œuvres les plus impressionnantes. Pour ma part, je vous sélectionne quelques photographies parmi mes préférées: celles qui m'ont émue plus qu'impressionnée...


Informations complémentaires

Hôtel Goüin

25 rue du commerce - 37000 TOURS

Du 14 avril au 14 mai 2017

Du jeudi au dimanche 14h à 19h

Sur le site de Philippe Lucchese, retrouvez toutes les oeuvres ainsi que des making-of: http://philippelucchesephoto.com/

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Le mystère de la maison du Puy de Françoise Miard-Muller

"Ne ferais-je pas un bon policier?"

 

Titre: Le mystère de la maison du Puy

Auteur: Françoise Miard-Muller

Editions: Ex Aequo

Date de parution: Novembre 2016

 

Dimanche, je suis allée faire un petit tour au salon du polar de Loches. J'y ai rencontré Françoise Miard-Muller qui m'a présenté son roman policier historique. J'ai été si intriguée que je suis repartie avec le roman sous le bras.

 

Victorine, une jeune veuve, reçoit deux lettres surprenantes qui la poussent à quitter la torpeur de son deuil. De villes en villes, le chemin de Victorine se charge de mort étranges et violentes à mesure qu'elle avance vers un secret bien enfoui.

 

L'argument de vente le plus efficace parmi tous ceux de Françoise Miard-Muller est la période historique dans laquelle s'inscrit ce roman. L'histoire débute en février 1853, date à laquelle Paris Haussmannien n'a pas encore vu le jour. Victorine nous entraîne donc dans un Paris sur le point de disparaître, passant des quartiers chics aux rues populaires et gouailleuses. Mais Victorine parcourt aussi la campagne française en se rendant au Puy (en Velay) auprès de dentellières. Le récit présente une foule de détails qui rendent chaque scène très réelle. L'auteur s'applique à rendre les sensations, les bruits et les odeurs de l'époque avec une précision méticuleuse. D'ailleurs, au texte s'ajoutent des notes de bas de page qui apportent un complément d'informations.

 

L'intrigue romanesque n'est pas en reste. En effet, elle se noue progressivement et maintient le suspens jusqu'au bout. Le lecteur suit les pérégrinations de Victorine avec inquiétude car on s'attache très rapidement à ce personnage. J'ai tellement été prise par l'histoire que je suis presque restée sur ma faim. En effet, Victorine et les personnages secondaires auraient mérités des approfondissements aussi fouillés et précis que le contexte historique. J'ai parfois eu l'impression que l'énigme avait été moins travaillée que le contexte. Les tableaux parisiens et provinciaux sont d'une telle netteté que l'intrigue paraît parfois superficielle, en particulier dans sa résolution.

 

Pour un premier roman, Le Mystère de la maison du Puy est une bonne surprise. L'auteur m'ayant confié qu'une suite était en préparation, j'ai hâte d'en savoir plus sur la jeune Victorine.

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La Petite Communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon

"Elle grignote l’impossible, le range de côté pour laisser de la place à la suite, toujours la suite". (p. 77)

 

Titre: La Petite Communiste qui ne souriait jamais

Auteur: Lola Lafon

Éditions: Actes Sud

Date de parution: Novembre 2016

 

Cela faisait un petit moment que je tournais autour de ce titre. Il avait même été sélectionné dans la boîte n°2 de My Book Box « D’autres vies que la mienne ». Et puis quand j’ai vu la couverture dorée de la nouvelle édition, j’ai craqué et je l’ai mis dans mon panier. Cela tombait bien puisque mes comparses Maeve et Carole l’avaient aussi dans leur PAL. Nous avons donc toutes les trois lus ce roman en parallèle.

 

La petite communiste qui ne souriait jamais c’est Nadia C., célèbre gymnaste qui en 1976, aux Jeux Olympiques de Montréal transforma complètement la pratique de la gymnastique à seulement 14 ans. Mais il s’agit surtout d’une gymnaste roumaine qui a grandi au temps de la dictature de Ceausescu.

 

L'écriture de la gymnastique

 

Je dois être honnête, je ne m’attendais à rien avec ce livre. Les échos que j’en avais eu étaient nuancés et réservés. Aux premières pages, j’ai été enchaînée au récit. Lola Lafon réussit à rendre, avec une concision efficace, la grâce sèche de la gymnastique. J’en arrivais à sentir l’odeur âcre de la magnésie, à entendre le tambourinement sourd des figures acrobatiques réalisées au sol ou encore le craquement métallique de la poutre, le grincement de la barre qui ploie. Je ne sais si c’est le talent de l’auteur ou si mes souvenirs sont toujours si proches d’affleurer que la moindre évocation les réveille. Toujours est-il que les premières pages m’ont donné des frissons. Je me rappelais distinctement le maillot blanc de Nadia Comaneci. Cette gymnaste a hanté mon enfance. Elle en était la figure mythique.

 

Le récit retrace le parcours de Nadia Comaneci. Rien de surprenant dans la suite des événements qui ressemblent à peu près au scénario du téléfilm que j’ai pu voir enfant. Mais l’ambition de l’auteur est d’offrir un contrepoint à ce scénario bien ficelé que l’on nous sert depuis toujours. Qui était vraiment Nadia ? Pour cela, l’auteur intègre des « conversations » fictives entre elle et Nadia qui lui permettraient de combler les vides. C’est à la fois intéressant de donner voix à Nadia mais aussi déconcertant puisque fictif. En réalité, on ne sort jamais de la fiction sur Nadia ; tout est théâtralisé, à l’image du régime roumain mis en place par Ceausescu.

 

Histoire, politique ou sport?

 

Je crois qu’il y a deux lectures possibles à ce récit : une historique, mise en avant par la couverture originale et une plus gymnique comme le laisse supposer la nouvelle couverture. Or c’est la lecture gymnique que je privilégie. Lola Lafon retranscrit par des figures de style aériennes et un style parfois sec et rythmé toute la force et la violence de ce sport. A travers la gymnastique, c’est l’image de la femme qui est interrogée. Le corps de Nadia est exposé, analysé, pesé, jugé, observé. Évidemment, cela a réveillé en moi des souvenirs, des malaises mais la réflexion à mener est bien plus globale.

 

En fait, si Nadia est mythique, c’est qu’aucun discours n’arrive à rendre compte de ce qu’elle est. C’est ce que prouve ce récit. Ni le discours officiel, ni le discours romancé ne parviennent à saisir les parts d’ombre de cette femme. Elle reste donc une icône, figée et glacée. Et n’est-ce pas là la seule vérité ? "Ne me cherchez pas car je suis nulle part" conclut l'énigmatique Nadia.


Pour voir les avis de mes copines blogueuses Carole (Un enfant qui lit) et Maeve (Mademoiselle Maeve), rendez-vous chez Maeve!

 

Leurs avis constituent un contrepoint très intéressant à mon avis. ;)

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{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire - Mars

Ce mois-ci j'ai été plutôt raisonnable dans mes achats mais mon rythme de lecture est assez lent. Autant dire que ma Pile à Lire reste inchangée...

  • Le mystère de la maison du Puy, Françoise Miard-Muller
  • L'affaire Sherlock H., Petits Contes à régler T.2, Gaël Bordet
  • La Petite Communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon
  • Thermae Romae 1-2, Mari Yamazaki
  • Pline 1 & 2, Mari Yamazaki
  • Le mystère de la maison du Puy, Françoise Miard-Muller
  • Thermae Romae 1-2, Mari Yamazaki
  • Pline 1 & 2, Mari Yamazaki
  • N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures, Paola Pigani (My Book Box)
  • Arsenic for Tea, Robin Stevens (livre en VO)
  • Lady Susan & other works, Jane Austen (livre VO)
  • Fantastic Beasts and where to find them, J.K. Rowling (livre en VO)

Ce mois-ci mon livre préféré fut La Petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon. Une superbe découverte.

Les chroniques des livres lus devraient arriver sur le blog. Aussi tôt que possible...

Et vous, où en êtes-vous de vos Piles à Lire?

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{Archives} Petits contes à régler - Le Cas Rubis C. de Gaël Bordet

 

Voici sorti de mes archives, un ancien billet sur un roman jeunesse. J'ai enfin lu le tome 2 et la chronique arrive bientôt sur le blog!

 

 

Quatre adolescents, Jason, Hector, Sybille et Helen sont des agents du Cyclone. Leur mission est d'infiltrer les mythes et contes de fées pour enquêter. Rubis C., du monde des contes, est retrouvée inanimée dans la forêt de Fontainebleau. Nos héros devront mener leurs recherches sur ce phénomène dans les royaumes de Perrault où règne la froide Cendrillon.

 

Cette lecture distrayante met en scène avec humour les contes et les mythes de notre fond culturel commun comme nous le montre d'emblée le nom des personnages qui ne sont pas sans évoquer le fameux Jason grec, Helène de Troie, Hector le Troyen, et la sibylle de Cûmes. On y trouve certaines idées ingénieuses et sympathiques. D'ailleurs le royaume de Perrault et son originalité se laisse découvrir avec plaisir. L'énigme, quant à elle, est intéressante, bien menée et nous tient en haleine jusqu'au bout. Une deuxième affaire qui promet d'être intéressante se dessine aussi en cours de route et nous laisse entendre qu'il y aura une suite.

Le seul défaut, et pas des moindres, reste sans doute le peu d'originalité des personnages. Leur psychologie est cousue de fil blanc et assez traditionnelle pour de la littérature jeunesse: la jeune rebelle au grand coeur, le beau garçon mystérieux... Encore un roman où on tombe amoureux d'un seul coup, où tout est sans nuance, trop vite amené.

Bref, une idée originale mais qui manque de finesse dans l'écriture. Ce n'est pas parce que c'est de la jeunesse qu'il faut sacrifier la psychologie des personnages à l'efficacité de l'action. J'espère que la suite gagnera en maturité car l'idée de départ est vraiment à conserver.

 

 

 

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{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire - Février

Bon, ce mois-ci, c'est du grand n'importe quoi! Autant vous le dire tout de suite: un échec majeur s'annonce...

  • Villa du crépuscule, Jesse Browner
  • Kafka sur le rivage, Haruki Murakami
  • Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, Raphaëlle Giordano
  • Les mesures du temps, Gabella-Audibert
  • Du sang sur Rome, Steven Saylor (prêt)
  • Spellman et associés, Liza Lutz (prêt)
  • Chanson douce, Leïla Slimani (prêt)
  • Quartier lointain Tome 1 et 2, Jirô Taniguichi (prêt)
  • La femme qui se cognait dans les portes, Roddy Doyle
  • Mille femmes blanches, Jim Fergus
  • Les mémoires du temps, Gabella-Audibert
  • Venenum, Charlotte Bousquet
  • Wiggins et la nuit de l'éclipse, Béatrice Nicomède
  • L'Ecole de la mort, L. Bathelot, C. Bousquet, M. Caroff, B. Egémar
  • Songe à la douceur, Clémentine Beauvais
  • Princesses des os, Charlotte Bousquet

Pas de réel coup de coeur ce mois-ci. Mon livre préféré parmi ceux lus ce mois-ci est:

  • Kafka sur le rivage, Haruki Murakami
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Le Coeur de l'ombre de Marco d'Amico et Laura Iorio

Dans la plus profonde obscurité, il suffit qu'un point de lumière brille...

 

Titre: Le Coeur de l'ombre

Scénario: Marco d'Amico et Laura Iorio

Dessin: Laura Iorio

Éditions: Dargaud

Date de parution: 29 avril 2016

 

Luc est un petit garçon peureux. Il a vraiment peur de tout mais ce n'est pas vraiment de sa faute. Il grandit entre une mère qui le couve parce que sa fille aînée a disparu dix ans auparavant, et une grand-mère foldingue qui le berce d'histoires atroces sur l'Uomo Nero, un croque-mitaine italien. Oui, mais voilà: l'Uomo Nero rend visite chaque nuit au petit Luc et le terrorise. Or, une nuit l'Uomo Nero emporte Luc avec lui dans le Royaume des Ombres.

 

Le Cœur de l'Ombre raconte le parcours initiatique de Luc qui doit affronter ses peurs. Pour cela, guidé par l'Uomo Nero, il doit affronter des moments sombres et inquiétants en voyageant dans un univers fantasmatique et extraordinaire à travers les mythologies du monde.

L'univers de la bande-dessinée est d'une richesse époustouflante tant par la mythologie complexe qui y est développées que par son dessin étrange. D'abord surprise et déstabilisée par les traits de Laura Iorio, j'ai fini par être séduite par l'alliance d'obscurité et de la clarté. Il y a de la vivacité dans les traits, une force qui entraîne le lecteur plus avant dans l'obscurité de la peur.

L'ambiance étrangement angoissante, à la Tim Burton, est finalement le reflet de nos peurs enfantines. Dans toute cette noirceur, les auteurs instillent de la légèreté avec le personnage de la grand-mère, personnage incarnant une forme de sagesse puisqu'elle semble avoir une longueur d'avance sur tous les autres personnages.

 

Un pur bijou!

 

 

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La villa du crépuscule de Jesse Browner

"Dépêche-toi de vivre, dit la Mort. J'arrive."

 

Titre: Villa du crépuscule

Auteur: Jesse Browner

Éditions: Libretto

Date de parution: 3 janvier 2017

 

Pétrone doit mourir car il sera bientôt condamné par Néron. Il a donc prévu de se suicider lentement au cours de son dernier banquet. C'est l'occasion pour lui d'essayer de composer sa réputation posthume. Durant cette longue nuit, Pétrone va suivre le fil de sa mémoire et à l'aide de la philosophie tenter de lutter contre la vie qui s'accroche.

 

Les dernières heures d'un Romain

 

Ce roman s'inscrit dans un cadre antique: l'empire néronien. Si ce contexte historique est précis et très documenté (à part quelques détails qui me turlupinent), il ne sert finalement que de prétexte à une étude humaine délicate. Pétrone ne s'attarde pas sur son parcours politique auprès de Néron, ni même sur sa jeunesse ou sur son cursus honorum (son parcours politique). Quand il remonte le fil  de ses souvenirs, ce n'est que pour se perdre dans ses amours avec Mélissa. Je me demande quand même s'il s'agit d'amour. Devant Mélissa Silia, Pétrone n'est plus qu'un homme dont toutes les valeurs viriles s'anéantissent. Mélissa semble un mystère douloureusement irrésolu pour Pétrone, tout comme ses propres émotions lui semblent mélancoliquement étrangères dans les bras de cette femme.

 

Les dernières heures d'un homme

 

Finalement dans cette dernière nuit, tout est empreint d'une forme d'inachèvement: le banquet lui-même échappe d'une certaine façon à Pétrone. Et si je m'attendais à un dîner à la manière de Trimalcion, j'ai eu la plaisante surprise de trouver un repas qui achoppe, qui bute et qui se dérobe avec plus de naturel. La tristesse marque ce dîner et les dernières heures de Pétrone, bien loin de l'image stoïque des Romains.

Le roman est porté par une écriture gracieuse et mélancolique qui se déploie pour tenter de saisir les derniers instants d'un homme dont la sensibilité s'aiguise et qui revient à l'essence de lui-même, un être pensant face au monde.


Je remercie les éditions Libretto et Babelio de m'avoir envoyé ce livre pour l'opération Masse Critique.

 

Pour en savoir plus, suivez les liens.

Les éditions Libretto

Babelio

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La Part des flammes de Gaëlle Nohant

Quand elle entendait dire que les romans étaient de dangereux objets entre les mains d’une jeune fille, elle ne protestait plus. Puissants et dangereux, oui, car ils vous versaient dans la tête une liberté de penser qui vous décalait, vous poussait hors du cadre. (p. 96)

 

Titre: La Part des flammes

Auteur: Gaëlle Nohant

Date de parution: 2015

Éditions: France Loisirs

 

Ce roman a été chaudement recommandé par de nombreuses blogueuses et booktubeuses. Mais ce qui m'a convaincue de le lire, c'est l'avis éclairé de Mademoiselle Maeve. Et c'était un sacrément bon conseil!

 

Participer au Grand Bazar de la Charité est une étape nécessaire pour les femmes de la haute société. Cet événement mondain rassemble le tout-Paris et les jeunes femmes de l'aristocratie s'y pressent pour y jouer les vendeuses de babioles. Violaine de Raezal, méprisée par la bonne société, trouve auprès de la duchesse d'Alençon un appui efficace pour faire son entrée dans le beau monde. Au stand de la duchesse, elle fait la connaissance de Constance d'Estingel et un lien étrange se tisse entre elle. Mais le 4 mai 1897, un incendie ravage le Bazar de la Charité et plonge les deux femmes dans les tourments.

 

Un roman héritier du réalisme?

 

Sans vouloir comparer l'incomparable, j'ai trouvé le roman presque aussi réaliste que Bel Ami de Maupassant ou qu'un Balzac. Le lecteur est en effet immergé dans le Paris de la fin du XIXe siècle.

Le contexte politique n'est alors plus vraiment favorable à la noblesse puisque la IIIe République est une période marquée par une forte identité démocratique si l'on pense à la liberté de la presse, aux lois de Jules Ferry sur l'Ecole... L'aristocratie y apparaît comme affaiblie et à bout de souffle. Elle qui vivait close sur ses traditions et son entre-soi est frappée par ce désastre qui la décime. Ce tableau sans concession invite à entrer dans les salons et appartements privés afin d'y être le témoin des petits calculs de cette société déclinante. Et comme chez les auteurs réalistes, cela ne se fait pas sans une légère ironie.

Pour donner cet effet de réel, l'auteur s'est appuyé sur des personnages réels comme la duchesse d'Alençon et sur des documents historiques, des articles de presse pour rendre cet effet de réel.

 

Un soupçon d'horreur

 

Si certains passages sont insoutenables, l'auteur évite l'écueil du mauvais goût. Elle réussit à écrire une scène vivante, dramatique et presque épique sans jamais tomber dans le pathos. Au contraire, elle y révèle la complexité et la profondeur de l'humanité. L'incendie qui frappe la noblesse réduit les aristocrates à ce qu'ils sont vraiment: des hommes mortels. Alors semble s'effondrer les barrières sociales et les liens qui se tissent entre les êtres sont d'un nouveau genre, plus solides, plus humains.

 

Deux femmes au coeur

 

Mais le roman est surtout le portrait sensible et vraisemblable de deux femmes qui incarnent les contraintes subies par les femmes de cette époque. Aussi le roman aborde-t-il à travers ces personnages le thème de la grossesse hors-mariage, de l'hystérie et de son traitement, de l'adultère, de la liberté... La condition des femmes y est mise en scène dans toute sa vérité. Ainsi la société patriarcale cherche-t-elle surtout à briser les femmes afin de les soumettre aux règles de la société. Contre les carcans imposées par la société, ces deux femmes vont se révolter, chacune à leur manière. Mais leur rébellion n'a rien de cliché et exprime une pulsion de vie qui se déchaîne parfois contre elles-mêmes. Si je me suis davantage identifiée à Violaine, le personnage de Constance m'a bouleversée par sa fragilité et sa souffrance.

 

Il ne faut pas oublier les personnages secondaires: Mary Holgart, l'Américaine apparemment émancipée, Mme de Marsay, l'aristocrate excentrique, Joseph, le courageux cocher, Amélie d'Estingel, la mère névrosée de Constance, Hyacinthe Brunet, le psychiatre ambitieux, et tous les autres... Tous ces personnages réussissent à être riches et profonds.

 

 

Enfin, j'ai apprécié la délicatesse de l'écriture qui arrive, sans sensiblerie, à émouvoir et toucher juste.


POUR ALLER PLUS LOIN:

Le bazar de la Charité

La duchesse d'Alençon

Le blog littéraire de Gaëlle Nohant: Le café littéraire de Gaëlle

La vidéo de Lemon June


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Résultats du concours...

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Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une de Raphaëlle Giordano

"L'échelle du bonheur ou du malheur n'est pas la même pour tous" (p. 23)

 

Titre: Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une

Auteur: Raphaëlle Giordano

Éditions: Eyrolles

Date de parution: 2015

 

Parfois on se dit qu'un roman feelgood, qui promet de la psychologie positive et du développement personnel à portée de tous, apportera la solution à notre vague-à-l'âme. Et c'est ainsi que l'on se retrouve avec un livre à la couverture chatoyante et colorée dans les mains.

 

Camille, une trentenaire, mariée, un enfant, un boulot devrait être heureuse puisqu'elle coche toute les cases de la vie réussie. Malheureusement, quelque chose ne va pas. Elle croise un jour la route de Claude qui se présente comme un "routinologue" et lui propose son aide.

 

Un roman de développement personnel

 

Grâce à la fiction romanesque, l'auteur réussit à transmettre son message et ses astuces psychologiques de façon claire et simple. En effet, à travers leur mise en pratique par le personnage de Camille, le lecteur comprend mieux ce qu'on attend de lui. La forme romanesque évite donc l'écueil du jargon technique.

Néanmoins, même si le récit se tient et se lit très facilement, j'ai eu l'impression que le ton était faussement naturel et dynamique, comme si le style était un peu forcé. Cela ne rend pas la lecture désagréable pour autant mais je suis restée sur la défensive.

 

C'est quoi le problème?

 

Le propos principal de l'auteur repose sur une thèse assez simple: si on est positif et que l'on a confiance en soi alors la vie nous le rend. Et là je tique un peu. Évidemment dans le roman, quand Camille suit les conseils de Claude tout finit bien. Or cela m'a semblé trop facile, trop évident justement. Il y a bien quelques obstacles dans le roman, mais rien qui me semble réaliste. J'ai même fini par trouver le texte culpabilisant car après tout, si l'on est malheureux, c'est de notre faute, non?

Je crois que le détail qui m'a le plus agacée c'est à propos du poids. Camille se plaint d'avoir quatre kilos de trop, souvenirs de sa grossesse. Ses kilos en trop seraient en partie responsables de son désamour d'elle-même. On s'attend, sans surprise, à ce qu'elle perde ces quelques kilos superflus dans sa grande reconquête d'elle-même. Sur le coup, je me suis imaginée une femme de taille et de poids moyens. Or voici ce que nous dit le texte: "Il me montra un pèse-personne et m'invita à monter dessus. Je déglutis, appréhendant le résultat.

- 54,8 kilos. Vous avez perdu 4,2 kilos. Bravo, Camille!"

Pas besoin d'être fortiche en maths pour se rendre compte que Camille pesait moins de 60 kilos et que donc maintenant elle doit être très mince. On tombe alors complètement dans le cliché de la minceur comme indicateur de beauté. Et je dois vous avouer que non seulement cela m'a agacée mais même culpabilisée. Mais pourquoi, pourquoi préciser ce poids? Il aurait été tellement plus sain et accessible à tous si l'auteur avait tu ce détail...

 

Finalement, ce roman développe des idées de bon sens et pertinentes la plupart du temps mais l'ensemble, comme tout livre de développement personnel, a eu tendance à m'agacer et à me culpabiliser. Je ne suis décidément pas le public-cible...

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Le mystérieux cercle Benedict de Trenton Lee Stewart

"Êtes-vous un enfant surdoué ? Désireux de profiter d'une incroyable opportunité ?"

 

Titre: Le mystérieux cercle Benedict

Auteur: Trenton Lee Stewart

Editions: Bayard jeunesse

Date de parution: 2013

 

Pour une fois, j'ai choisi ce livre sans rien savoir de lui, juste à partir du titre et de la couverture. Et j'ai eu raison car ce fut une excellente surprise, à la limite du coup de coeur!

 

Reynie est un enfant particulier, vraiment particulier. Un matin, il voit l'annonce suivante dans un journal: "Êtes-vous un enfant surdoué ? Désireux de profiter d'une incroyable opportunité ?". Il décide alors de tenter sa chance et de changer de vie. Au fur et à mesure des épreuves de sélections, trois autres enfants se distinguent: Stickie qui a une capacité de mémorisation extraordinaire, Kate, une jeune fille intrépide et aux aptitudes physiques incroyables et la boudeuse et contrariante Constance. Ces quatre-là, recruté par l'étrange M. Benedict, vont constituer le Mystérieux Cercle Benedict. Ils sont alors envoyés en mission d'infiltration pour lutter contre un dangereux individu.

 

Les énigmes du père Benedict

 

Voici un roman qui sort des ornières et qui ne prend pas les lecteurs pour des idiots.

 

D'abord, les personnages. Ils sont certes peu ordinaires et doués de qualités surprenantes mais ce sont surtout des personnages complexes et pas forcément tout de suite agréables. Ils ont chacun un passé, des secrets et de petits défauts qui les rendent attachants sans être parfaits. Ainsi Constance se présente-t-elle une agaçante petite fille et Sticky comme beaucoup trop timoré.

 

L'intrigue du roman pleine de rebondissements ménage bien le suspens. Le roman en effet se construit en deux étapes en tension. Dans un premier temps, le lecteur suit Reynie dans les épreuves de sélection sans comprendre où tout cela va mener le personnage. Le point de vue choisi permet donc au lecteur de suivre au plus près les jeunes enfants. La curiosité et l'intelligence du lecteur est aussi mise à rude épreuve puisqu'il cherche lui aussi à résoudre les énigmes et épreuves imposées aux héros. Dans la deuxième partie du roman, les enfants partent en mission pour M. Benedict. Là encore une série d'épreuves et d'énigmes les attendent.

 

A la fois farfelu et absolument sérieux, l'univers déployé emporte le lecteur dans ses méandres. Il y apprend alors que l'amitié et la confiance sont des valeurs fondamentales, que la faiblesse n'est jamais là où l'on pense et que l'union fait la force. Du simple, de l'évident? Pas si sûr. 

Pour aller plus loin et poursuivre l'aventure: le site du livre

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{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire (du moins j'essaie...)

Sur son blog, Maeve instaure un rendez-vous mensuel. Elle propose de dresser la liste des livres lus dans le mois et la liste des livres entrés dans sa Pile à Lire, ce qui permet de suivre l'évolution de la Pile à Lire. Elle a décidé d'y ajouter son coup de coeur et son flop du mois. Mais elle ne s'arrête pas là et s'ajoute un défi: sortir de ces livres qui traînent depuis si longtemps dans la Pile à Lire qu'ils en deviennent presque des reliques.

 

Très intéressée par ce défi qui je l'espère m'aidera à contrôler ma Pile à Lire à la croissance exponentielle, je vais donc reprendre ce rendez-vous avec elle. Je commence certes un peu en retard dans le mois, mais je vais tenter d'y être régulière.

  • La Part des flammes, Gaëlle Nohant
  • Les Autodafeurs, T2, Ma soeur est une artiste de guerre, Marine Carteron
  • La Femme gelée, Annie Ernaux
  • Sarrasine, Balzac
  • Le livre de Perle, Timothée de Fombelle
  • Le coeur de l'ombre, Marco d'Amico et Laura Iorio
  • Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, Raphaëlle Giordano (prêt)
  • Kafka sur le rivage, Haruki Murakami (prêt)
  • Les Autodafeurs, T2, Ma soeur est une artiste de guerre, Marine Carteron
  • La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon

La part des flammes de Gaëlle Nohant est un roman vraiment passionnant. Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir dans une lecture.

Merci Maeve pour ce challenge!

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{Concours} Un joyeux blog-anniversaire. Merci à vous!

Pour fêter le premier anniversaire du blog (ainsi que les 100 abonnés sur Facebook et les 180 abonnés sur Instagram), je vous propose de remporter ce modeste lot. Évidemment, mon blog étant tout petit et sans partenariat, ces cadeaux vous sont offerts par ma petite bourse.

 

Vous trouverez un joli carnet ligné de chez Hema, un marque-page humoristique et le livre Eux, c'est nous, un texte de Daniel Pennac, illustré par Serge Blochet et surtout édité par "les éditeurs jeunesse avec les réfugiés".

 

Je souhaite par ce petit cadeau vous remercier pour votre attention et votre soutien, même s'il est encore souvent muet.

 

Comment participer? C'est tout simple!

1. Je vous demande de laisser ci-dessous un commentaire m'expliquant pourquoi vous aimez lire. Vous avez jusqu'au 11 février pour commenter.

2. Je tirerai au sort le gagnant parmi les commentaires.

3. J'annoncerai le gagnant le 12 février sur le blog, sur la page Facebook et sur Instagram. Il faudra alors prendre contact avec moi pour que j'envoie le petit paquet à votre adresse.

Je précise que ce concours n'est malheureusement pas ouvert à l'international par souci budgétaire...

 

A vous de jouer en commentaires. J'espère que vous serez au rendez-vous.

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Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs

"On s'accroche à nos contes de fées jusqu'à ce que le prix de ces croyances deviennent trop exorbitant."

 

Titre: Miss Peregrine et les enfants particuliers

Auteur: Ransom Riggs

Éditions: Le livre de poche jeunesse

Date de parution: octobre 2016

 

Parfois, quand un livre a du vraiment beaucoup de succès, je préfère ne pas m'y risquer par peur d'être déçue. Mais là, comme Ms.Goliath a apprécié et que son jugement est une valeur sûre, je me suis dis qu'en l'achetant je ne pouvais pas me louper!

 

Pendant toute son enfance, Jacob a été bercé par les histoires extraordinaires de son grand-père. Il lui parlait d'une île sur laquelle il avait trouvé refuge pendant la guerre, une île merveilleuse qui accueillait des "enfants particuliers". Et il avait des preuves: d'étranges photographies mettant en scène ces enfants. Et puis Jacob finit par douter. Mais toutes ces histoires remontent à la surface à la mort brutal de son grand-père. Jacob part à la recherche de la fameuse île.

 

La particularité de ce roman réside dans les illustrations: des photographies anciennes et mystérieuses. L'histoire en effet s'appuie sur ces photographies étranges qui ont été prêtées à l'auteur par des collectionneurs et tisse des liens entre elles. Elles permettent au lecteur une immersion plus importante dans l'univers très particulier de Ransom Riggs, un univers fantastique sombre et légèrement gothique.

Pour ce qui est du récit et de l'intrigue, elle se caractérise par son dynamisme à tel point qu'on dévore les pages sans s'en rendre compte. On ne s'ennuie pas une seconde et on suit les pérégrinations de Jacob avec plaisir.

Malgré un travail d'édition soigné et du plaisir dans la lecture, ce roman n'est pas le coup de cœur attendu, sans doute parce que je n'ai pas vraiment été surprise par le déroulement du récit un peu trop attendu. Je lirai néanmoins la suite avec plaisir dès qu'elle sera sortie en poche.

 

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Six mois d'abonnement à My Book Box: bilan d'une expérience

Les thèmes abordés: Les deux créateurs de la box de livres semblent être une source illimitée d'idées thématiques élégantes, variées et sensibles. En voici la preuve:

Box #2: D'autres vies que la mienne.

Box #3: Faits divers.

Box #4: Et voilà le travail.

Box #5: Pères et fils.

Box #6: Histoires américaines.

Box #7: Cher pays de mon enfance.

Box #8: Départs

 

Les livres reçus: Je précise que j'ai choisi de m'abonner à la box la plus petite. En effet, je ne me sentais pas capable de lire tous les livres que je recevrais. Et ma clairvoyance ne m'a pas trompée. Ma pile de livres explose et j'ai bien du mal à tenir le rythme. Pensez donc: je n'ai lu qu'un seul des livres reçus!

Philippe Jaenada, Sulak; Ryan David Jahn, De bons voisins; Nathalie Kuperman, Nous étions des êtres vivants; Bernard Chambaz, Dernières nouvelles du martin-pêcheur; Joyce Maynard, Prête à tout; Jonathan Tropper, Le livre de Joe; Fabio Geda, Dans la mer il y a des crocodiles.

Dans le dernier paquet, on trouvait une surprise: Ti-Bonhomme d'Ernest J.Gaines offert en partenariat avec Liana Levi. Mais j'ai eu la chance que les créateurs de la box, Mélanie et Patrick, me glissent dans la boîte une autre jolie surprise: un second livre! Le roman Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka.

Les produits bonus: Dans chaque box sont glissés quelques produits bonus. En général, ce sont des produits éthiques, gourmands ou originaux. J'ai pu découvrir les savons du Moulin à savon, les thés de la marque 1336, une tablette de chocolat Marou et bien d'autres choses.

 

Les événements: Les créateurs de My Book Box avaient organisé une soirée de découverte de leurs boîtes au Pourquoi pas, un café-librairie-épicerie. L'association Le Champ des livres proposait des lectures à haute voix d'extraits des romans de la box. Un moment cosy et chaleureux.

 


Le site de My Book Box: http://www.mybookbox.fr/

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{Bilan 2016} Vers une année plus riche en lectures?

Avant tout et malgré toute ma maladresse habituelle pour ce genre de choses, je vous souhaite une merveilleuse année, pleine de joie et petits bonheurs quotidiens. Et comme souvent les petits bonheurs se trouvent dans les livres, je vous souhaite de bonnes et d'intenses lectures.

 

Il est temps de dresser pour moi un premier bilan. En effet, nous passons le cap d'une nouvelle année mais surtout le blog vient de fêter sa première année.

 

Par quoi commencer?

NÉGATIF 1: "Le challenge un mois = un livre". J'ai tenu jusqu'au mois de juillet et puis l'envie s'est essoufflée. Je ne sais pas trop pourquoi puisque les thèmes me plaisaient. Je pense que ce qui m'a manqué c'est le partage. Il s'agissait pourtant d'un challenge Livraddict  mais le suivi sur le forum était irrégulier. Bref, ne me cherchons pas d'excuses et reconnaissons que j'ai lamentablement échoué.

NÉGATIF 2: Mon blog reste confidentiel. Mon blog n'a pas passé la barre des 100 abonnés sur sa page Facebook. Je plafonne lamentablement à 98 mais je ne perds pas espoir! ;)

 

POSITIF 1: Les Blogueuses de Tours. J'ai eu la chance d'intégrer ce groupe de blogueuses et d'y rencontrer des filles vraiment sympas. Et je pense y avoir rencontré une amie en la personne de Mademoiselle Maeve.

POSITIF 2: La première édition du Salon "Polar sur Loire" duquel les blogueuses de Tours étaient partenaires a été un succès. J'ai beaucoup aimé découvrir les plumes des auteurs locaux, en particulier Claudine Chollet. Sa série de "polar cosy" Polycarpe est un véritable coup de coeur.

POSITIF 3: Ce blog, si modeste soit-il, m'a permis de développer mon univers et de me créer un endroit où je me sens de plus en plus à l'aise.

 

De bonnes résolutions? Oh non! Loin de moi l'idée d'un quelconque engagement. Mais je voudrais faire des efforts sur quelques points:

- vider un peu ma PAL qui devient prodigieusement envahissante. Je pense avoir dépassé la centaine de livres....

- gagner en régularité en essayant d'atteindre un rendez-vous par semaine sur le blog.

- essayer d'organiser mes articles en catégories plus cohérentes.

- varier un peu plus mes lectures, sortir de ma zone de confort et aiguiser ma plume.

 

J'espère que vous continuerez à me suivre cette année. Je compte sur vous pour commenter et partager avec moi vos lectures et vos impressions. Et vos résolutions à vous?

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{Entretien} Le romantisme est-il encore possible?

Pour répondre à cette question, je vous propose un entretien avec Thibault Loucheux, un jeune écrivain qui signe son premier roman, Mémoires d'un Mécontemporain.

- Pourriez-vous vous présenter à vos futurs lecteurs? Qui êtes-vous? Quel est votre parcours?

Je suis étudiant en Master 1 cinéma à l'Université Paul Valéry de Montpellier et également critique de cinéma dans différents journaux et radios.

 

- Pourquoi avez-vous choisi les éditions Lacour?

J'ai rencontré Christian Lacour il y a plusieurs années alors que je publiais un ouvrage collectif sur les monuments contemporains de Nîmes. S'en est suivi deux livres de recherche en cinéma, Le tournage des Mistons, la Nouvelle Vague à Nîmes en 2014 et Dario Argento, le règne animal en 2015. Nous collaborons également sur des projets vidéos avec une confiance mutuelle. Il était donc logique que je lui présente mon premier roman. J'en profite pour le remercier de sa confiance.

 

- Comment présenteriez-vous votre roman?

J'ai voulu que Mémoires d'un Mécontemporain raconte une histoire d'amour moderne. Les relations entre les individus ont changé avec les nouvelles technologies, notre rapport à la télévision, à la politique... Bref aux médias en général. Nos grands-parents et nos parents ont réinventé le rapport à l'autre avec différents événements historiques comme mai 1968... Est-ce que deux enfants de la génération Y peuvent vivre une histoire d'amour sans subir les conséquences des évolutions de la société ?

 

- Avez-vous prêté votre style à Théodore, votre personnage principal ou avez-vous créé un style qui s’adapte à sa personnalité ? Vous reconnaissez-vous en Théodore à qui vous avez prêté, semble-t-il, quelques uns de vos traits biographiques ?
Le personnage de Théodore me ressemble oui, nous avons un certain nombre de points communs. Je ne tiens pas spécialement à parler des éléments biographiques du livre pour plusieurs raisons. La principale étant que ma vie n'intéresse pas le lecteur. Il doit se faire sa propre idée, s'identifier au personnage. Le livre doit exister par lui-même. Je n'aime pas le terme autofiction, ce mot ne veut rien dire. Soit c'est un roman, soit c'est une biographie. Si il y a écrit roman, alors c'est une fiction.

 

- Pourquoi avoir choisi le point de vue interne et la forme des mémoires? Cette subjectivité n’est-elle pas un peu réductrice?

La première personne du singulier apporte une proximité avec le lecteur. Lorsque je lis un livre et qu'un personnage est aussi narrateur, je me sens plus impliqué dans l'histoire. Le lecteur devient une sorte de témoin. Cette approche me plais. La forme des mémoires accentue cette impression. Le lecteur devient un confident, et le personnage un ami.

 

- Vous n’êtes pas avare en détails, en particulier en ce qui concerne les marques. Qu’avez-vous voulu montrer par cet hyper-réalisme?

Les marques sont utiles pour marquer l'histoire dans son temps. Le livre se déroule dans une époque très contemporaine, nous sommes exposés aux marques tous les jours, elles font partie de notre quotidien. Je pense également que selon les vêtements que l'on porte, les marques que l'on aime, on peut en savoir un peu plus sur les individus. Peut être que le lecteur cernera plus Théodore avec les marques qu'il consomme. Je fais partie de ceux qui pensent que l'habit fait le moine.

 

- Marie n’est connue par le lecteur qu’à travers le regard de Théodore, ce qui la réduit souvent à des images amoureuses convenues. Pourtant c’est un personnage plus complexe mais qui ne semble exister que par fragments. Son comportement reste donc énigmatique pour le lecteur. Pourquoi avez-vous fait ce choix?

C'est exactement de cette façon que je voulais que l'on perçoive le personnage de Marie. Nous la voyons à travers le regard de Théodore qui vis une relation passionnelle avec elle. Mais malgré ces « images amoureuses convenues » comme vous dites, elle paraît complexe, ce qui en fait peut-être le personnage le plus intéressant du livre. Elle existe, elle vit, et cette vie lui appartient. Imaginez-vous avec votre copain, vous le voyez souvent, vous pensez le connaître, et pourtant il existe des moments où il est seul, il doute, il se retrouve dans son chaos. C'est terriblement personnel, il ne vous en parle pas car vous n'avez pas à le savoir. Et le lendemain, il vous embrasse en souriant. Théodore le dit : « C'est probablement ça l'amour, tenir une personne dans ses bras sans la connaître entièrement. »

 

Cela me permet aussi d'aborder l'une de mes obsessions, le rapport homme-femme. Vous ne vous rendez pas compte à quel point la femme est un mystère pour l'homme. C'est à travers cette complexité que le personnage de Marie existe. Elle est à la fois belle, sombre, attentionnée et mystérieuse.

 

- Votre roman offre un point de vue plutôt négatif sur notre société et notre génération. Il me paraît pourtant caricatural. Partagez-vous le point de vue de votre personnage?

Ce livre est une satire du monde dans lequel nous vivons, donc la caricature n'est pas un mal. Pour Théodore la société évolue de façon négative et je suis plutôt d'accord avec lui. Quand on prend la télévision, on peut voir que la qualité des émissions a baissé. C'est un sujet d'actualité avec ce qu'il se passe chez Hanouna... Les gens s'amusent à regarder des attouchement sexuels dans Touche pas à mon poste ou les disputes entre des abrutis dans les Anges ou les Chtis... C'est affligeant, ça ne devrait même pas exister.

 

- Théodore est-il un personnage que vous avez voulu agréable pour le lecteur?

Mon but n'étais pas de créer un personnage agréable ou désagréable, il devait surtout être humain. Il est sympathique par certains aspects, c'est un romantique, il est amoureux et attentionné. Il est également cultivé, s'intéresse à beaucoup de sujets... Mais il a un avis sur tout, réfléchit beaucoup et agit avec maladresse, ce qui peut le rendre à la fois antipathique et touchant.

 

- Marie est-elle vraiment une “réaliste”?

Théodore et Marie sont indéniablement différents. Lui vit un rêve éveillé dans cette relation amoureuse, il ne croyait pas que le bonheur soit possible et voilà que Marie lui tombe dessus. Il vit cette relation à fond avec un côté Candide. Marie l'aime beaucoup aussi, mais semble plus prudente. Même si Théodore représente beaucoup pour elle, je l'imagine avec plus de vécu sur le plan personnel, avec un passé plus lourd. Théodore se jette dans la relation alors que Marie avance doucement mais sûrement. Ils se complètent et vont bien ensemble, je trouve.

 

- Théodore est-il vraiment romantique? Ne serait-il pas plutôt un homme tombé dans une sorte de bovarysme? Il m’a semblé qu’il ressentait peu d’émotions profondes mais qu’il jouait plutôt des postures diverses, comme s’il n’était qu’un personnage. Il se cache par exemple derrière des citations. L’avez-vous voulu ainsi?

 Théodore a ce côté snob, très sûr de lui, presque prétentieux qui peut donner l'impression qu'il joue un rôle. D'ailleurs, il critique beaucoup tout en collaborant. Mais lorsque la relation amoureuse s'installe, on apprend à le connaître, avec ses doutes et sa volonté de rendre Marie heureuse. Sa carapace se brise et il nous expose sa sensibilité profonde.

 

- Il semble parfois que Théodore vive passivement les événements sans chercher à les comprendre (par exemple, dans son rapport avec son ami Thomas). Pourquoi ne s’intéresse-t-il pas plus aux autres?

 Je ne suis pas d'accord avec vous sur le fait que Théodore vive passivement les événements sans chercher à les comprendre. Au contraire, tout le long du livre il s’interroge sur la société, sur les autres, sur son entourage... Il est abandonné, et cherche à agir. Je trouve qu'il réfléchit et agit trop. Si je devais lui donner un conseil pour la suite de son existence, ce serait au contraire de moins penser, moins agir, et plus laisser faire le temps et la vie.

 

Références du livre: Thibault Loucheux, Mémoires d'un Mécontemporain, éditions Lacour, 2016, 15€


 Thibault Loucheux m'a gentiment proposé de découvrir son roman et cet entretien m'a permis de revenir sur ma lecture et sur les interrogations qu'il avait suscitées. Je le remercie donc chaleureusement de s'être prêté au jeu. Je lui souhaite beaucoup de succès et une longue carrière dans l'écriture et le cinéma.

 

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{On est rendu à Loches!} Un Noël Royal au château.

C'est bien beau d'aller visiter les châteaux pour Noël, mais autant visiter celui qu'on a dans sa ville. Je me suis donc rendue à la cité royale de Loches pour découvrir le logis royal décoré pour les fêtes.

J'avais été attirée par leur campagne de communication. D'abord, leur affiche m'a tout de suite plu par la joie et l'humour qu'elle dégage. Et puis leurs vidéos en association avec le vidéaste Ben de la chaîne Nota Bene présentant des recettes médiévales ont achevé de me convaincre d'y faire un tour.

 

Un logis royal à découvrir

 

Il faut savoir que c'est un château sans mobilier et c'est un parti pris. En effet, vous n'êtes pas sans savoir que ces châteaux n'étaient pas meublés. La cour, ambulante, transportait son propre mobilier et l'installait lors de ses haltes. Les pièces peuvent donc paraître vides. Suivez donc la/le guide (les visites guidées sont gratuites) qui vous présentera à la fois l'architecture du château et la vie de ses illustres habitants et vous racontera quelques scènes historiques.

Un Noël royal!

 

A l'occasion de "Noël royal", le château s'est paré de ses habits de fêtes: sapins, couronnes, bolduc, paquets cadeaux, et feu de cheminée. La mise en scène est très sympathique et chaleureuse

Dans la grande salle est dressée une table de banquet médiéval. Sur la table centrale, on retrouve le pain de sucre dont nous parle le vidéaste Ben dans la vidéo sur les brugnes à la sauge ainsi que de la volaille. Et vous verrez un superbe paon empaillé sur l'une des tables. Pour la décoration de Noël, je l'ai trouvée généreuse et ludique, en particulier la malle remplie de peluches et le cadre pour se faire tirer le portrait.

Il faut dire que le château s'intéresse aux plus jeunes. Une salle douillette avec feu de cheminée et coussins était réservée à la lecture de contes. En effet, à l'occasion de ce Noël royal, la cité organisait des animations: lecture de contes de Noël, confection de couronnes de Noël et visites insolites.

Si ce n'est pas l'esprit de Noël ça!


INFORMATIONS:

Noël Royal à la cité royale de Loches

du 3 décembre 2016 au 2 janvier 2017

Horaires: 9h30- 17h

Entrée adulte: 8,50 €

Installations avec Fabian Mullers de Cuisine Historique.

La chaîne Youtube de la Cité Royale.

Pour plus de photographies, rendez-vous sur mon compte Instagram!

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{Sortie} Evasion réussie!

Avec les copines blogueuses, nous avons été invitées à découvrir un nouvel escape game de Tours.

 

Gilles et Nicolas, deux amateurs d'escape game ont fait le pari de fonder leur propre jeu d'évasion. Ils ont donc pris le risque de quitter leur job pour vous offrir un nouvel espace de jeux plein de surprises.

Pour cela, et comme tout est une histoire de clés dans un bon escape game, ils décrochent les leurs le 28 juillet 2016. A la force de leurs bras et avec une bonne dose d'énergie (vous pouvez le constater sur leur page Facebook), ils ouvrent les portes de leur accueillante gare le 1er décembre. Embarquons donc dans les wagons du mystérieux Escape Express pour un voyage dans le temps et les dimensions.

Deux choix s'offraient à nous: le trésor des boucaniers et la station Cassiopéa.

Avec Maeve (Mademoiselle Maeve), Carole (Un enfant qui lit) et Clémence (Inkside the world), nous avons entrepris un voyage qui nous a conduites dans un univers resté à l’âge d’or de la piraterie. Nous avons été envoyées dans la cale du Dragon Rouge, célèbre galion pirate à la voile rouge. Notre objectif a été de trouver le trésor dissimulé dans le vaisseau et de le ramener comme preuve de notre voyage.

Cette salle privilégie la fouille et il faut avoir l'oeil affûté ainsi qu'une bonne communication dans l'équipe pour avancer à un bon rythme. Heureusement, nous n'étions pas seules pour trouver ce trésor et sortir à temps de la cale des pirates: Coco le perroquet veillait sur nous.

Et victoire! Nous en sommes sortis juste à temps, avant le réveil des pirates.

 

Nous avons passé un excellent moment et l'accueil de Gilles et Nicolas est très chaleureux. L'Escape Express promet de nous réserver d'autres belles surprises!

 

INFORMATIONS

 

Tarifs: entre 16 et 28 euros (selon les heures)

 

Le site d'escape express (le design est séduisant dans son esprit steam-punk)

 

Page Facebook de l'Escape Express

 

A noter: l'Escape Express se situe dans le quartier des Deux Lions et a un parking gratuit. Gros plus quand on doit prendre sa voiture!

 

Je remercie vivement Nicolas et Gilles pour leur invitation dans l'Escape Express. Je leur souhaite beaucoup de succès!

Et merci à Maeve pour l'organisation au top.

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{Tours'reine} Cinquante nuances de Noël au pays des châteaux.

Noël au Pays des Châteaux

 

A l'occasion de Noël et pour le fêter en famille, nous avions prévu de faire quelques châteaux de la Loire entre le 23 et le 25 décembre. Au programme: "Noël au fil des siècles" à Amboise, "Douceurs et chocolats" à Azay-le-Rideau et "Noël à Chenonceau". Autant le dire tout de suite, tout ne s'est pas passé comme prévu...

 

Je vous emmène avec moi visiter les châteaux de la Loire en cette saison de Noël et de réjouissances.

 

Informations:

Château d'Amboise

Château d'Azay-le-Rideau

Château de Langeais

Château de Chenonceau

Touraine Loire Valley pour découvrir les autres thèmes.

Noël au fil des siècles à Amboise

 

Le vendredi 23 décembre, nous nous sommes rendus à Amboise pour découvrir l'exposition.

Les premières salles présentaient une crèche méridionale, une table dressée, une chambre avec quelques jouets d'enfants.

Dans les pièces du XIXe siècle, les visiteurs découvraient d'abord une chambre d'enfants avec des jouets anciens puis dans le salon deux sapins au pied desquels on avait disposé une montagne de cadeaux rouges.

Nous sommes ressortis du château un peu déçus car nous attendions une débauche de décorations et de sapins. Il semble que le château d'Amboise n'avait pas pris ce parti et avait fait le choix de la simplicité et de la sobriété. Malheureusement, j'aime le grand spectacle et les lumières scintillantes...

 

Noël aux mille lumières à Langeais (à défaut de visiter Azay-le-rideau)

 

Le samedi 24 décembre, nous avions prévu de nous rendre à Azay-le-Rideau. Le site internet annonçait que le château était ouvert jusqu'à 17h15 durant la période. Malheureusement, ce jour-là, le château (et donc l'exposition) était fermé à partir de 15h15. L'information n'apparaissait nul part et nous avons eu la mauvaise surprise de l'apprendre une fois aux caisses. Pour être honnête, j'étais furieuse. Nous aurions pu visiter le parc gratuitement, mais je n'avais pas fait tant de route pour renoncer. Nous avons donc filé jusqu'à Langeais qui, lui, était ouvert.

 

Ce n'était donc pas au programme mais nous avons découvert avec plaisir le château de Langeais et son exposition "Noël aux mille lumières". Les pièces du château étaient plongées dans la pénombre et la lueur de bougies (fausses, pour éviter les risques) ou de lampes éclairait les lieux d'une agréable manière. J'ai particulièrement apprécié la collection impressionnante de tapisseries du XVe et XVIe siècle ainsi que les carreaux au sol tous différents et aux couleurs éclatantes. Les visiteurs pourront retrouver ces deux éléments très singuliers à toutes les saisons puisque c'est une des particularités du château. Nous n'avons pas eu le temps de visiter le parc puisque c'était déjà l'heure de la fermeture.

Ce château, après notre grande déception à Azay-le-Rideau m'a laissé une belle impression et je pense y retourner, pour profiter peut-être des nombreuses animations qu'on y propose.

Noël à Chenonceau

 

Le dimanche 25 décembre, en ce jour de Noël, nous avons terminé ces visites par le clou du spectacle: le château de Chenonceau. La décoration y est toujours splendide et je ne suis jamais déçue.

Cette année, le château se paraient de matières naturelles, de blanc et d'or pour un Noël nordique.

Chaque pièce du château réservait son lot de surprises avec des compositions florales étonnantes et sophistiquées. Mes coups de coeur vont aux décorations de table de la cuisine, originales et colorées. Mention spéciale pour le salon Louis XIV et ses deux sapins rouges et or, parfaits pour véritable Noël royal!

 

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Christmas is coming!

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël! Soyez gâtés, soyez heureux et profitez bien de la magie de Noël: des boissons chaudes, des décorations, un sapin et le tour est joué!

Je vous souhaite de vivre le moment tel qu'il vient et de remercier vos proches et vos amis pour leur présence.

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{Ambiance de Noël} Le Louvre des écrivains aux éditions Citadelles et Mazenod

Titre: Le Louvre des écrivains

Auteur: Jean Galard

Éditions: Citadelles et Mazenod

Date de parution: 2015

 

J'ai découvert ce magnifique ouvrage grâce à une vidéo de Kilke sur la chaîne de La Brigade du Livre.

Les éditions Citadelles et Mazenod proposent des livres d'art d'une grande qualité. Ordinairement, je me contente de les consulter en bibliothèque ou au CDI. Cependant, après la vidéo de Kilke, je me suis dit que cet ouvrage pourrait m'être d'une grande utilité pour préparer une sortie au Louvre.

 

Ce livre, résultat d'une association entre le Louvre et les éditions Citadelles et Mazenod, met en relation des œuvres d'art du célèbre musée parisien avec des textes écrits à propos de ces œuvres. Cela va de la référence à l’œuvre dans un poème, à l'article critique en passant par la description dans les pages d'un roman. Cette mise en relation est assez rare. En général, on montre que l’œuvre d'art se nourrit et s'inspire des grands textes de la littérature mais il est moins clairement établi que l'art visuel a inspiré quelques pages de la littérature.

On trouvera dans ces pages des textes de Flaubert, Proust, Diderot, Claudel ou Sartre entre bien d'autres. Les reproductions de qualité des œuvres sont accompagnées d'une notice descriptive présentant l’œuvre, l'auteur et le contexte.

Le lecteur pourra, grâce à cet ouvrage, parcourir le Louvre autrement, accompagné par la voix de grands auteurs. Et si vous avez un proche qui aime l'art, c'est sûrement un cadeau qui fera plaisir!

 

La vidéo de La Brigade du Livre.

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{Ambiance de Noël} La collection "Histoires d'antan" aux éditions Alzabane

J'ai découvert les éditions Alzabane à la Forêt des Livres de Chanceaux-près-Loches. J'avais été attirée par la couverture des romans de la collection "Histoires d'Antan".

En effet, il s'agit de romans vraiment soignés. La couverture cartonnée tout comme les pages imprimées sur un papier ivoire donnent beaucoup d'allure aux livres. Mais le détail qui tue, c'est qu'ils sont dorés sur la tranche. L'effet produit est alors celui de romans anciens, de collection et de prix.

Harponnée par ces couvertures, j'ai donc jeté un coup d'oeil aux titres. Là encore, l'accent a été mis sur la littérature du patrimoine. La maison d'édition n'a pas peur de s'attaquer à de grands morceaux de la littérature européenne afin de les mettre à la portée de la jeunesse.

De plus, ces textes ne sont pas les plus connus et certains sortent même des ornières. La Petite Fabrique du mensonge et de la vérité présente 19 contes issus d'un recueil de la Renaissance. On trouve aussi Les Étonnantes aventures de Renard et Ysengrin, célèbre roman parodique du Moyen-âge, une adaptation de Don Quichotte et Des États et empires de la Lune de Cyrano de Bergerac, deux oeuvres majeures du début du XVIIe siècle. Les petits derniers sont Pinocchio et bientôt Gargantua.

Dernières qualités, et non des moindres, les illustrations qui peuplent les pages de ces romans. Là encore, elles sont d'une grande finesse et remarquablement adaptées aux registres des romans.

 

Une belle idée cadeau, non?

 

Pour plus d'informations sur la maison d'édition et pour voir quelques planches illustratives, rendez-vous sur leur page consacrée à la collection

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{Ambiance de Noël} La Symphonie des Songes

C'est le premier Noël sur le blog et je vais essayer de vous proposer quelques petits bijoux que j'ai pu découvrir lors de mes pérégrinations livresques.

J'espère que cela vous intéressera et peut-être que cela vous donnera des idées. Bonne lecture!

Titre: La Symphonie des Songes

Auteur: Vanessa Callico

Illustratrice: Senyphine

Éditions: Le héron d'argent

Date de parution: mars 2016

 

Au salon du livre de Montmorillon, j'avais été attirée par les splendides couvertures des livres édités par cette maison. J'avais fini par craquer pour ce fabuleux album.

 

Si les méchants nous contaient la musique classique?

 

Luna fait chaque nuit d'horribles cauchemars et personne ne trouve de solution pour lui permettre d'apaiser ses nuits. Une vieille dame lui conseille alors d'écouter de la musique classique avant de s'endormir. C'est ainsi que Luna découvre qu'elle est hantée par les personnages des histoires racontées dans les grandes œuvres musicales. Or ces personnages ne sont pas n'importe lesquels! Ce sont les méchants: le séduisant Don Giovanni, le capitaine du Vaisseau fantôme, le diable, une ballerine fantomatique et la Mort.

 

Un conte au service d'une initiation musicale

 

A travers un conte, l'auteur nous permet de découvrir de grands morceaux de la musique classique. L'auteur, Vanessa Callico est à la fois écrivain et musicienne classique professionnelle. Elle a donc toutes les qualités pour écrire un conte fantastique envoûtant et intercaler des pages d'analyse musicale pointues et pourtant compréhensibles pour une néophyte comme moi. C'est par conséquent un ouvrage particulièrement instructif qui réussit à transmettre la culture musicale par le biais de l'imaginaire enfantin.

Les illustrations sont réalisées par Senyphine. Elles créent une atmosphère onirique et un peu inquiétante qui s'adapte parfaitement à l'esprit légèrement gothique du conte.

Le travail d'édition tout à fait remarquable est la preuve d'une attention minutieuse aux détails. Le lecteur peut ainsi trouver à la fin du conte une biographie des grands compositeurs (Mozart, Wagner, Boito, Liszt, Moussorgski) ainsi qu'un lexique des termes techniques musicaux utilisés dans les pages de l'album. Enfin, un CD permet d'écouter les morceaux évoqués et analysés dans l'album. J'ai particulièrement apprécié de découvrir un répertoire encore inconnu pour moi. En effet, les pièces choisies sont à la fois célèbres et peu entendues dans les anthologies musicales populaires.

Cet album d'exception transforme tous les curieux en mélomanes à travers le plaisir d'un récit fantastique et d'une écoute exigeante. A découvrir absolument!

 

La galerie Deviantart de Senyphine

La page dédiée à l'album sur le site des éditions du Héron d'argent. Vous pouvez feuilletez quelques pages de l'album en ligne.

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{Le mois du polar} A la Brocante du cœur de Robert Cormier

"Tu es ce que tu fais"

 

Titre: A la brocante du cœur

Auteur: Robert Cormier

Éditions: L'école des loisirs

Date de parution: 2003

 

Sur les conseils des libraires de Libr'enfant à Tours, j'ai acheté de roman jeunesse qui promettait un roman surprenant. Quelle claque fut cette lecture!

 

Jason, 12 ans, est suspecté du meurtre de la petite Alicia, 7 ans. Mais le lieutenant de police Braxton n'a aucune preuve solide. Il demande alors à Trent, spécialiste des interrogatoires, d'obtenir les aveux du jeune garçon. Mais Jason est-il coupable?

 

Un polar psychologique

 

Ce roman, magistralement mené, met en scène un face à face terrible entre un jeune garçon et un adulte, qui manipule les esprits des criminels. Les chapitres alternent les points de vue internes de Jason et de Trent dans un va-et-vient constant ce qui permet au lecteur de comprendre le fonctionnement des deux personnages et d'être témoin de l'engrenage dans lequel ils sont plongés. On sait donc que Trent n'est pas employé pour trouver la vérité mais pour obtenir des aveux. Ce qui change singulièrement la donne pour le jeune Jason qui lui pense qu'on l'interroge pour trouver le coupable et cherche à faire de son mieux. Le piège se referme alors lentement sur lui. Pourtant, au cours du roman, j'ai fini par douter par moments de la sincérité du garçon.

La fin du roman nous réserve deux retournements de situation consécutifs qui plongent le lecteur dans l'effroi car elles montrent les conséquences de cet interrogatoire si violent et destructeur.

 

L'être et les actes

 

Je n'ai pas vu dans ce roman une dénonciation des dérives policières mais plutôt la confrontation entre le monde de l'enfance et celui des adultes. Alors que Jason vit encore sa vie en toute innocence, sans se douter que ses actions prennent un autre sens chez les adultes, Trent subit une pression extérieure importante. Il veut se réaliser et échapper à cette phrase qui lui tourne dans la tête: 'Tu es ce que tu fais". Pourtant c'est bien cela que démontre le roman. Les actes qu'on dit avoir fait, même si c'est faux, font ce que nous sommes. Et c'est finalement Jason qui en fera l'expérience.

Un roman dur, fort et très noir qui ne vous laissera pas indemne.

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{Le mois du polar} Pandore et l'ouvre-boîte de Postel et Duchâtel

Titre: Pandore et l'ouvre-boîte

Auteurs: Postel et Duchâtel

Éditions: France Loisir

Collection: Piment

Date de parution: 1999

 

Ce roman fait partie des reliques de ma pile à lire. Il traîne depuis tellement longtemps que j'ai même cru un moment que je l'avais lu et oublié. J'avais décidé de le lire définitivement lors de mon voyage en Grèce et ce fut une bonne occasion pour me plonger dedans.

 

Un académicien est retrouvé mort, son épée plantée dans son corps et les oreilles tranchées. Deux autres académiciens vont le rejoindre dans l'immortalité. Pour mener l'enquête, deux techniques: celle d'un policier, De Smalt qui résout ses affaires grâce à l'hypnose ou celle de Vitellus, un jeune homme lancé par hasard dans le roman de sa vie.

 

Pandore, à l'origine des mots

 

Ce roman a été écrit à quatre mains mais chaque auteur donne sa version de l'histoire: De Smalt ou l'histoire vraie et Vitellus ou la vraie histoire. Chacun dans son genre entre dans la catégorie polar mais il semble bien que, pour les deux auteurs, résoudre l'énigme ne soit pas la priorité. Au contraire, chacun laisse planer le doute sur la version de la vérité qu'il donne. Le lecteur devra donc faire son choix ou imaginer une autre solution.

L'intrigue est donc un prétexte pour le jeu autour du romanesque. De Smalt poursuit sa propre énigme, liée à l'univers du surréalisme et de la poésie. Vitellus, lui, se retrouve mêlé à cette affaire à son corps défendant, dans une sorte de roman dans le roman. Dans les deux histoires, c'est le roman qui semble au centre du récit: le roman en train de se faire, le roman et la réalité, la force de la littérature. Et c'est très déstabilisant pour le lecteur qui a parfois l'impression que les auteurs s'amusent à ses dépends ou du moins sans lui. En effet, de l'humour et des bons mots, il y en a dans ces deux enquêtes fantasques.

 

Votre conclusion, inspectrice Between the Books?

 

Je reste donc perplexe. J'ai passé un très bon moment de lecture mais ce roman inclassable ne se laisse pas facilement apprivoiser. Je me demande même si je ne suis pas passée à côté de certains aspects importants. J'ai cependant beaucoup aimé la mise en abyme du texte et le jeu sur les codes romanesques

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[On est rendu à Loches!] Deux coups de coeur lochois.

Savebag

 

Ce samedi avait lieu la braderie de l'entreprise Savebag, créateur et fabricant de maroquinerie. Cette entreprise familiale située à Perusson existe depuis 1963!

J'ai découvert cette entreprise grâce aux blogueuses de Tours et c'est sans aucune hésitation que j'y ai acheté ma première valise au mois d'octobre. La marque avait lancé une collection en édition limitée qui m'avait totalement séduite. Et la qualité était au rendez-vous.

Dans le hangar de l'entreprise, ce samedi, les cartons s'empilaient et étaient pris d'assaut par les particuliers venus profiter des petits prix et des bonnes occasions. Il m'a semblé que la braderie rencontrait un grand succès! Il y en avait pour tous les goûts: des valises, des cartables, des sacs féminins, des sacs d'ordinateurs, des accessoires...

Au programme pour moi, une valise cabine commandée par mon frère pour Noël mais surtout un vanity rigide à tout petit prix!

L'Oyster Bar à Loches

 

Dans un cadre très sobre et classe, deux garçons très sympathiques vous accueillent  pour un repas très iodé. Et c'est de derrière leur bar qu'ils préparent votre assiette.

Au programme, des assiettes d'huîtres, des fruits de mer, assiettes de saumons. Pour ceux qui ne sont pas adeptes de produits de la mer, il y a toujours de la cochonnaille.

L'Oyster Bar travaille aussi avec les commerçants locaux. Le fromage vient de la "Crèmerie du château", ce qui garantit la qualité et le goût des produits.

Quant aux desserts, ils viennent de la pâtisserie "La Parisienne", chez Régine et Jean-Marc Beauvais, récemment primé comme meilleur pâtissier de Touraine, c'est dire!

Un lieu vraiment agréable, aux assiettes soignées (spécial coup de cœur pour le presse-citron individuel!) et convivial. A découvrir absolument!

 

La page facebook de l'Oyster Bar

L'article sur le concours de pâtisserie.

 

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{Le mois du polar} Polycarpe, T.3, Le Nègre en chemise de Claudine Chollet

Titre: Polycarpe n°3. Le Nègre en chemise

Auteur: Claudine Chollet

Éditions: Tutti Quanti

Date de parution: 2007

 

Il y a des romans sur lesquels vous n'auriez pas particulièrement parié et qui pourtant finissent par vous séduire totalement. L'auteur, Claudine Chollet, avait titillé ma curiosité en qualifiant ses romans de "polars cosy". Comme elle avait eu la gentillesse et la générosité de me donner un de ses romans à lire, j'ai plongé dedans sans attendre.

 

Polycarpe, un jeune retraité, qui commence à se faire une petite réputation de perceur de mystères à Rochebourg, un paisible (mais pas tout le temps!) village. Cette fois, c'est la discrète Violette Parker, la tante de la célèbre romancière Elvire Auggry, qui meurt étouffée par une guêpe. La thèse de l'accident chiffonne notre Polycarpe qui non seulement doit faire la lumière sur les secrets de Violette mais doit aussi résoudre une autre énigme: pourquoi sa douce amie Imogène lui bat-elle froid?

 

Ce qui caractérise ce roman, et sans doute la série, c'est l'ambiance. Ce petit village de Rochebourg regorge de personnalités attachantes et hautes en couleur. Les personnages sont bien campés et ne tombent jamais dans les clichés. Le secret? L'auteur les regarde avec une certaine distance amusée.

L'énigme principale autour de la mort de la vieille Violette se tient parfaitement mais ce qui fait le sel du roman, ce sont tous les fils narratifs que l'auteur tissent avec brio. On ne s'ennuie jamais et le rythme alterne efficacement rebondissements et anecdotes secondaires. J'ai particulièrement apprécié de ne pas être entraînée à toute berzingue vers une fin explosive mais au contraire d'errer avec Polycarpe dans les rues et les histoires de Rochebourg. Contrairement aux polars plus conventionnels, je n'ai pas eu l'impression ne m'être fait mener par le bout du nez mais plutôt que l'auteur partageait avec moi avec humour et légèreté une tranche de vie de Polycarpe.

Pour moi, c'est exactement le genre de roman que j'apprécie: une gourmandise qui réconforte. Et je me suis surprise à m'imaginer vivre dans ce village et venir aider Polycarpe à retapisser les pièces de sa maison. N'hésitez pas, ce roman est un trésor.

 

Clin d'oeil: sur les révélations de l'auteur, je vous annonce qu'un message est caché dans le roman sous la forme d'une sorte d'acrostiche avec les lettrines.

 

L'avis de Mademoiselle Maeve sur le tome 1, Le Vieux Logis.

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{Le mois du polar} Maelström de Stéphane Lemarchand

"Je suis venu vous dire que vous allez mourir

Je suis servi, j'ai une quinte flush

Je rafle la première mise"

 

Titre: Maelström

Auteur: Stéphane Marchand

Éditions: Flammarion

Date de parution: 2011

 

Un tueur en série qui se fait appeler le Maestro contraint Harold Irving, un écrivain à la dérive, Dexter Borden, un agent du FBI et Fanny Chopman à le suivre dans son entreprise machiavélique.

 

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de thriller et c'est une précision importante car elle explique en partie ma réaction à ce roman.

 

Véritable page turner à l'américaine, il entraîne le lecteur à un rythme effréné vers une fin totalement inattendue, surtout dans les deux dernières parties. On retrouve dans ce roman les ingrédients habituels et efficaces: des chapitres courts et denses, des meurtres violents, un passé complexe et retors pour l'ensemble des personnages, de l'action et des rebondissements en pagaille et une intrigue toute en suspens. Les personnages ne sont pas trop caricaturaux même si l'on reconnaît des traits récurrents: le personnage paumé, le lourd passé, l'amnésie.

Il s'agit plus d'un jeu de piste qu'une enquête car les deux personnages principaux sont engagés, non pas à arrêter le tueur, mais à comprendre ses motivations, comme s'ils pouvaient lui apporter la légitimité dont il a besoin. C'est finalement ce puzzle a reconstituer qui est le plus intéressant car nous replaçons les pièces en même temps que les personnages.

Si je n'ai pas été sensible à la précision des références automobiles, je l'ai été beaucoup plus à l'importance de la musique dans le roman. Cela constitue presque une b.o. pour la lecture et apporte une touche jazzy presque en décalage avec l'image que l'on a des thrillers.

Alors qu'est-ce qui m'a gênée? Essentiellement la première partie et son manque d'approfondissements. Tout va trop vite pour moi et je n'ai pas eu le temps de ressentir le danger pressant que je recherche dans les thriller. J'ai trouvé que les personnages fonçaient un peu vite dans le jeu du Maestro et qu'ils n'opposaient presque aucune résistance. Ils le suivent sans essayer de contrecarrer ses plans. Il est vrai que le Maestro a toujours cinq ou six coups d'avance sur tout le monde, même sur le lecteur, mais, tout de même, Harold et Dexter se contentent de ramasser les indices et de remonter le fil d'Ariane que le Maestro décide de leur laisser. Et puis je n'ai pas senti les personnages réellement sous pression. Finalement, ils ne sont pas directement visés par les meurtres et la menace du Maestro pour les entraîner à sa poursuite m'a semblé superficielle, un peu facile.

Au vu des critiques élogieuses qu'a rencontré ce roman et de sa potentielle adaptation en film, je me demande ce que j'ai mal compris. Est-ce moi dont les attentes ne correspondent plus à ce genre de roman?

Je me laisserai quand même bien tenter par le nouveau roman de Stéphane Marchand: Nos rêves indiens aux éditions Fleur sauvage.

Pour écouter l'air favori du Maestro, voici Cheek to cheek par Ella Fitzgerald.

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{Le mois du polar} Polar sur Loire, une première édition réussie

Petit bilan du salon Polar sur Loire 2016.

 

La première édition de Polar sur Loire a eu lieu aujourd'hui à la salle Ockeghem, place Châteauneuf.

Parlons déjà du lieu choisi: le cadre était vraiment impressionnant avec sa voûte d'ogives.

Dès l'entrée, on pouvait trouver une grande table avec tous les livres proposés par les auteurs. J'ai trouvé que c'était une très bonne idée car cela enlevait le rapport commerçant que l'on peut avoir avec les auteurs dans les salons. Cela leur permet de vraiment parler de leurs œuvres sans que le potentiel lecteur se sente pris au piège par peur de vexer un auteur en n'achetant pas son livre. En plus, aspect non négligeable, cela permettait de payer tous les livres d'un coup et avec la carte bleue.

Les organisateurs avaient prévu deux tables-rondes. La première à 11h portait sur l'écriture à quatre mains. En effet, deux des organisateurs écrivent avec un co-auteur. Le troisième intervenant était Eric Maravélias. La deuxième table-ronde, celle de l'après-midi à 15h, portait sur l'écriture de séries aux personnages récurrents et était animée par Maeve, une blogueuse tourangelle de choc.

J'ai profité du salon pour revoir Béatrice Egémar que j'apprécie beaucoup. Mais le salon était surtout l'occasion de découvrir de nouveaux auteurs et de se laisser tenter par de très (trop) nombreux romans. Les auteurs étaient particulièrement accessibles, sympathiques et joyeux. Il était donc très plaisant d'avoir le temps de discuter avec eux et de ne pas se contenter de se faire dédicacer les premières pages.

Une première édition réussie et de qualité. Félicitations aux organisateurs! J'attends la deuxième édition avec impatience.

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{Le mois du polar} Clair-Obscur en Chartreuse de Mary Play-Parlange.

Titre: Clair-Obscur en Chartreuse

Auteur: Mary Play-Parlange

Editions: Ex Aequo

Date de parution: novembre 2013

 

Voici encore un roman dont vous pourrez rencontrer les auteurs demain au salon du polar de Tours, le tant attendu "Polar sur Loire". Roman écrit à quatre mains par Nicole Parlange et Dominique Play, il se déroule en grande partie en Touraine et surtout à Tours et dans le Lochois.

 

Olivier Lormeaux, directeur de la Chartreuse du Val, prestigieux complexe hôtelier de Touraine,  meurt d'un arrêt cardiaque à la gare de Marseille alors qu'il s'apprête à rencontrer sa future ex-femme pour lui proposer un marché.

A la fin du XVIe siècle, un homme inconnu est retrouvé mourant dans la forêt qui entoure la Chartreuse du Liget. Deux fils temporaires mais un seul thème: la peinture et son attachement à un lieu.

 

Ce roman policier se dévore à toute vitesse car il est court et son rythme est plutôt enlevé. Si l'on peut être surpris au début par ces chapitres très brefs, ces personnages encore indéfinis et cette plongée in medias res, finalement l'effet syncopé offre un grand dynamisme au récit.

Le roman met en scène un personnage récurrent, Mélinda Fields, que l'on retrouve dans les tomes précédents. Ce personnage est attachant sans pour autant prendre toute la place. En effet, les deux auteurs ne tombent pas dans le piège très cliché de l'enquêteur torturé par un sombre passé. Ici, Mélinda a un passé, des émotions personnelles mais cela reste cohérent et simple. L'autre personnage, Diego Martelly est aussi intéressant car là aussi il échappe aux poncifs du genre.

L'intrigue s'enroule et se tisse autour de deux peintres et deux lieux: Le Caravage à la Chartreuse du Liget et Cézanne à Aix. Cela permet au récit de s'inscrire dans un contexte historique fort et de proposer une histoire prenante et crédible. J'ai particulièrement apprécié les références à la découverte récente de deux toiles attribuées au Caravage à l'église Saint-Antoine à Loches.

Évidemment, lire un roman qui se déroule en grande partie près de chez moi avait tout pour me plaire. Je suis souvent passé devant la Chartreuse du Liget mais sans m'y arrêter. C'est décidé, aux prochaines vacances, j'y ferai un tour!

 

Pour en savoir plus:

- les peintures du Caravage à Loches

- la chartreuse du Liget et ses environs

- l'avis de Mademoiselle Maeve

 

Tableaux:

Le Caravage, Les joueurs de cartes, 1594, (Forth Worth – Texas, Kimbell Art Museum)

Paul Cézanne, Les joueurs de cartes, 1892-1895, musée d'Orsay

Informations:

Polar sur Loire le samedi 5 novembre

Salle Ockeghem - 15 place Châteauneuf

10h-19h entrée gratuite

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{Le mois du polar} Meutres à Fontevraud de Denis Soubieux et Monique Debruxelles

Titre: Meutres à Fontevraud

Auteurs: Monique Debruxelles et Denis Soubieux

Editions: Le Geste noir

Date de parution: 2015

 

J'avais acheté ce roman au salon du polar de Loches mais j'ai profité de l'annonce du salon "Polar sur Loire" pour le sortir de ma Pile à Lire et mettre mon nez dedans.

 

A Fontevraud, à une époque qui pourrait être un jour la nôtre, la célèbre abbaye est presque à l'abandon faute de financement. Une association résiste à la lente érosion du patrimoine culturel avec à sa tête Alix Etauque. Ce dernier organise un festival de musique auquel il convie Tonino Di Nalli, (le héros du tome précédent: Enquête sur un Crapaud de Lune ) et son groupe de jazz. Or, au lendemain du festival, le corps du médecin du village est découvert particulièrement mutilé... Qui a fait le coup? Pourquoi? Dans le cadre fabuleux de l'abbaye de Fontevraud se trament des complots étranges.

 

Ce petit roman policier se lit tout seul. Comme l'avait promis Denis Soubieux, les personnages portent le roman. Il présente en effet une galerie de personnages savoureux. On passe en particulier un bon moment en compagnie de Tonino et de Marcel Bannier, un commissaire à la retraite. L'intrigue est plutôt originale tout en restant simple car elle ne se perd pas dans des intrigues secondaires complexes. Ici, les auteurs vont droit à l'essentiel et le fil de l'histoire se déroule sans anicroche.

Ce qui m'a particulièrement plu, c'est l'ancrage architectural du récit. L'abbaye de Fontevraud est un lieu que j'affectionne particulièrement à la fois pour son long passé historique mais aussi pour la part de rêverie qu'il suscite en moi. Je me rappelle avec émotion de nuits passées dans son enceinte et des longues ombres qui se glissaient la nuit contre les murs quand nous rentrions nous coucher bien tard, à l'heure où il n'y a plus de lumières.

Ne vous attendez donc pas à un roman policier tout en rebondissements et actions haletantes. Ici, on n'est en pays Angevin: on prend son temps, on profite de plaisirs simples, on apprécie un bon repas et un bon verre. Ce n'est pas un crime glauque qui va ternir la célèbre "douceur angevine", "bon d'là de bon d'là"!

 

Pour lire la critique de ma comparse tourangelle Maeve, c'est sur son blog: Mademoiselle Maeve lit des livres.

 

Polar sur Loire - le samedi 5 novembre 2016
Salle Ockeghem à Tours
10h-19h  Entrée gratuite
Pour plus d'informations : http://polarsurloire.hautetfort.com/

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{Le mois du polar} Polar sur Loire

En l'honneur du très prochain salon "Polar sur Loire", j'inaugure sur mon blog "le mois du polar". La saison s'y prête: on rêve de se blottir sous un plaid devant un bon feu de cheminée afin de frissonner en toute sécurité.

Mais "Polar sur Loire", qu'est-ce que c'est?

 

Il s'agit du premier salon du polar de Tours. Trois auteurs de romans policiers, ligériens, s'allient pour l'organiser le 5 novembre, salle Ockeghem à Tours.

 

Ces trois auteurs appartiennent à l'association "Signatures de Touraine", qui rassemblent des auteurs tourangeaux de domaines très variés. Afin de sortir des salons généralistes où tous les sujets se côtoient, parfois dans un joyeux mélange, ces trois comparses ont décidé de fédérer des auteurs du coin (de Tours, Blois, Angers...) autour d'un thème précis: le polar.

 

C'est aussi pour eux l'occasion de sortir des sentiers battus: pas de peoples comme dans certains autres salons (suivez mon regard...), pas de banquet, pas de subventions politiques. De l'indépendance! Et pourtant, l'entrée reste gratuite. Chapeau bas!

Le salon s'annonce modeste et convivial. L'objectif est de rencontrer les lecteurs, d'échanger, de partager le plaisir de la lecture. Pour cela, des tables rondes seront organisées sur deux sujets alléchants: l'écriture à quatre mains et l'écriture d'une série.

 

Mais qui sont ces trois organisateurs?

 

Claudine Chollet est à la tête de sa propre maison d'édition, les Editions Tutti Quanti. Elle y publie sa série policière des "Polycarpe". Elle est aussi l'auteur d'un tome de la célèbre série "Le Poulpe". Ses "polars cosy", comme elle les qualifie elle-même, s'appliquent à mettre au cœur de l'intrigue des personnages savoureux dans un esprit anglo-saxon.

 

Nicole Parlange (et sa co-auteur Dominique Play) écrit, sous le pseudonyme de Mary Play-Parlange, des thrillers qui mêlent intrigue historique et intrigue contemporaine. Les récits se tissent autour d'un lieu historique inspirant: la chartreuse du Liget au XVIe siècle, Marseille au temps de la Peste, Rome et Garibaldi.

 

Denis Soubieux, que j'avais déjà rencontré au petit salon du polar de Loches, écrit aussi avec une co-auteur, Domique Debruxelles. Leur deux polars se situent dans un hors-temps un peu inquiétant et développent leurs intriguent autour de personnages récurrents.

 

Ces trois auteurs incarnent la diversité des genres et des tons du polar, genre littéraire polymorphe. Ainsi pourra-t-on se retrouver nez à nez avec du polar humoristique ou du thriller fantastique. Il y en aura pour tous les goûts.

 

Qui pourra-t-on rencontrer au salon?

 

ADRIAN MATHEWS

 

BEATRICE EGEMAR

BERTRAND GILET

CATHERINE SAVARY

CLAUDINE CHOLLET

 

DENIS SOUBIEUX

 

DOMINIQUE PLAY

 

ERIC MARAVELIAS

 

FREDERIC GENOT

 

GERARD CANDELA

 

HENRI LUDIANOV

 

 

 

 

 

JEAN-LUC HERMETZ

 

J-NOËL LEWANDOWSKI

 

JEAN-PAUL PINEAU

 

JEREMY BOUQUIN

 

MICHEL DOUARD

 

MICHEL EMBARECK

 

MONIQUE DEBRUXELES

 

NICOLE PARLANGE

 

PATRICK DE FRIBERG

 

SANDRA MARTINEAU

 

OLIVIER TAVEAU

 


Je remercie ces trois auteurs de nous avoir rencontrés, les blogueuses littéraires de Tours (Maeve, Bérengère et Amélie) et moi et de nous avoir prêtés des romans afin que nous découvrions leurs plumes respectives avant le salon. Ce fut un moment agréable et enrichissant. Vite, vite, j'ai hâte de découvrir ce salon!

 

Pour plus d'informations: le site de Polar sur Loire

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Ma Pile à Lire de voyage: La Grèce

Cette année, pour la première fois, je pars en vacances seule. Je me rends en Grèce pour un circuit organisé. Je ne suis pas très rassurée mais j'emporte avec moi des compagnons de voyage qui sauront me réconforter. J'ai essayé de choisir des lectures qui me donnaient envie mais aussi des lectures qui correspondaient ou évoquaient mon voyage. J'aurais voulu emporter davantage de littérature grecque mais je ne possède pas de roman grec contemporain et ma bibliothèque de livres à lire est sur le point d'exploser. Faisons donc avec ce que nous avons!

 

  • Homère, Odyssée, traduction en vers par Jaccottet. J'emporte là une valeur sûre et surtout un récit qui correspond à l'occasion. Dans quel endroit plus qu'en Grèce, relire l'Odyssée?
  • Bianca Pitzorno, L'Etonnant voyage de Polyxène. J'ai choisi ce roman jeunesse que j'ai lu il y a très longtemps car le titre m'évoque la Grèce.
  • Monique Debruxelles et Denis Soubieux, Meurtres à Fontevraud. Avec ce roman, je prépare activement le salon "Polar sur Loire" qui aura lieu le 5 novembre à Tours. Denis Soubieux est un des organisateurs.
  • Postel et Duchâtel, Pandore et L'Ouvre-boîte. Encore un polar mais choisi cette fois en rapport au nom de Pandore, célèbre personnage de la mythologie grecque. Évidemment, il n'en sera pas question dans ce roman à quatre mains.
  • Laurent Gaudé, Les Oliviers du Négus. Je me suis dit que ce recueil de nouvelles pourrait me reposer en cas de journée fatigante.
  • Gaston Leroux, Le fantôme de l'Opéra. Pourquoi celui-là? Parce que deux de mes élèves travaillent dessus pour les TPE et cela m'a donné envie de le lire. C'est l'occasion. Et puis les vacances de la Toussaint, c'est aussi Halloween, non?

 

Voilà les six livres que j'emporte. Je me doute bien que je n'aurai pas le temps de tous les lire mais je préfère avoir le choix sur place plutôt que de me forcer à lire un livre qui ne me fait plus envie une fois là-bas.

Vous en pensez-quoi de cette liste? Quel livre m'auriez-vous conseillé?

Et vous, vous lisez quoi?

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"Ma peinture et votre récit sont semblables: subjectifs et idéalisés"

Titre: Le Peintre et la voyageuse

Auteur: Patricia Almarcegui

Editions: Intervalles

Date de publication: 2016

 

Dans l'imagination de l'auteur, Lady Montagu, voyageuse et femme de lettres du XVIIIe siècle et Ingres, célèbre peintre du XIXe siècle se rencontrent. A l'ouverture du roman, Ingres est en mal d'inspiration. Il n'a plus le désir de peindre. Il décide donc de se retirer à la campagne. Mais il a fait la rencontre de la fascinante voyageuse lors de la représentation de l'opéra Orphée et une relation s'installe entre eux. Au fil de leurs entrevues, un véritable échange se fait autour de l'art, des femmes, de l'enfance, de l'amour,... Jusqu'à retrouver le goût de peindre.

 

J'ai passé un bon moment en compagnie des tableaux aimés ou peints par Ingres et des récits d'Orient proposés par la voyageuse. Les entretiens entre ces deux personnages sont enrichissants et posent la question fondamentale de la place de la femme dans l'imaginaire artistique, en particulier de la femme orientale. Lady Montagu défend une vision très moderne de la femme de harem et remet en question la perception occidentale, s'inscrivant ainsi dans la tradition des Lumières. L'hypotypose (description réaliste et animée d'une oeuvre d'art) finale est stupéfiante et constitue pour moi l'apogée du roman.

Si certains passages m'ont semblé un peu surfaits voire clichés, l'ensemble du roman fait voyager de Venise à Paris en passant par la Turquie et la campagne française mais il fait surtout voyager dans les univers picturaux et sensoriels des deux personnages.

 

Je crois que ce qui m'a empêchée de rentrer totalement dans le roman c'est une certaine superficialité des personnages. Non pas qu'on ne connaisse pas leurs pensées et émotions mais j'ai parfois trouvé que cela manquait de sel, de complexité. Ainsi, l'admiration que l'auteur porte à Lady Montagu la conduit à en faire un personnage parfait, qui est belle, admirée de tous, originale et qui comprend à la perfection la psychologie de ses interlocuteurs. Et c'est là que je ne m'y retrouve pas. De plus, le style m'a paru un peu brut, un peu sec, peut-être maladroit. Mais je le mets aussi sur le compte de la traduction. A noter, quelques erreurs de syntaxe malheureuses, quand l'auteur cite les lettres de Lady Montagu sans établir les changements nécessaires à la nouvelle situation d'énonciation.

 

Le bilan est donc mitigé mais c'est que je deviens un public difficile. Le roman était ambitieux et j'en attendais encore plus. Il se lit néanmoins très bien et la qualité indéniable de l'objet-livre a participé au plaisir de la lecture.


Cette lecture a été effectuée dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio. Je remercie donc Babelio et les éditions Intervalles pour cet envoi et cette lecture.

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"Ils ont tué Antigone."

Titre: Le Quatrième Mur

Auteur: Sorj Chalandon

Éditions: Grasset/Le livre de poche

Date de parution: 2013

 

Ce récit, c'est celui d'une dévoration car toutes les tragédies sont des dévorations. Les personnages y sont dévorés d'amour, de haine, de jalousie, de dilemmes moraux. Ici, c'est la guerre qui dévore tout.

 

Georges reçoit de son ami Samuel une mission d'ordre sacrée car Samuel va mourir et il laisse à Georges le soin de réaliser sa dernière volonté: monter Antigone d'Anouilh à Beyrouth en 1982 avec comme acteurs un membre de chaque communauté en guerre. Or si Georges a combattu dans la rue contre les fascistes dans sa jeunesse, il vit maintenant tranquillement. Et pourtant, il va tout abandonner pour donner vie à cette trêve théâtrale.

 

Si l'on pense au début que la référence à la pièce d'Anouilh est anecdotique et ne se justifie que par le projet fou de Samuel, il n'en est rien. Ce roman parle certes d'une tragédie mais il est lui-même une tragédie. La mise en abyme est complète quand la fin du roman intègre des didascalies et une mise en page théâtrale. Et si le roman s'ouvre sur le monologue du choeur d'Anouilh, il se ferme aussi sur la parole d'un choeur qui met un point final à la tragédie romanesque. L'auteur a réussi à tisser dans son roman une toile digne des plus grandes tragédies antiques. En effet, sans le savoir, Georges marche vers son destin, sans cesse.

Mais est-ce Georges le véritable personnage de cette histoire? Rien n'est moins sûr. D'ailleurs, il m'a beaucoup agacée ce personnage et j'ai eu assez peu d'empathie pour lui jusqu'à ce que je comprenne qu'il n'était que la victime d'une grande machine absurde et dévorante: la guerre.

Le véritable personnage de ce texte, c'est la guerre. Elle nous apparaît dans toute sa violence, dans toute sa rage et sa confusion. Elle semble éternelle, victorieuse et même séduisante. Comme vers le sein d'une maîtresse, Georges y revient, comme malgré lui, abandonnant tout, y compris ses deux femmes qu'il s'était juré de protéger toujours. Contre elle se fracassent les certitudes et la réalité. Après elle, il n'y a rien que le chaos.

Pourtant, il semble que l'auteur ait souhaité mettre l'humain au cœur de son récit comme en témoignent les noms de ses chapitres: ils désignent tous un personnage à l'exception de deux qui désignent un lieu. Mais ce lieu, n'est-il pas lui aussi un personnage? N'est-ce pas lui qui incarne cette guerre? Toujours est-il que ce n'est pas tant l'histoire de Georges que celle de Samuel, Imane, Aurore, Louise, Nakad et les autres. Tous affrontent la guerre et s'y brisent. Tous sont la personnification d'une attitude, d'une idéologie, d'un peuple ou d'un espoir. Et ils sont nombreux comme le sont les victimes.

Comme chez Anouilh, la langue de Chalandon se fait simple, claire et efficace. Les élans lyriques restent sobres et les descriptions ne tombent jamais dans l'excès. On peut dire beaucoup sans trop en faire. Il évite ainsi tous les pièges du pathos qui enferme la guerre dans ses clichés. De plus, comme l'a prouvé la lecture théâtralisée à laquelle j'ai assisté, cette langue est proche de l'oral et résonne d'autant plus.

Une lecture qui ébranle.

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{Instantanés de poésie} Jacques Prévert, Paroles

Au café "Chez Fraisse", Rue de Seine - Paris 1958 © Ateliers Robert Doisneau
Au café "Chez Fraisse", Rue de Seine - Paris 1958 © Ateliers Robert Doisneau

Jacques Prévert, Paroles, "Je suis ce que je suis", 1946

 

Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j’ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J’aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n’est pas le même
Que j’aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

 

Je suis faite pour plaire
Et n’y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu’est-ce que ça peut vous faire

 

Ce qui m’est arrivé
Oui j’ai aimé quelqu’un
Oui quelqu’un m’a aimé
Comme les enfants qui s’aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n’y puis rien changer.

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Au rayons bandes-dessinées, des nouveautés.

J'aime beaucoup la bande-dessinée et pourtant j'en lis assez peu: le prix d'un album me refroidit pas mal même si je ne remets absolument pas en question sa légitimité. J'ai donc décidé d'en emprunter à la médiathèque. Mais là, le deuxième obstacle à ma lecture de bandes-dessinées surgit: réussir à lire les séries dans l'ordre, sans frustration.

Voici donc mes solutions:

- lire des one-shot, ainsi plus de soucis de frustration.

- lire des albums extraits d'une série mais qui fonctionnent en autonomie.

- emprunter une série complète.

Titre: Détectives - Miss Crumble - Le Monstre botté

Auteurs: Hanna, Guinebaud, Lou

Éditions: Delcourt

Date de parution: 2014

 

Miss Crumble, enquêtrice badass à l'esprit affuté, nous emmène avec elle dans son univers à la Agatha Christie mais en bien moins sage.

L'intrigue du "whodunit" est fort bien menée et je n'avais absolument pas vu venir la révélation finale. A la manière d'un roman policier traditionnel, le récit se construit pas à pas et montre les différentes hypothèses formulées par l'enquêtrice.

Cette enquête se caractérise aussi par son humour et la vivacité de ces scènes.

Ce n'est cependant pas le coup de cœur attendu, en partie à cause des graphismes. En effet, la transformation finale du personnage coupable m'a rendue sceptique car son physique et les traits de son visage sont totalement modifiés. En dehors de ces dernières planches, l'univers graphique est très intéressant et bien travaillé.

 

Titre: Le jardin de minuit

Auteur: Edith

Éditions: Soleil

Date de parution: 2015

 

Cette bande-dessinée est l'adaptation d'un roman anglais de Philippa Pearce. Elle met en scène Tom Long qui est envoyé chez sa tante car son petit frère à la rougeole. Il s'y ennuie profondément. Mais une nuit, l'horloge de l'entrée sonne treize coup et quand il ouvre la porte de la cour, il découvre à la place un immense jardin. Tom s'y glisse et invisible de tous, sauf de Hatty, une petite fille vêtue d'une robe étrange, il y passe ses nuits.

Cette bande-dessinée m'a complètement emportée par son univers fantastique et plein d'émotions. L'univers onirique est très élégant et les personnages sont complexes et attachants.

Titre: Les innocents coupables

Auteurs: Laurent Galandon, Anlor

Éditions: Bamboo édition

Date de parution: 2011-2014

 

Cette bande-dessinée se passe dans un bagne d'enfants, "Les Marronniers". Les personnages principaux arrivés au bagne pour des raisons différentes n'ont qu'un seul but commun: s'enfuir. En effet, les conditions de vie sont atroces: humiliations, violence, injustice, sadisme, peur sont quotidiens pour ces jeunes garçons.

J'ai trouvé les trois tomes de cette série passionnants avec un très beau travail de la couleur. On a du mal à s'imaginer ces bagnes pour enfants où l'on enfermait les enfants "délinquants" pour les "remettre sur le droit chemin" par la vertu du travail (et des coups). J'avais entendu parler de ce genre d'endroits à Fontevraud dans une exposition sur Jean Genet qui a vécu cette expérience à Mettray en Indre-et-Loire. Les personnages sont complexes et la fin est loin d'idéaliser la réalité.

Titre: Du vent dans mes mollets

Auteurs: Raphaële Moussafir et Mam'zelle Roüge

Éditions: Intervista

Date de parution: 2009

 

Rachel, petite fille espiègle, est mise en scène dans des situations impertinentes entre ses parents, sa détestable institutrice et sa psychologue. Mais Rachel n'est pas seule pour parcourir le chemin de l'enfance car elle a une meilleure amie avec qui elle fait les quatre-cents coups.

Cette bande-dessinée ressemble à un album, à une suite de vignettes aux dessins crayonnés. C'est drôle et frais mais la fin est une grande claque qui nous bouleverse et referme la porte de l'enfance avec fracas.

J'avais vu le film, qui déjà m'avait vraiment enthousiasmée mais j'ai trouvé la bande-dessinée encore plus réussie.

Titre: Polina

Auteur: Bastien Vivès

Éditions: Casterman

Date de parution: 2011

 

Polina c'est la danse classique de l'enfance à l'âge adulte; le corps façonné, le corps blessé, le corps artiste. Sorte de roman d'apprentissage, ce "roman graphique" n’émet pas de jugements envers la dureté du maître ni envers les errances amoureuses et professionnelles de Polina.

Les dessins en noir et blanc sont d'une grande pureté et d'une grande sensibilité et sont un bel hommage au monde exigeant de la danse, qui apparaît ici sans concessions.

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{Sortie} Lecture théâtralisée autour d'Antigone

Hier soir, l'association Le Champ des livres, dont le but est de promouvoir la lecture en milieu rural proposait une lecture théâtralisée d'extraits d'Antigone d'Anouilh et de Le Quatrième Mur de Sorj Chalandon au Pourquoi pas, un café-restaurant-lieu de vie que j'ai déjà évoqué dans ces pages.

Six lecteurs-acteurs se partageaient les rôles et les textes, alternant extraits du roman de Sorj Chalandon qui raconte la tentative de monter la pièce d'Anouilh à Beyrouth et des extraits finement choisis de la pièce d'Anouilh elle-même. Chaque texte entrait délicatement en écho avec les autres et les voix ont porté le message de révolte et de paix qu'incarnait Antigone.

En dehors du choix sensible et intelligent des extraits, j'ai admiré les lecteurs dont, pour certains, la langue française n'était pas maternelle.  Chacun a incarné son personnage avec force.

Ce moment a demandé aux lecteurs, en tout et pour tout six jours de travail depuis l'été 2015, ce qui est très peu pour une prestation de cette qualité, en particulier pour des amateurs. Ils ont pour cela été guidés par Pascale Sueur qui anime des ateliers de mises en voix avec l'association Le Champ des livres dans le sud touraine.

Je suis ressortie du Pourquoi pas émue et bien décidée de suivre de près l'association et son agenda.

 

Pour plus d'informations

Le site de l'association Le Champ des livres

Le site de Pascale Sueur

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{Instantanés de poésie} Louise Labé

J'inaugure ici une nouvelle catégorie d'articles. Longtemps, je me suis demandée comment vous partager mes lectures de recueils poétiques. Il est difficile de faire un résumé et je ne voulais pas tomber dans l'analyse universitaire. Alors, je vous propose un poème tiré du recueil que j'ai lu. Le choix sera toujours subjectif. Je ne choisirai pas forcément le plus connu ou le plus intéressant au niveau de l'analyse mais celui qui me parle le plus, qui converse avec moi.

Sur ce, bonne lecture.

Louise Labé, Oeuvres complètes, Sonnet XXIV, XVIe siècle.

 

Ne reprenez, Dames, si i’ay aymé :
Si j’ay senti mile torches ardentes,
Mile travaus, mile douleurs mordentes :
Si en pleurant j’ay mon tems consumé,

Las que mon nom n’en soit par vous blamé.
Si j’ay failli, les peines sont presentes.
N’aigrissez point leurs pointes violentes :
Mais estimez qu’Amour, à point nommé,

Sans votre ardeur d’un Vulcan excuser,
Sans la beauté d’Adonis acuser,
Pourra, s’il veut, plus vous rendre amoureuses:

En ayant moins que moy d’ocasion,
Et plus d’estrange et forte passion.
Et gardez vous d’estre plus malheureuses.

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"Ces détails invitent à fantasier" Fantasions donc!

Titre: Contes et légendes des châteaux de la Loire

Auteur: Nicole Lazzarini

Editions: Ouest-France

Date de parution: 2011

 

Attirée par la couverture dans la boutique souvenir du Château du Rivau, j'avais craqué pour ce recueil qui s'annonçait ainsi:

"Si les châteaux de la Loire constituent un patrimoine artistique exceptionnel lié aux souvenirs et rêves de l'enfance, ils sont loin de représenter le monde magnifique et magique des contes de fées habité par des reines et des rois enjoués, entourés de châtelaines ravissantes, de princes charmants et d'amis courtois. Certes, ces somptueuses demeures séculaires - Chambord, Chenonceau, Amboise, Azay-le-Rideau, Cheverny, Montsoreau... - ont accueilli des personnages historiques puissants, des rencontres politiques déterminantes, des fêtes féeriques inoubliables ! Néanmoins, il s'y tramait aussi maintes intrigues, il s'y nouait moult complots, il s'y déroulait bien des drames ! Souvent drôles, parfois cruels, toujours auréolés de mystère, ces soixante-cinq récits, enracinés dans la tradition et le fabuleux passé de cette région à la forte identité culturelle et à la douceur de vivre enchanteresse, invitent le lecteur à une promenade imaginaire troublante et captivante."

 

Des contes? Où ça?

 

Le lecteur s'attend donc à passer un moment parmi les contes et légendes locales. C'est alors une totale déception! Il n'y a qu'un seul chapitre qui ressemble vraiment à un conte ou à une légende: le loup-garou de Les Hayes-Gasselin, et encore l'auteur ne laisse pas s'installer la peur et le frisson. Je ne dis pas que les contes et légendes sont absents de ce recueil mais ils ont une bien petite place. Deux raisons à cela: les chapitres sont courts et très nombreux. Ils ne peuvent donc pas laisser la place à un développement conséquent qui emporterait un peu le lecteur.

 

Trop de châteaux, tue le château...

 

Le parti pris est plutôt d'évoquer le plus de châteaux possible. Serait-ce dans un souci d'exhaustivité ou d'équité? Cela affaiblit en tout cas de beaucoup le recueil car il semble clair que pour certains lieux, l'auteur n'avait rien d'intéressant à raconter et se raccroche donc à tout ce qu'elle peut. Il en est de même pour la narration. Nous ne sommes pas là dans une posture de conteuse mais plutôt dans un catalogue d'anecdotes historiques plus ou moins bien mené. En effet, trop souvent l'auteur commence par décrire ou faire l'éloge du lieu, rappelle sa construction, ses habitants, les événements qui y sont liés avant de finir sur la légende qui est mentionnée en quelques mots, si bien que le lecteur ne trouve pas un recueil de contes et légendes mais des notices touristiques bien rédigées. Bref, c'est la désillusion, la déception, la déconfiture comme l'écrirait l'auteur.

 

Au pourpris bien mussé

 

L'autre aspect majeur de ce recueil c'est la langue. Là encore c'est un vrai choix ou alors l'auteur a un phrasé naturel étrange. Le vocabulaire choisi est volontairement vieilli ou régional et plutôt que le commun "château", le lecteur découvre "pourpris", ce qui ne signifie pas vraiment la même chose ou encore "musser" pour "cacher". C'est donc un festival de mots peu communs mais qui donne un effet vieilli pas forcément déplaisant même si à force il devient redondant. L'autre choix, et c'est là je trouve le point le plus intéressant, c'est le jeu sur les rythmes et sonorités. Je vois dans ce travail d'associations sonores souvent ternaires une tentative de retrouver la dimension orale du conte, proche de la poésie, faite de jeux de mots, de rimes et d'échos sonores. Voici un exemple au hasard des pages: "des demi-déesses dévouées, déliées et délicates - ses sémillantes et séduisantes filleules, Cher, Indre et Vienne". Cet effet ne facilite pas la lecture mais dans la perspective d'une lecture à haute voix, je pense que cela peut avoir son petit effet.

 

Alors, heureuse?

 

Est-ce que je regrette mon achat? Pas vraiment. Certes, ce livre ne m'a pas emballée mais il reste un éveilleur de curiosité. Il donne envie d'en savoir plus, d'aller voir sur place. J'y picorerai sûrement selon mes envies à l'occasion. Il est peut-être d'ailleurs préférable de ne pas le lire d'un seul coup mais d'y mettre le nez de temps en temps, avant une balade en Touraine par exemple.

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[ACHATS DU MOIS] JUILLET-AOÛT

Encore une catastrophe pour ma pile à lire... Beaucoup d'achats pour le travail mais cela ne justifie pas cette folie furieuse!

 

  • Achats de brocante ou d'occasion

- Le mystérieux cercle Benedict, Trenton Lee Stewart

- Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, Mathias Malzieu

- Balzac et la petite tailleuse chinoise, Dai Sije

- Les planches courbes, Yves Bonnefoy

- Oeuvres complètes, Louise Labé

- L'Art du roman, Kundera

- Eloges, Saint John Perse

- La Femme gelée, Annie Ernaux

- Les Animaux dénaturés, Vercors

- L'Heptaméron, Marguerite de Navarre

- Ulysse from Bagdad, Eric-Emmanuel Schmitt

- Le Livre de Perle, Timothée de Fombelle

 

  • Achat neuf en librairie

- Sarrasine, Balzac

- Comme un roman, Daniel Pennac

- Vendredi ou les limbes du pacifique, Michel Tournier

- De la servitude volontaire, La Boétie

 

  • Les trouvailles de boîte à livres

- La Caverne des idées, José Carlos Somoza

- Le Sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari

 

  • Achats lors de la Forêt des Livres à Chanceaux-près-Loches

- Mythologies américaines, Dany Laferrière

- Ilenana I, Exil en pays humain, Isabelle Meyer

- les plus belles lettres d'amour d'Alain-Fournier, Jean-Pierre Guéno

- Pinocchio ou les mirobolantes aventures d'un pantin, d'après Carlo Collodi

 

- Contes et légendes des châteaux de la Loire, Nicole Lazzarini

 

- Sulak, Philippe Jaenada (article dédié sur le blog)

- De bons voisins, Ryan David Jahn

 

  • Prêt

- Prime Time, Jay Martel, prêté par Maeve

 

Vous avez lu des livres de cette liste? Que me conseillez-vous? Et vous, vous feuilletez quoi?

 

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"La poésie est la cocaïne de la littérature."

Titre: Le début de la fin

Titre original: First among sequels

Auteur: Jasper Fforde

Editions: 10/18

Date de parution: 2009

 

 

Nous retrouvons dans ce tome 5, Thursday Next 14 ans après sa dernière aventure. Elle est à présent installée avec Landen et a trois charmants enfants: Friday, Tuesday et Jenny (étrange ce prénom dans la liste! Il y a là anguille sous roche... Wait and see!). Elle ne travaille plus pour le service OS-27 (police de la littérature) puisqu'il a été démantelé mais à Zenith-Moquettes... Cependant, elle est loin d'en avoir fini avec le monde des livres puisqu'elle est toujours agent de la jurifiction. Dans ce tome, le monde est menacé par un Excédent de Bêtise, la fin des Temps et le monde des livres subit une lente décomposition jusqu'à tenter sa chance avec la télé-réalité. Thursday Next n'est pas au bout de ses peines.

 

Une saga à suivre

 

Vous n'avez rien compris au résumé? Tout cela vous semble totalement absurde? C'est tout à fait normal. Il s'agit d'une saga qui ne se prend pas en cours de route et qui carbure à l'humour anglais. L'univers s'est complexifié et enrichi au cours des épisodes et l'auteur ne s’embarrasse que peu d'un "résumé des épisodes précédents". Or tous les tomes s'enchaînent intimement. Autant vous dire que j'ai eu un peu de mal à suivre celui-ci puisque j'avais lu le tome précédent en 2010....

 

Je suis une Fforde-addict

 

Ce tome semble avoir deux vitesses. La première moitié, assez immersive, pose le cadre et les jalons de l'intrigue sur un rythme assez lent. Puis une accélération progressive fait s'enchaîner les rebondissement jusqu'à l'apogée finale qui laisse le lecteur essoufflé sur un cliffhanger de dingue. L'auteur ose même s'interrompre au milieu d'une phrase! Je ne vous dis pas l'intense sentiment de frustration...

 

Comme à son habitude, Jasper Fforde mêle avec brio les fils de plusieurs intrigues à la fois dans le monde de Thursday Next mais aussi dans le monde des livres. D'ailleurs le monde imaginé par cet auteur est si foisonnant et délirant qu'on en perd un peu la tête. Cette fois, Thursday visite plus ou moins de son plein gré les marges du monde des livres...

 

Ce que j'aime dans la série des Thursday Next, en dehors de l'univers loufoque, c'est qu'il y a toujours une part de satire à la sauce ironique typique des Anglais. J'ai donc savouré la réflexion sur le rapport au temps qu'entretient la société moderne où tout semble s'accélérer et où l'on vit dans une immédiateté mortifère, dans la consommation et le plaisir facile. Quant à la gestion politique de l'Excédent de Bêtise, c'est touts simplement hilarant!

 

Une bon tome, plein d'actions et de folie Ffordienne où l'on retrouve avec plaisir notre héroïne favorite.

 

 

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[Archives] Sauvez Hamlet!

 

Titre: Sauvez Hamlet!

Auteur: Jasper Fforde

Éditions: 10/18

Date de parution: 2008

 

Je viens d'achever Sauvez Hamlet de Jasper Fforde, le tome 4 des aventures de Thursday Next et je suis partagée entre la folle envie de crier au génie et la tentation de faire quelques critiques.

 

 

Avant d'entrer dans les détails, un bref résumé: Lassée de vivre dans le monde des livres, Thursday décide de revenir à Swindon dans le monde réel. Elle amène avec elle Hamlet, soucieux de comprendre comment son personnage est perçu par les lecteurs. Thursday devra récupérer son mari Landen éradiqué par Goliath, lutter contre Kaine qui projette d'être un tyran et de provoquer la fin du monde, sauver la littérature danoise, faire remporter le SuperArceau à l'équipe de croquet de Swindon, échapper à une tueuse à gage,...

 

 

Comme dans les précédents tomes, Jasper Fforde fait preuve d'un génie créatif exceptionnel. On se demande où il va chercher tout cela... Toujours plein d'humour son récit est truffé d'anecdotes succulentes: Friday, le digne fils de Thursday ne baragouine que le Lorem Ipsum; le procédé GrosseFarce pour retrouver le Minotaure permet de le suivre à la trace à cause de la présence de grosses ficelles comiques du cinéma (chute de piano, peau de banane etc...); le combat de créatures littéraires opposant le Kraken et le Jabberwock; le SuperArceau et ses règles loufoques; St Zvlkx, moine du XIIIe siècle accro aux paris et aux filles, la gêne de Thursday pendant la scène d'amour parce qu'elle se sent observée par le lecteur... Tous ses éléments sont d'une qualité irréprochable. Ce qui m'a vraiment plu, c'est sans aucun doute la réflexion ironique et humoristique sur notre société. Les procédures complètement dingues et ridicules du SuperArceau sont une caricature de notre société procédurière et qui se jette facilement dans des procès ridicules. La réaction de la population devant Kaine, même si elle s'explique par le recours à l'ovinateur, montre bien que notre société suit et ne réfléchit plus quand elle est subjuguée. Enfin, la danophobie (je ne sais si ce mot existe) illogique et aléatoire est le reflet de la stupidité de la haine entre les peuples.

 

Les points que je dirais plus négatifs naissent sans doute de mon intransigeante exigence. Dans un premier temps, on s'habitue à la fantaisie de Jasper Fforde et le plaisir de la surprise se perd un peu. Le plus embêtant je pense, c'est la multiplication des intrigues et le manque d'approfondissement des personnages. On n'a pas le temps de s'identifier aux personnages ni même de s'y attacher tellement le texte file. On en arrive à ne plus ressentir d'émotions même dans les passages pathétiques. C'est peut-être voulu après tout, comme s'il s'agissait là encore une caricature de roman d'aventures avec une héroïne sauvant le monde à tous les coups et qui échappe toujours de justesse à la mort...

 

 

Je trouve donc ce roman audacieux, drôle et vraiment original mais il manque une certaine dose d'humanité qui existe pourtant dans les tomes précédents, surtout dans le premier et dans les aventures de Jack Spratt (The Big over Easy). Je suis donc un peu déçue, sans doute parce que j'en attends trop. Mais je vais sauter sur le dernier tome quand même!

 

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[Archives] Le Puits des histoires perdues

 

Titre: Le Puits des histoires perdues

Auteur: Jasper Fforde

Éditions: 10/18

Date de parution: 2003

 

Je viens vous annoncer, l'âme en peine, que j'ai d'achevé la lecture du 3e tome Le Puits des histoires perdues de Jasper Fforde. C'est un grand malheur parce que ma bibliothèque ne comporte pas encore le tome 4 et que je suis déjà en manque. Je suis une Next-junkie!

 

 

Le troisième tome est à l'heure actuelle, pour moi, le meilleur livre de la série. Et cela tient essentiellement à la qualité de sa réflexion littéraire. L'uchronie déjantée des premiers épisodes laisse place ici à une utopie (au sens étymologique du terme) puisque le récit se déroule dans le Monde des livres. Jasper Fforde en profite donc pour nous exposer sa vision de l'univers des livres, monde autonome à l'origine du texte (et non créé par le texte), à la pointe de la technologie.

 

 

Pour le plaisir de partager, voici un extrait choisi:

 

"-Ça alors, soupirai-je, m'efforçant de me faire à cette idée. Moi qui ai toujours cru que les romans étaient...écrits, tout bêtement.

 

- Écrire est le terme qu'on emploie pour désigner le procédé d'enregistrement, dit LeRoussi tandis que nous nous remettions en chemin. Le Puits des Histoires Perdues est l'interface où l'imagination de l'écrivain rencontre l'intrigue et les personnages afin de faire sens dans l'esprit du lecteur. Au fond, la lecture est un processus bien plus créatif et imaginatif que l'écriture: quand le lecteur invoque l'émotion, ou les couleurs du ciel au soleil couchant, le parfum de la brise d'été sur son visage, il mérite autant de considération que l'écrivain... voire plus. (...) Les livres c'est comme de la magie." (C'est moi qui mets en gras ici)

 

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[Tours'reines] Au château des contes de fées

Quand on vit en Touraine, c'est chaque jour un éblouissement: des paysages, des châteaux et des jardins enchanteurs. Mais si vous voulez sortir des sentiers battus et vivre un moment privilégié hors du temps, une seule destination: le château du Rivau.

Dans un écrin champêtre, un château se dresse depuis le XVe siècle. Construit en 1420 et fortifié en 1442 par Pierre de Beauvau, premier chambellan de Charles VII, il offre à première vue une apparence de forteresse médiévale avec ses douves, son pont-levis et son donjon à mâchicoulis mais il révèle au visiteur une aile Renaissance qui s'ouvre sur une cour pavée et sur le jardin.

Entrons dans le château. Le visiteur a accès au rez-de-chaussée et au premier étage. Il entre alors dans un univers étrange et envoûtant. Mêlant mobilier gothique et renaissance à des œuvres d'art contemporain, chaque pièce apporte son lot de surprises, de réflexions et de rêveries en créant une ambiance autour d'un thème, chaque année renouvelé. Cette année, les fantômes hantent les murs du châteaux. La scénographie sonore ajoute une touche de magie en animant fantomatiquement les pièces.

S'il pense avoir rassasié son regard, le visiteur se trompe. En passant aux jardins de nouveaux émerveillements l'attendent. Classés "jardin remarquable", conservatoire de la rose parfumée et conservatoire des anciennes variétés de légumes, ces jardins ne ressemblent en rien aux jardins à la française de la région. Conçus par Patricia Laigneau, l'actuelle propriétaire, ils laissent la liberté de sa déambulation au visiteur qui participe ainsi à la révélation de tableaux végétaux chaque fois différents. Et au détour d'un chemin, sous un arbre, au milieu des plantes vivaces en fleurs, on rencontre avec étonnement des œuvres d'art qui confèrent aux jardins leur dimension onirique. Car les quatorze jardins du Rivau évoquent et jouent avec l'univers des contes et de la littérature.

Vous l'aurez compris ce château et ces jardins conviennent aux petits et aux grands. Les enfants gambadent au pays des merveilles et les grands réfléchiront aux enjeux de la préservation de l'environnement, s'interrogeront sur l'art et se laisseront surprendre par la quiétude des lieux. Cet endroit se savoure et une après-midi entière n'est pas de trop. Si le château abrite un restaurant, vous pouvez aussi prévoir un pique-nique (en demandant l'autorisation, on peut manger à l'ombre du verger.)

Pour les gourmands, le restaurant cuisine les produits locaux cultivés dans la ferme du domaine. Au menu, soupes ou salades de saison et desserts savoureux. A découvrir la crème à la lavande!

Le Château du Rivau dans la littérature:

détour par Gargantua de Rabelais, chapitre 51.

 

"Au départir remercia gracieusement tous les soudards de ses légions qui avaient été à cette défaite, et les renvoya hiverner en leurs stations et garnisons. Exceptés aucuns de la légion Décumane, lesquels il avait vus en la journée faire quelques prouesses ; et les capitaines des bandes, lesquels il amena avec soi devers Grandgousier.

 

À la vue et venue d'iceux le bonhomme fut tant joyeux que possible ne serait le décrire. Adonc leur fit un festin le plus magnifique, le plus abondant et plus délicieux que fût vu depuis le temps du roi Assuerus. À l'issue de table il distribua à chacun d'iceux tout le parement de son buffet qui était au poids de dix-huit cent mille quatorze besants d'or : en grands vases d'antique, grands pots, grands bassins, grandes tasses, coupes, potets, candélabres, calathes, nacelles, violiers, drageoirs, et autre telle vaisselle toute d'or massif, outre la pierrerie, émail et ouvrage, qui par estime de tous excédait en prix la matière d'iceux. Plus, leur fit compter de ses coffres à chacun douze cent mille écus comptants. Et d'abondant à chacun d'iceux donna à perpétuité (excepté s'ils mouraient sans hoirs) ses châteaux et terres voisines selon que plus leur étaient commodes. À Ponocrates donna La Roche-Clermault, à Gymnaste le Coudray, à Eudémon Montpensier  ; Le Rivau, à Tolmere  ; à Ithybole, Montsoreau  ; à Acamas, Candes  ; Varennes à Chironacte, Gravot à Sébaste, Quinquenais à Alexandre, Ligré à Sophrone et ainsi de ses autres places."


Découvrez ce château de la Loire incroyable, aux jardins surprenants, pour petits et grands.

 

Informations:

 Château du Rivau
Le Coudray
37120 Lémeré

Du 26 Mars au 30 Avril: de 10h à 18h.
Du 1er Mai au 30 Septembre: 10h à 19h.
Du 1er Octobre au 2 Novembre: de 10h à 18h.

Site internet: http://www.chateaudurivau.com/fr/index.php

 

 Pour d'autres points de vue sur le château:

Inside The World

Les photos de Marjolaine

 

 


Je tiens à remercier la pétillante Isoline d'avoir invité les Blogueuses de Tours ainsi que Caroline, fille des propriétaires, d'avoir été notre hôte si passionnée.

 

Photographies personnelles.

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[On est rendu à Loches!] Be part of history - exposition Loches Angeles

Aujourd'hui, samedi 27 août, c'était le vernissage de l'exposition Loches Angeles à la Galerie du Chancelier à Loches. Cela fait beaucoup d'informations d'un coup, alors je reprends un peu en détails.

 

Loches Angeles, qu'est-ce que c'est?

 

Eh bien, en fait tout commence sous la forme d'une blague, d'une expression commune comme on le fait tous dans nos différentes villes ("Vernon beach" ou "Châtellerault city", TMTC ...). A partir de là, cela devient une marque de t-shirts simples et funs derrière l'identité mystérieuse d'un certain Mr. Raymond. Mais Loches Angeles est un concept plus vaste car il est aussi une image forte et moderne de la ville de Loches et de ses habitants qui a vocation à s'expatrier aux quatre coins du monde et, pourquoi pas, à faire des petits.

 

Quant à la Galerie du Chancelier, c'est un lieu d'expositions temporaires dans le centre historique de Loches.

 

Un shooting mode à travers le temps

 

Au départ, le projet se présente comme une campagne de mode qui allie les t-shirt Loches Angeles de Mr. Raymond et des costumes plus historiques dans un délicieux mélange déjanté. Pour cette campagne, des professionnels locaux et des modèles lochois. Du fait maison. Ce sont donc douze clichés du photographe Stefan Larroque qui nous sont présentés, douze figures lochoises réinterprétées par l'historien Pascal Dubrisay.

Petite présentation des protagonistes: Le roi (lequel? Tous!); Jeanne d'Arc, Le Caravage, Agnès Sorel, Ludovic Sforza, Catherine de Médicis, Chicot, La Comtesse de Murat, Gilles de Rais, Anne de Bretagne, Léon de Vigny, Félide Melandroni. 6 hommes et 6 femmes qui font partie de l'histoire de Loches de près ou de loin. Pour découvrir l'histoire de tous ces personnages, rendez-vous sur le site de Mr. Raymond. Vous pourrez y lire les textes de Pascal Dubrisay.

 

Un mot de l'envoyée spéciale?

 

Difficile de juger le travail du photographe quand on n'est pas spécialiste de la photographie et qu'on ne connaît rien à la photo de mode. Ce que j'ai vraiment apprécié, c'est l'univers dégagé par ces photographies. Les tons choisis et les contrastes créés évoquent, pour moi, une certaine obscurité du passé et en même temps la lumière de la gloire et du rêve. Les personnages me sont apparus comme sortant des ténèbres à la façon des fantômes très - trop - vivants. Et ils ont l'air d'apporter avec eux une forme de folie réjouissante et inquiétante.

C'est une toute petite expo, il faut bien se le dire pour ne pas être déçu. La scénographie est minimale et je pense que l'exposition a largement de quoi s'enrichir. Les portraits écrits des personnages n'apparaissent que sous la forme d'une citation, plutôt éclairante sur le panneau photo mais le visiteur solitaire peut rester sur sa faim. A lui d'assouvir sa curiosité sur le site de Mr. Raymond.

Je tenais à remercier ici Johanne (j'espère que le prénom s'écrit ainsi) pour son accueil si chaleureux et toutes ses explications et anecdotes. Et merci de m'avoir fait rencontrer Stéphane Marchand, l'auteur de Maelström, qui évidemment a été commandé l'instant d'après à la Maison de la presse!

 

Pour plus d'informations:

le site de Mr. Raymond

Le site de stefan Larroque (si vous voulez acheter l'affiche ou les photographies)

Pour ceux que j'ai intrigués avec Maelström

 

 

Coups de coeur !

La Comtesse de Murat

 

Femme absolument surprenante. Salonnière débridée et sulfureuse du XVIIe siècle, elle est condamnée à l'exil au château de Loches à cause de son lesbiasnisme.

Sa vie rocambolesque ne doit pas faire oublier qu'elle est aussi femme de lettres et rédige des contes de fées à la même période que Perrault ou Mme d'Aulnoy.

 

Son portrait est vraiment mon préféré par ses couleurs, sa grâce et le défi que semble lancer le regard de la jeune femme.

Ludovic Sforza

 

Grande célébrité de Loches, personnage tout aussi romanesque que la comtesse, il est un des protecteurs de Léonard de Vinci et en tant que prisonnier de Loches, il repeindra sa cellule ( à voir au donjon de Loches). La légende raconterait qu'il serait mort à sa libération, ébloui par le soleil. On ne saurait pas non plus où il a été enseveli. Le mystère rode autour de ce personnage énigmatique.

 

Je trouve ce portrait très fort. Une attitude nonchalante mais un regard franc et qui n'est pas sans bravade. On sent l'homme qui ne s'en laisse pas conter malgré son air blasé.

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[TAG] Ruler of books tag

Taguée par Maeve, une blogueuse littéraire tourangelle du groupe des blogueuses pour le Ruler of books, me voilà à vous présenter ce tag qui circule déjà beaucoup sur la blogosphère et sur booktube.

 

Quel est le principe? Je suis la reine du monde des livres et je dois répondre à une série de questions.

 

1. Quel livre ferais-tu lire à tout le monde ?
Je suis déjà contrainte par mon métier à conseiller mais surtout à imposer des lectures. Je ne trouve pas que cela soit plaisant ni pour moi ni pour ceux à qui la lecture pourrait être désagréable. Mais dans le monde merveilleux des livres, tout le monde lit avec plaisir, c'est bien connu. Donc, si je devais faire lire absolument un livre, je choisirais L'Enchanteur de Barjavel. Ce n'est pas mon livre fondateur mais c'est pour moi le plus envoutant et délicat que j'ai lu. Je pense qu'il peut plaire à tous.

02. Qu’est-ce que tu supprimerais dans l’univers des livres ?
J'espère que cette question ne me demande pas de supprimer des livres, ce qui serait terrible même si je trouve certaines productions franchement mauvaises et superflues. Donc ce que je supprimerais, ce serait la peur des classiques. Trop nombreuses sont les personnes qui jugent les classiques ennuyeux ou trop difficiles. Or, s'ils sont devenus classiques c'est souvent qu'ils tiennent du génie. Pour moi, tout le monde devrait avoir accès au génie, même si son contact est rude et demande des efforts.

03. A quel auteur demanderais-tu de t’écrire un livre ?
Cela dépend du livre. Si c'est un livre destiné à me plaire, qui est destiné à convenir exactement à ce que j'attends d'un livre, je demanderais à Alexandre Dumas de m'écrire une aventure comme il savait si bien le faire. Par contre, si c'est une biographie de ma petite personne dont il s'agit, alors sans aucun doute, je demanderais à Stefan Zweig qui écrit de merveilleuses biographies. (cf celle sur Marie-Antoinette.)

04. Quels livres supprimerais-tu de tes archives royales pour faire de la place ?

Je supprimerais les romans que j'ai franchement trouvé mauvais ou qui ne me plaisent pas: les romances à la Barbara Cartland par exemple. Je supprimerais aussi sans état d'âme des archives du monde des livres tous les écrits puants qui ont cherché ou cherchent à démontrer la supériorité ou l'infériorité d'une race.

05. A quel artiste/illustrateur de couverture demanderais-tu de peindre une fresque pour toi ?
Je ne connais pas d'illustrateur de couverture en particulier mais je crois que je demanderais à Gustave Doré, qui a illustré les Contes de Perrault, les oeuvres de Rabelais ou encore les Fables de La Fontaine. De façon plus contemporaine, je demanderais Stéphanie Lezziero, une illustratrice  de Tours qui fait, entre autres, de jolis personnages dans le style steampunk.

06. Quel visage de personnage ferais-tu représenter sur ta monnaie royale ?
Je pense que je choisirais Elisabeth d'Orgueil et Préjugés de Jane Austen. C'est pour moi un personnage positif et auquel je me plais à me rapprocher.

07. A quel livre décernerais-tu le prix royal pour 2016 ?
Question complexe car je lis très peu de contemporains et de sorties de l'année. En jeunesse, je pense que je nommerais Les Petites reines de Clémence Beauvais. Sinon je pense que je donnerais le prix à Dora Bruder de Modiano. Ce n'est pas une sortie de l'année mais c'est ma révélation. Je craignais de ne jamais aimer Modiano à cause d'une première lecture-rencontre ratée. Mais avec Dora Bruder, c'est le coup de foudre.

 

J'invite à présent Ms. Goliath du blog Cappuccino Time à répondre elle aussi à ce questionnaire.

 

Et vous, quelles seraient vos réponses?

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"On ne devrait jamais faire l'économie d'une douleur potentielle."

Titre: La Délicatesse

Auteur: David Foenkinos

Date de parution: 2009

 

Nathalie aime François et François aime Nathalie. C'est aussi simple que cela. Jusqu'au jour où François ne rentrera définitivement pas de son jogging. Nathalie s'enferme alors dans le travail pour se reconstruire. Mais le maladroit Markus se faufile dans une faille de la forteresse.

 

Une guimauve?

 

Ce roman se caractérise par une écriture fluide et légère. En effet, les chapitres courts donnent un certain rythme au récit et sont gages d'une grande efficacité. De plus, l'auteur insère des listes en rapport avec le texte entre les chapitres afin d'apporter des pauses humoristiques voire satiriques avec un cachet plus contemporain. On peut aussi noter des clins d’œil à la littérature contemporaine au fil des pages qui crée une forme de complicité avec le lecteur. Enfin, les phrases courtes à la tournure élégante et piquante comme des pointes, proche de l'aphorisme font de ce roman une mine de citations potentielles.

Comme son nom l'indique, la délicatesse est au centre du récit, à la fois dans l'écriture mais aussi dans la romance engagée entre les deux personnages principaux. Néanmoins, si le récit est touchant, il n'en reste pas moins facile. A part le début du roman qui apporte une surprise, le reste du roman manque de force et n'est pas assez percutant. Les personnages, en particulier l'héroïne, Nathalie, manquent de complexité. En effet, le dilemme moral que devrait susciter sa situation, celle de retomber amoureuse après un deuil, n'est jamais évoqué. Or, il aurait considérablement enrichi le texte. On a parfois l'impression que le sujet se réduit à la question de la séduction chez Markus, le personnage masculin, qui est présenté comme sans aucun intérêt, du moins physique. Le récit se réduit alors à une romance superficielle et banale. De nombreux aspects méritaient d'être creusés: le deuil, la culpabilité, le monde de l'entreprise, les préjugés, les racines de l'amour, ...

 

La leçon à retenir: une plume alerte et souriante ne suffisent pas à donner du corps.

 

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"Goods girls go to Heaven, bad girls go to Amsterdam"

Titre: Les grandes jambes

Auteur: Sophie Andriansen

Editions: Slalom

Date de parution: 9 juin 2016

 

Marion est en 5e et vit un véritable drame: elle n'arrête pas de grandir et par conséquent elle ne trouve aucun jean à sa taille. Ses maudites chaussettes apparaissent toujours. En plus de ce complexe préoccupant, il y a Grégory, un collégien qui déclenche son radar à tous les coups. Mais un projet scolaire autour des peintres flamands et d'un voyage à Amsterdam va donner un autre éclairage à sa vie d'adolescente.

 

Car les voyages, c'est bien connu, forment la jeunesse.

 

Je dois avouer que le premier contact avec ce court roman a été rude. Alors que Marion ressent humiliation sur humiliation dans sa cabine d'essayage, elle se permet d'émettre un avis cruel sur les rondeurs d'une vendeuse. L'immaturité du personnage est clairement annoncée d'entrée de jeu. Marion est moquée, mais elle-même est loin d'être à l'abri de ce travers!

Hormis cet écart dès l'ouverture du roman, Marion reste un personnage agréable, très proche des pré-adolescents que l'on connaît: versatile, agaçante parfois, touchante souvent. Le roman aborde de façon très simple et juste les déboires des années collège: les émois amoureux, les moqueries et humiliations, les peurs. Mais la leçon de l'auteur, c'est que tout cela s'efface devant l'art ou la force de grandes figures comme Anne Frank. En effet, le voyage à Amsterdam atteint l'objectif qu'on prête à tout voyage: le décentrement salutaire.

La Ronde de Nuit de Rembrandt ouvre et le roman et devient presque un personnage à part entière du récit. Il agit comme un guide initiatique auprès de Marion et lui révèle que les choses peuvent être plus simples qu'on ne le croit. La description du tableau, véritable ekphrasis, s'anime tellement qu'on pourrait croire Marion frappé du fameux syndrome de Stendhal.

Ce que j'ai préféré dans ce roman, en plus de l'intégration d'une œuvre d'art classique au sein du récit, c'est la capacité de l'auteur de traiter des sujets divers concernant au plus près les adolescents de façon légère et parfois comme en passant. Ainsi glisse-t-elle quelques réflexions pertinente sur l'intégration des étrangers ou encore sur les vocations.

Un bon roman pour les jeunes lecteurs s'apprêtant à entrer au collège.

Encore merci aux éditions Slalom qui m'ont fait gagner ce roman.

La Ronde de Nuit, Rembrandt, Rijksmuseum, Amsterdam
La Ronde de Nuit, Rembrandt, Rijksmuseum, Amsterdam
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{SORTIE} Mission évasion!

Unsplash, Niklas Rhöse
Unsplash, Niklas Rhöse

Amatrice d'énigmes, de romans policiers et d'enquêtes en tous genres, j'étais pour le moins alléchée par la présentation du concept d'"escape game" (ou jeu d'évasion grandeur nature) que m'avait fait Ms.Goliath (à voir sur son blog).

 

Le concept: vous êtes enfermés dans une pièce et vous devez résoudre des énigmes pour retrouver la clé et sortir. Pour cela vous avez 60 minutes et vous jouez par équipe. Toute la pièce est utile et recèle des indices. Il faut être rapide et communiquer efficacement pour réussir sa mission.

 

Alors comme l'occasion s'est présentée d'aller tester celui de Tours, je n'ai pas fait de chichis et me voilà à réserver une partie.

 

A Tours, il s'agit d'Escape Yourself situé pour le moment à deux adresses différentes selon les énigmes choisies. Le site conseille de commencer par "Le secret de Léonard de Vinci" mais comme je dois le faire la semaine prochaine avec une amie, nous avons commencé cette fois-ci par "Contamination", noté 3/5 en difficulté.

 

Voici le contexte (présentation du site):

"Voilà près de deux ans que le virus IB7A-H sévit. Ceux qui ont eu la chance de survivre à cette pandémie errent à la recherche de quoi survivre.  

A Tours, la ville est à l'abandon. Les survivants se sont regroupés en clans et se livrent une bataille sans merci pour les minces ressources encore disponibles. Mais l'espoir est permis. Il semblerait qu'un antidote existe, logé dans les laboratoires d'étude de la faculté de médecine, et vous êtes bien décidés à mettre la main dessus et à faire cesser ce cauchemar. Mais vous n'êtes pas les seuls à avoir eu cette idée, et il vous faudra du cran et du courage pour sauver le monde.

 

Évidemment, je ne peux rien vous révéler de ce qui se passe dans la pièce, ni vous dire à quoi elle ressemble et encore moins vous donner des indices sur les énigmes. Je peux juste vous dire que nous n'avons pas réussi à finir à temps le jeu. Je pense qu'il nous aurait fallu deux trois minutes supplémentaires. Nous y étions presque!

Pour ceux qui ont peur de bloquer sur les énigmes, pas d'inquiétude, le personnel est là pour guider les joueurs ou les remettre sur la bonne voie. Enfin, si vous êtes comme moi qui craignais d'être enfermée et de paniquer, je peux vous assurer qu'on est tellement pris par le jeu et les indices qu'on oublie tout, même le temps qui défile. Nous avons particulièrement apprécié le décor de la pièce de jeu et la richesse de l'intrigue aux multiples énigmes et aux indices très originaux.

 

Nous sommes certes ressortis déçus de ne pas avoir réussi mais surtout dévorés par l'envie de recommencer sur le champs pour faire mieux. Évidemment, cette énigme est définitivement déflorées pour nous, donc nous ne pourrons la refaire. Mais Escape Yourself nous en réserve bien d'autres.

 

Pour le prix, à trois en période creuse: 23€ par personne. Tous les tarifs sont sur le site.

Toutes les infos sont sur le site d'Escape Yourself.

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" La fin des livres signerait la fin de l'humanité."

Titre: Les Autodafeurs, Tome 1. Mon frère est un gardien.

Auteur: Marine Carteron

Éditions: Rouergue

Collection: Doado

Date de parution: mai 2014

 

Sur les conseils d'une libraire enthousiaste, j'ai mis mon nez dans le premier tome des Autodafeurs et je ne regrette absolument pas mon incursion dans cet univers.

 

Auguste Mars, un adolescent banal et sa sœur pas banale perdent brusquement leur père dans un "accident" de voiture. Auguste découvre alors qu'il n'est pas si banal que cela puisque sa famille appartient à une confrérie millénaire. Avec l'aide de sa sœur Césarine, de Néné, l'ami improbable, et de sa famille, Auguste va être confronté à sa première épreuve.

 

L'Indiana Jones des bouquins

 

Dans une langue simple et proche de l'oral, l'auteur nous entraîne dans une aventure originale à la suite d'un héros qui ne se prend jamais vraiment au sérieux. Ce récit d'aventure haletant ne connaît aucune longueur et alterne humour et actions avec un grand dynamisme. L'ensemble m'a fait délicieusement pensé à un Indiana Jones.

 

Il faut sauver les livres!

 

Le roman redonne à la littérature, à l'histoire et à la culture en général, une place qu'elle a tendance à perdre auprès des jeunes. En effet, l'auteur s'appuie sur des références historiques pour les mettre au service de la fiction et dans le même temps intègre au récit des références actuelles à la culture populaire adolescente. Ce mélange enrichit le roman et redynamise le rapport à la culture et aux livres jugés trop souvent ennuyeux et "vieux".

L'univers du livre, de la littérature et du savoir est présenté ici comme un trésor à protéger, et c'est, à mon sens, le message le plus important.

Il est à noter que le latin est, dans ce roman, utilisé comme langue de communication internationale. C'est le genre de détail qui change tout pour moi et qui fait battre mon petit cœur de latiniste.

 

Une longue citation à méditer (p. 73-75) dont voici un extrait:

" - "Quel trésor représente le livre! Et quelle indépendance il autorise! Quel compagnon à l'heure de la solitude! Quelles munitions il fournit! Quel éventail d'informations et quel prodigieux spectacle! Quel compagnon en terre d'exil! Le livre est un vase plain de savoir, un récipient imprégné de raffinement, une coupe remplie de sérieux et de plaisanterie... Qui donc - mieux que le livre - est à la fois médecin et nomade, byzantin et hindou, persan et grec, mortel et immortel? Allons plus loin, quand donc as-tu vu un jardin transportable dans une manche, un être qui parle à la place des morts et qui est l'interprète des vivants? Le livre ne te flatte pas outrageusement, c'est un compagnon qui ne t'ennuie pas. (...) "

 

Je n'ai qu'une seule chose à ajouter: c'est exactement le roman que j'aurais aimé lire adolescente et surtout que j'aurais adoré écrire.

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[CHALLENGE] Un roman pétillant de soleil

Titre: Les Petites Reines

Auteur: Clémentine Beauvais

Éditions: Sarbacane

Date de parution: 1 avril 2015

 

Récompensé par de nombreux prix, en particulier le prix Sorcières 2016 et élu meilleur livre jeunesse de 2015 par le magazine Lire, ce roman de Clémentine Beauvais est nommé pour le prix des Incorruptibles. Sa couverture chatoyante et les excellentes critiques que l'on peut lire çà et là m'ont conduite à acheter ce roman afin de pouvoir le conseiller à mes élèves. Comme ce roman se déroule en été, j'en ai profité pour lire ce roman dans le cadre du challenge "Un mois = une consigne" sur le site Livraddict.

 

Roule ma poule!

A la fin de l'année scolaire, trois jeunes filles, Mireille, Astrid et Hakima, découvrent sur Facebook qu'elles ont été élu boudins de l'année par des camarades crétins. Poussées toutes les trois par des motifs différents, elles décident de gate-crasher la garden-party donnée par la présidente de la République pour le 14 juillet à Paris. Afin de rejoindre Paris, elle choisissent d'enfourcher leur vélo et de vendre des boudins en route pour financer leur expédition.

 

Qui veut des boudins?

Clémentine Beauvais signe un roman dynamique, frais et joyeux. Avec un humour fracassant et toujours franc, l'auteur aborde le sujet complexe de l'apparence chez les adolescents. Le lecteur a l'habitude de suivre une héroïne mal dans sa peau mais qui se révèle finalement très jolie au terme d'un parcours initiatique. Or, ce roman déjoue toutes nos attentes. Ces trois jeunes filles ne sont pas belles, et ce, du début à la fin. Et l'expédition à vélo n'est pas le prétexte à un message sur l'amaigrissement par le sport. C'est la grande force de ce roman: ne jamais tomber dans le pathos et dans la facilité. Sans concession, le roman tisse différents sujets: le féminisme, la famille, la cruauté des rapports adolescents, les réseaux sociaux. Le récit s'ancre dans une réalité très contemporaine grâce à des tweets et des citations de Tripadvisor fictifs et fait souvent référence à l'actualité politique, toujours avec ce regard décalé, ce pas de côté jouissif.

La fin a réussi à me surprendre en proposant une scène mature et qui ne tombe jamais dans le mièvre et le sentimentalisme. La morale reste, à mon avis, implicite et positive. C'est pour cette raison que ce roman est un véritable coup de cœur.

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[ACHATS DU MOIS] JUIN

Je ne ferai aucun commentaire sur le nombre beaucoup trop important des livres achetés au mois de juin...

  • Achats à la librairie Libr'enfant à Tours.

- Odile Weulersse, Tumulte à Rome.

- Todd Strasser, La Vague.

- Robert Cormier, A la brocante du coeur.

- Anne Percin, Comment (bien) rater ses vacances.

- Marine Carteron, Les Autodafeurs Tome 1, Mon frère est un gardien.

  • Commande sur Price Minister

- Gaël Bordet, Petits contes à régler Tome 2: L'affaire Sherlock H.

  •  Achats France Loisirs

- Kerstin Gier, Rouge Rubis.

- Marguerite Duras (sorte d'intégrale de ses romans).

  • Achats au salon du livre de Montmorillon et dans chez un bouquiniste de la ville (voir l'article dédié)
  •  Achats Fnac

 - Loïs Lowry, Le Passeur.

- Victor Hugo, Lucrèce Borgia.

- David Foenkinos, La Délicatesse.

- Guy de Maupassant, Une Vie.

- Francis Ponge, Le Parti pris des choses.

  • Autres achats

 - Matthew Nicholls, 3 minutes pour comprendre les 50 faits les plus marquants de la Rome antique.

 

Et vous, vous feuilletez quoi?

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Un roman jeunesse dans le Paris bohème et artistique

Titre: Elle posait pour Picasso

Auteur: Béatrice Egémar

Collection: Courants Noirs

Éditions: Gulf Stream

 

A ma grande déception, la collection "Courants noirs" n'existe plus. Pourtant, elle compte de bons romans historiques et policiers. Béatrice Egemar en a écrit trois dans cette collection. Voici celui situé à l'époque la plus récente: le début du XXe siècle.

 

Intrigue à Montmartre

 

Emile, le narrateur, une jeune homme de dix-huit ans, rêve de devenir poète. Il s'installe à Montmartre au Bateau-Lavoir dans un appartement meublé du strict minimum. Il y rencontre ses voisins: des ouvrières comme des artistes. En effet, un de ses voisins n'est autre que Picasso. Intrigué par le portrait d'une bouquetière peint par Picasso, Emile est poussé à mener l'enquête quand il apprend la mort de cette dernière. Pour résoudre l'énigme, il parcourt tout le quartier et entraine le lecteur dans l'univers populaire et artistique du Paris du début du siècle.

 

Quand simplicité rime avec efficacité et accessibilité

 

Béatrice Egémar est un auteur très accessible. Elle m'avait conseillé ce roman et je ne regrette pas de l'avoir lu. Le roman, très documenté se démarque par sa grande simplicité, ce qui ne signifie en aucun cas pauvreté. La simplicité du style s'explique par le public visé et rend le roman très accessible. L'intrigue peut paraître simple pour les amateurs de thrillers et de romans policiers mais elle est bien menée et la résolution reste assez surprenante. La grande force du roman réside dans le contexte culturel bien rendu. En effet, la vie de bohème est présentée de façon réaliste, sans tomber dans les clichés romanesques habituels et faciles. La simplicité nécessaire du roman évite intelligemment la complexité des mouvements artistiques et des personnalités des artistes présentés tout en étant extrêmement précis.

Le roman peut servir de support à une réflexion plus approfondie sur le thème du modèle, de la muse que l'on peut efficacement mettre en rapport avec les œuvres des poètes et artistes présentés dans le roman. En effet, l'auteur a mis les femmes à l'honneur dans ce roman en en faisant des figures importantes de l'intrigue.

 

Une lecture agréable et vivante.

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[Challenge] Cinder, une princesse de conte au pays des cyborgs.

Titre: Chroniques lunaires, Tome 1. Cinder

Auteur: Marissa Meyer

Éditions: PKJ (Pocket Jeunesse)

 

J'ai lu ce roman sur ma liseuse dans le cadre du challenge "Un mois = une consigne" sur Livraddict. La contrainte du mois de juin imposait de lire un roman de chick-lit. J'avoue ne pas savoir exactement en quoi cela consiste. Les seuls romans "chick-lit" que je connaisse sont les romans de Sophie Kinsella. Et, pour être franche, je ne voulais pas acheter ce genre de roman, sans doute parce que j'ai de nombreux a-priori dessus.

Je me suis donc rabattue sur le roman Cinder de Marissa Meyer qui m'intriguait par toutes les critiques élogieuses sur booktube et la blogosphère.

 

Il était une fois...

 

A la suite d'un accident, Cinder a subi de nombreuses opérations chirurgicales. On lui a implanté des parties robotiques et elle est ainsi devenue une cyborg. Mécanicienne de talent, Cinder est au service de sa belle-mère pendant que le bal organisé par le prince Kaï occupe tous les esprits. Lorsque le prince Kaï se présente à l'atelier de Cinder pour lui confier la réparation d'un robot auquel il tient, Cinder se retrouve mêlée aux affaires du royaume.

 

Cendrillon version cyborg

 

Ce roman s'affirme comme une réécriture du conte de Cendrillon. C'est assez clair puisqu'on y retrouve tous les ingrédients: la belle-mère et ses deux filles, le bal du prince, le carrosse, la chaussure,... L'auteur respecte la structure du conte et l'univers choisi pour ce réinvestissement fonctionne plutôt bien. En effet, le conte se situe dans un univers de science-fiction qui se marie efficacement avec l'univers merveilleux du conte d'origine. L'auteur ajoute une touche de fantastique avec la présence des Lunaires, ce peuple aux capacités extra-humaines. C'est là d'ailleurs que réside pour moi la force du roman. Les rapports entre le peuple Terriens et les Lunaires s'annoncent prometteurs.

 

Une série qui commence cahin-caha

 

La lecture m'a donc paru distrayante et seulement cela. Je n'ai pas ressenti l'engouement des autres lecteurs car la romance m'est apparue trop attendue, traditionnelle et cousue de fil blanc. De même, l'auteur ne fouille pas assez le personnage du prince, ce qui en fait un personnage trop lisse malgré la situation complexe qu'il vit. Enfin, la réécriture, bien qu'ingénieuse, reste elle aussi prévisible. Ce que j'attends d'une réécriture, c'est de dépasser le conte, de jouer avec. Ici, l'auteur respecte bien trop la structure ce qui fait qu'il y a peu de surprises. D'ailleurs, le indices sont souvent trop clairs et l'on devine les rebondissements bien avant le personnage principal, qui n'est pourtant pas stupide. Pour ce qui est du style, il n'y en a pas particulièrement. En fait, on ne lit pas de la littérature "young adult" ou "jeunesse" (dans quelle catégorie range-t-on ce roman?) pour le style, en général (je précise car certains romans de jeunesse sont des pépites stylistiques!), mais pour son efficacité. Ce sont des romans qui vont droit au but et ce roman ne fait pas exception. Malgré la faiblesse de l'intrigue, on se surprend à dévorer le roman, ce qui est bien une preuve de son efficacité!

 

En résumé, un récit efficace mais sans surprise qui reprend les codes du conte d'origine sans le dépasser ou jouer avec.

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{Notes de lecture} La littérature de jeunesse, Nathalie Prince

Titre: La littérature de jeunesse

Auteur: Nathalie Prince

Édition: Armand Colin

Collection: U, Lettres

 

L'auteur cherche à définir dans un premier temps le terme de "littérature de jeunesse" ce qui soulève déjà de nombreux paradoxes:

- les destinataires désignés par le terme de "littérature de jeunesse" constituent à priori un public vaste et de hétérogène qui peut aller du non-lecteur (voire du non-locuteur, l'infans, celui qui ne parle pas) au lecteur plus aguerri mais encore immature.

- les textes sont écrits par des adultes qui par conséquent ne sont pas sur un pied d'égalité avec leurs lecteurs.

- les textes sont souvent choisis, prescrits, validés voire lus à voix haute par les adultes qui donnent au texte une forme de caution.

- le public "jeunesse", de lui-même, ne choisit pas forcément les textes prescrits.

 

Le premier point étudié est celui de la dimension historique de la littérature de jeunesse. Nathalie Prince met en valeur le lien entre apparition du "sentiment de l'enfance", c'est-à-dire le fait que l'on considère l'enfant dans ses spécificités propres et apparition de récits destinés aux enfants. L'objectif donné à ses récits diffèrent donc de la conception du "sentiment de l'enfance": soit l'enfant est considéré comme un adulte en devenir, incomplet qu'il s'agit de former, soit l'enfant est un être primaire qu'il faut éduquer, rendre moins sauvage. Le récit jeunesse peut donc se faire moralisateur, vulgarisateur ou cherche à recréer l'univers de l'enfance (selon le souvenir ou le point de vue de l'adulte).

 

Le deuxième point abordé est celui de l'ambiguïté du personnage de littérature de jeunesse: souvent stéréotypé, il a la particularité d'être peu développé et peu caractérisé et de pourtant réussir à susciter l'identification. Il peut soit incarner un modèle soit un contre-modèle. Les personnages les plus communs restent les animaux et les enfants.

 

Enfin, le point le plus essentiel à mon avis est l'étude de la poétique propre à la littérature de jeunesse. Loin de se satisfaire de l'image de texte simplifié, Nathalie Prince en montre la complexité et la richesse, en particulier de la situation de lecture à voix haute de l'adulte à l'enfant à partir des albums. Elle aborde des points très intéressants: le rapport entre le texte et l'image ainsi que les rapports entre le lecteur adulte et le spectateur enfant, les différents niveaux de lecture mis en jeu par la double-lecture (enfant/adulte), l'oralité.

 

L'essai s'achève sur un corpus de textes sources et supports de la réflexion.

 

Une lecture vraiment stimulante et riche. Cela concerne surtout la littérature destinée aux enfants et l'étude des albums est très fine. Je n'ai cependant pas trouvé de réponses sur la littérature jeunesse/ado.

 

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{My Book Box} JUIN - D'autres vies que la mienne

Il y a quelques jours, j'ai reçu ma "My Book Box". En réalité, je suis allée la chercher au "Pourquoi Pas" à Ciran. Un lieu à découvrir vraisemblablement!

Il s'agit de la box n°2 puisque j'avais raté la première de peu. J'ai voulu prendre le temps de la découverte en commençant avec le format le plus réduit.

 

C'est quoi le concept?

 

My Book Box ne propose pas une box qui suit vos goûts mais elle cherche à vous surprendre, à vous sortir de vos zones de confort. Aussi My Book Box ne consulte pas votre wish-list, ne vous demande pas les genres que vous aimez. En fait, elle ne cherche pas à savoir ce que vous lisez habituellement puisqu'elle s'adresse aux curieux. La Book Box est donc constituée chaque mois autour d'un thème choisi par les deux concepteurs.

La box ne se contente pas de vous envoyer un, deux ou trois livres. Elle enrichit son contenu de goodies (thé 1336, bougie, crayon, ...) et vous fait découvrir un univers complet grâce à ses propositions de lectures, de films, d'albums musicaux, de sites internet sur la brochure.

 

My Book Box #2 nous invite à vivre d'autres vies que la nôtre.

 

Évidemment, j'avais hâte de découvrir la box et les quelques indices que l'on découvrait sur la page Facebook ne m'avait pas mise sur la voie. Première surprise (en dehors du lieu de livraison qui est vraiment chouette), la qualité de la boîte. C'est bête à dire mais un joli colis offre un supplément de plaisir. L'artiste Nep a réalisé l'illustration qui orne le colis et les documents (marque-page, brochure, cartes,...). Deuxième surprise: un titre totalement inconnu. Et tant mieux car dans la liste des livres proposés sur la brochure, je possédais et avais lu l'un des romans prévus dans la box. Troisième surprise: les trois clichés en noir et blanc de Max. Sur l'enveloppe, l'équipe de My Book Box précise que Max propose ses photographies sur Flickr. J'ai vraiment apprécié cette touche supplémentaire au colis, à la fois parce que les photographies ont une réelle qualité mais aussi parce que cela renforce mon impression de box de qualité. My Book Box ne vous envoie pas simplement un ou plusieurs livres. Elle vous invite à la découverte, elle vous sort de chez vous. J'ai presque l'impression qu'il s'agit d'un cadeau envoyé par une amie qui veut me faire part de ses dernières découvertes. Et quand on a rencontré Mélanie Chenais et Patrick Coltel, on sait qu'il y a de cela dans leur démarche.

Et tout ce contenu pour moins de 12 € (sans les frais de port)! Et j'ajoute que c'est une box du coin, tourangelle!

Et le roman, alors?

 

Récompensé par la prix des lycéennes de Elle en 2014, le roman Sulak m'était totalement inconnu. Écrit par Philippe Jaenada, ce roman raconte la vie d'un bandit qui a défrayé la chronique dans les années 1970-1980. Cela m'intrigue forcément beaucoup!

 

Synopsis de Julak sur Livraddict (noté à 17.5)

 

Pour retrouver toutes les informations nécessaires: contenu des anciennes box, contenu de la box du mois, et abonnements: le site de My Book Box.

Vous voulez voir en détails les photographies de Max: son flickr et son site.

La page Facebook des thés 1336

La page Facebook de Nep et son site.

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{Pile à Lire} ÉTÉ 2016

Je vous dévoile la "Pile à Lire" de l'été 2016. Il s'agit évidemment d'un projet et comme je déteste la contrainte, je ne m'engage pas à tout lire. Il est même fort probable que j'ajoute des livres, que j'en ôte, que je fasse à peu près ce que je veux de cette pile. C'est moi la maîtresse absolue de la "Pile à Lire"!

 

L'ordre de présentation est alphabétique:

  • Alamut, Vladimir Bartol
  • Broadway Limited Tome 1, Malika Ferdjoukh
  • Gatsby le magnifique, Francis Scott Fitzgerald
  • L'Alchimiste, Paulo Coelho
  • La femme de trente ans, Balzac
  • Le début de la fin, Jasper Fforde
  • Les métamorphoses, Apulée
  • Les mystères de Larispem, Lucie Pierrat-Pajot
  • Les oliviers du Négus, Laurent Gaudé
  • Les petites reines, Clémentine Beauvais
  • Magicien T1 L'apprenti, Raymond E. Feist
  • Manderley for ever, Tatiana de Rosnay
  • Réparer les vivants, Maylis de Kerangal
  • Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan
  • Sombre dimanche, Alice Zéniter
  • Splendeurs et misères des courtisanes, Balzac
  • Sur la route, Jack Kerouac

Vous en pensez quoi? Que me conseillez-vous pour cet été?

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{Masse critique Babelio} La Chouette effraie de Christian Wasselin, un roman assez noir?

Titre: La Chouette effraie

Auteur: Christian Wasselin

Éditions: Les Soleils bleus

 

Je dois bien avouer que je me trouve très déconcertée. Très, très déconcertée.

 

J'ai reçu le roman La Chouette effraie de Christian Wasselin à l'occasion d'une opération Masse Critique sur Babelio. Je remercie donc Babelio ainsi que les Soleils Bleus Éditions pour cet envoi généreux.

 

Voici comment est présenté le roman par son éditeur:

"Alors que la Vieille-Bourse de Lille est le lieu d’étranges complots, le négatif d’un film intitulé Gioconda est dérobé pour le compte d’un cinéaste jaloux. La cantatrice qui interprète l’air principal du film est à son tour enlevée, cependant qu’un riche propriétaire revenu de tout fait de son domaine en ruines un repaire de mercenaires puis une prison où sont retenues plusieurs femmes innocentes. Certaines en mourront.

La Chouette effraie est un théâtre de la cruauté qui met en scène Lille et son Opéra en proie à la mélancolie, Paris qui se dérobe, mais aussi la douceur ambiguë des rues de Lisbonne, l’Amazonie proliférante et les canaux rêveurs du marais audomarois. On y passe de la candeur (feinte) aux mises à mort spectaculaires, le récit et sa parodie s’y donnent la main, mais le cynisme ne parvient pas tout à fait à bout de l’enthousiasme éprouvé au contact de l’art.

Cambriolages burlesques, poursuites et vengeances loufoques se mêlent aux souvenirs du roman noir américain et du gothic novel. Habité d’héroïnes sacrifiées, de faux artistes, de vrais imposteurs et d’automobiles aux chromes luisants, La Chouette effraie célèbre, dans un mélange de drame comique et de dérision attristée, l’inaltérable beauté des œuvres qui résistent aux pires traitements."

Alléchant n'est-ce pas?

 

Une ambiance de film noir

 

Dans ce roman, on retrouve tous les éléments des vieux polars, surtout cinématographiques: une ambiance brumeuse et nocturne, des femmes splendides et sensuelles dans des robes fourreaux, des bandits et des voitures chromées le tout sur une bande originale jazzy. L'auteur, musicographe, nous donne les références précises des musiques que les personnages prennent plaisir à écouter. Le lecteur peut alors faire de même pour se couler dans l'ambiance. Le récit ne se situe d'ailleurs pas dans une époque précise. Il s'agirait d'une sorte d'uchronie, de passé fantasmé et de futur politique étrange. Quant au cadre spatial, le roman nous fait arpenter les rues de Lille et de sa province marécageuse. L'ensemble du roman a un aspect extrêmement visuel et musical, presque cinématographique, ce qui tombe bien puisqu'il s'agit d'un des thèmes du roman: le vol du chef d'oeuvre Gioconda.

 

Un roman où le lecteur est dans le noir

 

Pour moi, plus qu'un polar, il s'agit d'une sorte de roman de genre: il se donne toutes les apparences du polar mais... n'en est pas un. Parce qu'autant vous le dire tout de suite, si vous cherchez une enquête, vous n'en trouverez pas. Du moins pas vraiment. C'est là toute l'étrangeté de ce roman. Il vous jette sur une piste, puis sur une autre. Vous essayez vainement d'identifier dans quel univers vous êtes, quels sont les enjeux de l'histoire, quelle est l'intrigue. Le roman est à l'image de ce que vivent les personnages: une labyrinthe sans issue. Il faut aussi s'attendre à une certaine forme de violence attachée au genre du polar et du gothique. Et cette violence, essentiellement exercée contre les femmes et le plus souvent gratuite, m'a vraiment dérangée car on y sent une forme de plaisir à la fois chez les personnages et chez le narrateur.

 

La musique et le cinéma comme fil d'Ariane

 

Ce roman s'apparente donc à un pastiche, ou plutôt à un patchwork de pastiches. Certains passages construisent un univers gothique, d'autres un univers de polar, d'autres encore une sorte d'uchronie désenchantée, une critique de la politique, voire une dystopie inquiétante. Or tout cela n'est pas lié par une intrigue solide. Attention, je ne veux pas dire que le roman n'est pas construit. Au contraire, il est rigoureusement construit, comme une mélodie. Les personnages y apparaissent progressivement pour tisser une symphonie jusqu'à l'acmé puis disparaissent aussi progressivement qu'ils sont venus, exactement entre la disparition et la réapparition de Gioconda. D'ailleurs, je me demande si on peut dire qu'il y a un personnage principal. Les personnages ne semblent pas importants. Leur psychologie est ébauchée mais pas approfondie comme s'ils n'étaient que des instruments au service d'autre chose. Et s'il y a une morale à ce roman, qui semble en être bien dépourvu, c'est que l'art triomphe de tout, il est La morale.

 

En plus clair?

 

Ce roman n'est rien de ce qu'on attend car il est l'expression d'un pur plaisir d'écrire. Il joue de mise en scène, de lieux évocateurs, de scènes attendues. C'est avec une langue joueuse, toujours légèrement ironique qu'il taquine son lecteur à grand coup d'envolées lyriques ou stylistiques.

 

Quand je vous disais que j'étais déconcertée!

 

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{Événement} Le salon du livre de Montmorillon 2016

Pourquoi une (toute fraîche) "blogueuse de Tours" parle du salon du livre de Montmorillon? Tout simplement parce que je suis une habituée de ce salon en tant qu'ancienne habitante de la Vienne et surtout parce que cette très jolie affiche apparaissait dans les rues de Loches. Donc me voici à traverser le sud de la Touraine vers la Cité de l’Écrit.

 

Où l'on parle de la bicyclette d'une rousse incendiaire

 

Le salon du livre se tient dans le quartier médiéval de Montmorillon, au coeur de la Cité de l'Ecrit et des métiers du livres. Montmorillon entretient un rapport étroit avec les livres puisque au XVIIIe siècle s'y trouvaient de nombreux moulins à papier le long de la Gartempe, la rivière qui coule au pied de la vieille ville. La ville a aussi été renommée pour ses affiches scolaires Rossignol qui redeviennent à la mode dans la déco vintage.

Mais surtout, Montmorillon est connue pour être la ville de naissance de Régine Deforges, l'auteure de La Bicyclette bleue. C'est d'ailleurs elle qui a l'initiative du premier salon du livre.

Cette Cité de l'Ecrit accueille des bouquinistes et des artisans. Il s'agit pour moi d'une charmante petite ville à visiter.

 

Où l'on fait de la pub pour une maison d'édition trop chouette (métaphore volatile filée) !

 

Du salon à proprement parler, je rapporte deux livres qui ne sont pas des romans. D'abord, j'ai craqué pour Arsène Lupin, Les origines Tome 1 Les Disparus de B. Abtey et P. Deschodt pour le scénario, C. Gaultier pour le dessin et enfin M. Galopin pour la couleur.

J'ai surtout rencontré Vanessa Callico, écrivain et fondatrice des éditions Le Héron d'argent. J'avais déjà été attirée par leurs splendides couvertures lors de La Forêt des livres 2015 à Chanceaux-près-Loches. Puis la vidéo de Jules Armand Malterre avait fini par me convaincre de me diriger vers leur stand à la première occasion. C'est chose faite! Alors que j'hésitais devant leurs romans, Vanessa Callico m'a présenté leur dernière parution: La Symphonie des Songes. Le texte est de Vanessa Callico et les illustrations de Senyphine. L'album se destine à la jeunesse afin de l'initier à la musique classique par l'intermédiaire d'une sorte de conte. Un CD où l'on retrouve les morceaux présentés accompagne l'album. Les illustrations et le contenu font de cet album de qualité un objet magnifique. Si vous voyez leur stand, n'hésitez pas. Vous serez chaleureusement accueillis.

 

Je ne pouvais pas quitter la cité de l'Ecrit sans passer par les bouquinistes, et en particulier ma boutique préférée: Livres à vous! Entrer dans cette librairie c'est entrer dans la caverne d'Ali Baba. Cela sent le vieux papier et les livres s'empilent jusqu'au plafond. Vous pouvez tout y trouver, surtout des livres jeunesses. A vous les bibliothèques roses et vertes de votre enfance! Moi, je ne suis repartie qu'avec Paroles de Prévert et De Viris de l'Abbé Lhomond, un livre bilingue latin-français. Deux achats purement professionnels donc!

On y retourne l'an prochain?

 

Pour plus d'informations:

La Cité de l'Ecrit

Le salon du livre de Montmorillon

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[ACHATS DU MOIS] MAI

C'est définitif: j'ai perdu le sens commun...

  • Achat à la librairie La Faute à Voltaire à Amboise

- Clémentine Beauvais, Les Petites Reines

- Lucie Pierrat-Pajot, Les Mystères de Larispem T1 Le sang n'oublie jamais

  • Commande sur Price Minister

- J.K Rowling, Harry Potter à l'école des sorciers

- Timothée de Fombelle, Tobie Lolness T2 Les Yeux d'Elisha

- Béatrice Egémar, Elle posait pour Picasso

  • Achats en brocante

- Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie

- William Golding, Sa Majesté des mouches

- Muriel Barbery, L’Élégance du hérisson

- Katherine Pancol, Les yeux jaunes des crocodiles

- Frédéric Lenormand, La baronne meurt à cinq heures (Voltaire mène l'enquête)

  • Achats au Chapiteau du livre de Saint-Cyr-sur-Loire

- Béatrice Egémar, L'oeil de Seth (cadeau)

- Gep, Graines de Charlie

  •  Livres en lien avec une exposition

- Musée de Vernon, Portraits de femmes

- Julie Jones-Lichel Poivert, Histoire de la photographie

 

Et vous, vous feuilletez quoi?

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[CHALLENGE] 14, un roman efficace

Titre: 14

Auteur: Jean Echenoz

Éditions: Hachette (mais paru à l'origine aux éditions de Minuit)

Date de parution: 2012

 

Je n'avais jamais lu Jean Echenoz, pourtant récompensé par de nombreux prix, notamment le Goncourt en 1999 pour Je m'en vais, jusqu'à ce que je découvre ce petit roman en spécimen dans mon casier.

 

Faites la guerre...

 

Anthime, Charles, Padioleau, Bossis et Ancenel partent à la guerre en 1914. Peu en reviendront. Pendant ce temps, à l'arrière, Blanche mène sa vie.

 

14 c'est le récit de la guerre de 1914 mais sans réécrire ce l'a déjà été mille fois. Echenoz, avec son style sobre et distancié, décrit des faits sans tomber dans le pathétique. Ile ne raconte d'ailleurs pas vraiment la guerre mais de petites scènes lors de cette guerre. Il alterne aussi chapitres au front et chapitres à l'arrière. Et ainsi il dit l'essentiel.

 

Un récit d'acier

 

Le ton de froide distance choisi procure au texte un effet de décalage inattendu qui n'est pas sans ironie. D'ailleurs certains passages sont des hommages à des morceaux d'anthologie de la littérature française. Echenoz arrive à surprendre et intriguer le lecteur en révélant certaines informations importantes pour les habitudes de lecteur de façon impromptue et incongrue, comme si le personnage n'avait besoin ni de psychologie ni d'identité claire. Il est ainsi réduit à sa plus pure expression: un regard sur le monde

 

J'ai beaucoup aimé la netteté, la sobriété et donc l'efficacité de ce très court roman de 80 pages. Il m'a cependant manqué un je-ne-sais-quoi qui m'a laissé un goût d'inachevé, comme si, étrangement, je ne pouvais me satisfaire de cela.

 

NB: Roman lu dans le cadre du challenge "un mois = une consigne". Le mois de mai avait pour consigne: lire un roman historique.

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Du plomb à la lumière, un "livre de demain"?

Titre: Du plomb à la lumière

Auteurs: collectif

Édition: Mille saison

Date de parution: mars 2016

 

Un concept innovant

 

Rapportée du salon du polar de Loches, cette anthologie de nouvelles m'avait intriguée et séduite d'abord par sa couverture. (Je suis très faible!). Le travail de la mise en page rend l'objet livre vraiment superbe. Le concept est tout autant intéressant. En effet, ce livre rassemble des nouvelles issues de la littérature de l'imaginaire afin de les faire concourir. A la fin du livre se trouve une code personnel qui permet d'élire sa nouvelle favorite. Le gagnant aura l'occasion d'écrire un roman dérivé de l'univers ébauché dans la nouvelle.

Mais cela ne s'arrête pas là! A chaque nouvelle est associée une illustration et une musique. Évidemment, la musique n'est pas intégrée au livre mais elle est accessible par flash-code ou à l'adresse internet indiquée. Il faut donc élire aussi nos illustrations et les compositions préférées.

 

Et les nommés sont...

 

Pour ce qui est de la littérature de l'imaginaire, autant dire que je débute. Je n'y connais pas grand chose et je distingue très mal les différents genres. Je me suis donc donnée trois critères d'évaluation: le rapport au sujet, le style, l'univers créé et sa possibilité d'un récit plus large. Les notes seront sur 5 et seront signifiées par des *. Voici mes notes pour chaque titre:

* Valentin Desloges, Le coup du collier (hors concours)

**** Vyl Vortex, Sous l'oeil de Tornn

*** Guillaume Dalaudier, La clé céleste

** Barnett Chevin, La pierre

***** Karine Rennberg, Les feux de la rampe

* Stephane Monnet, La mort n'est pas un spectacle

*** Marylin Guldin, Emmurés

*** Anthony Boulanger, Les hommes de Métal

**** Emmanuelle Maia, Quelques grammes de plomb pour atteindre la lumière.

***** Céline Ceron Gomez, Marché Conclu! (spécialement pour la chute que je n'attendais pas du tout, malgré le titre.) + superbe illustration

** Kéti Touche, Notre-Dame de Baltimore (le récit m'a vraiment fait peur!)

*** Ophélie Hervet, Ce qui nous lie

* Johann Vigneron, La Foire

** Philippe Deniel, Métal radieux + illustration sympa

*** Marguerite Roussarie, Être vivant

**** Elie Guillot, La bataille de Krak Girn

*** Romain Joly, Un rêve de lumière

*** Marine Auriol, Et si l'Equinoxiale n'était qu'une mort de plus...

***** Ghislain Morel, Deus ex machina + jolie illustration

**** Arnaud Gabriel, Zhang Zhung, le mont Gang Ti Sé

**** Simon Boutreux, Betsy (N.B.: seul récit fantastique, au sens littéraire du terme.)

 

Comment comprendre le sujet?

 

Comme le laissent présager les titres, le thème a été compris de façons très différentes. Le plomb a souvent été entendu comme le matériau à l'origine de robots, d'armements ou du lien dans les vitraux. Simon Boutreux rappelle que le plomb est aussi utilisé dans l'imprimerie. Certains ont parlé du saturnisme, maladie causée par l'ingestion de plomb ou encore de la céruse, maquillage à base de plomb pour blanchir le teint. La lumière a été plus traditionnellement entendue comme celle du soleil ou des projecteurs. Évidemment certains font référence à la lumière de la mort, de l'au-delà ou encore de la révélation. L'alliance du plomb et de la lumière pouvait aussi évoquer l'alchimie.

 

A vous de jouer!

 

Les votes sont ouverts jusqu'en mars 2017. Et si le prix du livre vous refroidit, pensez qu'il s'agit d'une anthologie de 21 nouvelles et que le travail est vraiment de qualité, tant au niveau des textes que de l'édition. Bref, je ne regrette pas du tout cette dépense.

L'appel aux textes pour la saison 2018 a déjà commencé sur le site des éditions Mille Saisons. Tentez votre chance!

 

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{Des bulles et des mots} Un Renard et des Parenthèses

Je suis décidément sous le charme de la collection "Shampooing" de chez Delcourt qui propose des bandes dessinées de grande qualité.

Titre: Entre parenthèses

Auteur: Marion Barraud.

Éditeur: Delcourt

Collection: Shampooing

Date de parution: 10/09/2014

 

Un dessin épuré à l'aquarelle, à la limite du trait enfantin, accompagne le parcours du personnage principal après sa rupture. Le texte se fait discret et souligne la force des moments évoqués et mis en scène. Les thèmes de l'amitié, de la solitude et du bonheur sont abordés avec délicatesse et laisse le lecteur apaisé et plein d'espoir. Un petit bijou.

 

Titre: Le Grand Méchant Renard

Auteur: Benjamin Renner

Éditeur: Delcourt

Collection: Shampooing

Date de parution: 21/01/2015

 

Un renard anti-héros, un raté de première est persécuté par ses proies, les poules de la ferme voisine. Sur les conseils du loup cruel, il enlève des œufs afin de pouvoir croquer du poussin en toute sécurité. Mais rien ne se passe comme prévu.

Le récit est extrêmement dynamique et drôle. Il s'appuie sur la figure traditionnelle du renard et des animaux qui l'entourent: le chien, le loup, les poules, le lapin et le cochon, toute une galerie de personnages farfelus. On se croirait presque chez La Fontaine!

Les dessins, légers et expressifs mettent en valeur un texte amusant, efficace et parfois complètement barré. Éclats de rire en perspective!

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[Événement] Le Chapiteau du livre à Saint-Cyr-sur-Loire

Aujourd'hui, je me suis rendue au Chapiteau du livre à Saint-Cyr-sur-Loire. Je suis très friande de ce genre d'événements mais cette année, j'avais volontairement réduit mon budget pour ne pas faire de folies. Cela fut très frustrant mais j'ai tenu bon et j'ai été raisonnable.

 

Les dédicaces

J'avais apporté des livres à faire dédicacer parmi les auteurs que j'apprécie. J'ai donc pu rencontrer:

- Daniel Picouly à qui j'ai fait dédicacer Un champ de personne. Il a eu l'air ravi de voir ce livre et a même regardé la date de l'exemplaire que j'avais. Je me rappelle de cette lecture qui m'avait stylistiquement bousculée. Une très belle lecture.

- Joseph Joffo m'a écrit un petit mot sur le vieil exemplaire d'Un sac de billes que j'avais lu au collège.

- Frédéric Lenormand a signé mon exemplaire de Meurtre dans le boudoir de la série des Voltaire mène l'enquête.

- J'ai eu le plaisir de retrouver Béatrice Egémar, auteur extrêmement sympathique, abordable et chaleureuse avec qui j'avais déjà échangé au salon du polar de Loches en 2015. J'aimerais vraiment la faire intervenir auprès de mes élèves autour du roman Elle posait pour Picasso dans la collection Courants noirs chez Gulf Stream. Malheureusement, cette collection a fermée alors qu'elle possédait des romans historiques et policiers pour la jeunesse de grande qualité. Je la remercie aussi pour sa grande générosité.

 

Les achats

Je suis tombée sur la collection Graines d'Ados des Editions Mouck. Ce sont de courts albums qui abordent les problèmes de l'adolescence avec tact. Je me suis procurée le dernier Graines de Charlie, touchée par le thème et le propos.

Un autre achat, destiné à être un cadeau, restera donc secret.

 

Les rencontres

Un jeune auteur, David Caillaud, propose un roman inspiré des questions que lui a posé son adolescence transposées dans un monde imaginaire. Le titre de son livre: Hérauts, La Nouvelle Lumière. J'aimerais vraiment découvrir son texte.

Les deux créateurs de My Book Box présentent une box littéraire au prix raisonnable et dont le contenu est thématique. Non seulement le concept est intéressant mais en plus c'est local puisque l'entreprise est tourangelle. A suivre!

 

Pour plus d'informations:

Le site du Chapiteau du livre.

Le site de Béatrice Egémar

Le site de My Book Box

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[ACHATS DU MOIS] AVRIL

Voici la monstrueuse liste de mes achats d'avril.

  • Achat d'occasion à la librairie associative La Mère Lison à Loches

- Paulo Coelho, L'Alchimiste

- Jack Kerouac, Sur la route

- Umberto Eco, Le pendule de Foucault

- Laurent Gaudé, Les oliviers du Négus

- Molière, Tartuffe

- Kundera, L'Insoutenable légèreté de l'être

  • Passage chez Gibert Joseph

- Romain Gary, La Vie devant soi

- Hélène Martin Kajman, Lire dans la gueule du loup

- Molière, Les précieuses ridicules

  • Commandes France Loisirs

- Johan Heliot, Ciel 2.0, Le printemps de l'espoir

- Jean-Yves Boriaud, Crimes à l'antique

- Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique

  • Achats au salon du polar de Loches

- Collectif, Du plomb à la lumière

- Monique Debruxelles - Denis Soubieux, Meurtres à Fontevraud

 

Et vous, vous feuilletez quoi?

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[CHALLENGE] Percy Jackson: ultime épisode.

Titre: Percy Jackson 5: Le dernier Olympien

Auteur: Rick Riordan

Edition: France Loisir

Date de parution: 2010

 

Dans le cadre du challenge "Un mois = une consigne" sur Livraddict, il fallait lire un roman jeunesse pour le mois d'avril. Comme je venais de lire le tome 4, je me suis dit que ce serait l'occasion d'achever la saga.

 

Percy va avoir seize ans et une prophétie annonce qu'à cette date un héros - tout pousse à croire qu'il s'agit de Percy -  devra décider du destin du monde. Or Cronos s'est réveillé et mène son armée contre l'Olympe. Il n'y a que Percy et son armée de demi-dieux de la Colonie pour faire front contre le Titan.

 

Un final épique digne d'Homère

 

J'ai beaucoup apprécié ce dernier tome qui finit dans un combat épique, haut en couleurs et en rebondissements. La réécriture est ici plus subtile. Plusieurs indices indiquent que le sous-texte est L'Iliade. En effet, l'Olympe est assiégée et une petite armée doit défendre la place face à une armée plus puissante et nombreuses. Les assauts sont réguliers et alternent victoires et défaites. De plus, Percy est associé à Achille et à sa malédiction. Enfin, indice majeur, un épisode où Silena se fait passer pour Clarisse afin de mener les Arès au combat qui rappelle l'épisode où Patrocle prend la place d'Achille pour mener les Achéens au combat.

Contrairement au tome précédent, j'ai trouvé que la psychologie des personnages était à nouveau approfondie. Cela m'a permis de plus facilement m'attacher aux personnages et donc de mieux comprendre leurs hésitations, leurs dilemme et leurs choix. Le roman étant destiné à la jeunesse ne recèle pas de grandes surprises à la fin.

 

Un point qui me chiffonne...

 

J'apprécie que la romance entre Percy et Annabeth reste discrète et ne prenne pas le pas sur l'intrigue et l'action comme il est de coutume actuellement. L'auteur reste d'ailleurs assez allusif et pudique sur les relations amoureuses des personnages, en particulier des personnages secondaires. Je note toutefois qu'il n'y a pas de relations homosexuelles et que deux personnages féminins importants renoncent aux hommes pour leur mission. Même si cette virginité est liée à la mythologie des personnages d'Artémis et de la Pythie, elle me dérange un peu puisqu'il n'y a pas d'équivalent chez les personnages masculins... Vous trouvez que je chipote?

 

NOTE POUR LA SAGA: Une saga qui tient la route et dont le riche univers joue parfaitement avec les références mythologiques.

 

Mes articles sur les tomes précédents:

Tome 4: Le dernier olympien

Tome 3: Le sort du Titan

Tome 2: La mer des monstres

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Re-découvrir Modiano

Titre: Dora Bruder

Auteur: Patrick Modiano

Date de parution: 1997

 

 La première fois que j'ai rencontré Modiano c'était à travers L'Herbe des nuits. Je ne connaissais pas du tout cet auteur (honte à moi!). Le roman m'avait semblé obscur, étrange, et m'avait laissé perplexe. Sur les conseils d'une collègue, je suis à nouveau allée à la rencontre de Modiano, cette fois par une de ces oeuvres les plus célèbres et les plus accessibles: Dora Bruder.

 

Une Juive dans Paris

 

Il n'y a pas vraiment d'histoire. Peut-on même appeler cela un roman? Le narrateur (l'auteur?) part d'un vieil article de journal relatant la fugue d'une jeune Juive Dora Bruder à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Il cherche alors à reconstruire son parcours à travers la ville grâce à des documents d'archives.

 

Une géographie-histoire errante de Paris

 

Deux parcours, deux errances dans Paris tissent le fil du roman: celle de la fugue adolescente de Dora et de la fatalité qui frappe les Juifs pendant la seconde guerre et celle du narrateur qui suit Dora et son propre passé. En effet, Dora éveille des souvenirs, des échos dans le passé du narrateur. Son propre père, Juif aussi, lui aussi arrêté, par exemple.

Les lieux sont capitaux dans ce parcours. Ils portent le souvenir lorsqu'ils existent encore. Ils peuvent aussi avoir disparu, être cachés, dissimulés et ainsi dénoncer l'ensevelissement du passé, son recouvrement imparfait par un présent oublieux. Ce sont eux qui construisent, modèlent le récit comme une géographie mentale.

Malgré sa forme errante, le roman suscite de nombreuses émotions. D'abord parce qu'il évoque le sort des Juifs pendant l'Occupation, la déportation et que Dora emporte le mystère de sa fugue avec elle. Mais aussi grâce au délicat parcours mémoriel du narrateur au croisement de deux vies parisiennes, porté par l'extrême simplicité de la langue de Modiano. C'est un véritable envoûtement.

 

La phrase à retenir: "C'est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d'occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l'Histoire, le temps - tout ce qui vous souille et vous détruit - n'auront pas pu lui voler".

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[TAG] #Sharetheblogtube!

Photo du site Unsplash by Negative Space
Photo du site Unsplash by Negative Space

Séduite par le tag proposé par Margaud Liseuse et par Saefiel du blog Les petits mots de Saefiel, j'ai voulu participer avec elles à la promotion des relations entre les booktubeurs et les blogueurs. En effet, on perçoit parfois une tension, une rivalité entre les deux univers. Les deux défendent pourtant leur passion pour l'univers du livre. C'est parti!

 

Trois chaînes Booktube découvertes récemment:

- BiblioZoé: un univers coloré et tout doux. Zoé lit des livres dépaysants et peu vus sur Booktube. Les vidéos sont très soignées et surtout, surtout, j'adore son papier-peint!

- Biz et  Thot: une jeune booktubeuse québécoise passionnée et dynamique. Son univers est à la fois apaisant et dynamique. Je l'adore!

- All you need is book: deux sœurs animent cette chaîne et présentent essentiellement des classiques. Elles sont à la fois précises, cultivées et très sensibles.

 

Trois chaînes que je suis depuis toujours

- Margaud Liseuse: évidemment Margaud est une des premières que j'ai découverte sur Booktube. J'ai tout de suite aimé son calme, sa délicatesse et sa gentillesse.

- Brodybooks: Toute première chaîne suivie sur Booktube. Clélia est toujours accueillante et sa voix est très apaisante.

- FairyNeverland: Justine est dynamique et très émouvante. Elle défend ardemment ses goûts et ses choix.

 

Trois chaînes que j'aimerais faire découvrir

- Jules Armand Maleterre: Un univers décalé et loufoque, des lectures éclectiques et des découvertes!

- Entre mes couvertures: Voilà une booktubeuse géniale! Ses chroniques littéraires sont sous la forme d'un dialogue, il y a aussi des analyses de couvertures et surtout, mes préférées, des vidéos sur les figures de style.

- Tête de Litote: des lectures qui changent, qui bousculent. Entre littérature et comics.

 

Ce que j'aime dans les chaînes littéraires

J'aime écouter les vidéos des youtubeurs en travaillant. Ils me fascinent et m'emportent surtout par leur énergie et leur enthousiasme. Il y a peut-être aussi un peu de facilité à les regarder. En effet, le contact se fait plus facilement, plus directement. On est comme accroché et rapidement fan.

 

Comment vois-tu les relations blog et chaîne Booktube?

Pour moi les deux sont complémentaires. S'engager sur Booktube, c'est livrer son image, oser s'offrir au public. Le blog est plus discret, plus réfléchi, c'est pour cela qu'il me convient mieux. Je crois aussi en la force de Booktube pour attirer de nouveaux lecteurs, plus jeunes. Les lecteurs de blog sont peut-être davantage des habitués, des lecteurs déjà convaincus qui cherchent de nouvelles lectures. Il serait bon que la bulle Booktube ne soit pas excessivement favorisée par le marketing, les maisons d'édition et la publicité sous peine de creuser les écarts et de créer des jalousies inutiles.

 

Ta recette pour que les deux grandissent ensemble

Peut-être faudrait-il plus d'échanges entre les deux supports, comme ce tag.

 

Les trois personnes que je tague:

Je ne peux malheureusement taguer personne pour la simple (et malheureuse) raison que je ne fais encore partie d'aucun cercle livresque. Je suis énormément de blogueurs et de booktubeurs mais je suis très (trop) discrète pour attirer assez de lecteurs ici. Je parle encore beaucoup dans le désert...

 

Pour reprendre le tag:

Si vous êtes blogueur, reprenez le tag tel qu'il se présente ici. Si vous êtes booktubeur, rendez-vous sur la chaîne de Margaud Liseuse et faîtes comme elle. Si vous êtes les deux, choisissez sous quelle forme vous voulez faire le tag. Le but est avant tout de partager notre amour du livre et des histoires.

Pensez au mot-dièse #sharetheblogtube sur Instagram, Twitter et Facebook!

 

Bonnes lectures (et visionnages!)

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"Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache"

Titre: La vie devant soi

Auteur: Romain Gary (Émile Ajar)

Publication: 1975

 

Il paraît que ce livre est un véritable best-seller auprès des élèves, même les plus récalcitrants. Je me suis alors demandé quelle était cette perle. Trouvé d'occasion dans ma petite librairie associative, je l'ai dévoré aussitôt.

 

Momo, madame Rosa et tous les autres.

 

Momo a dix ans, ou à peu près. Il vit chez madame Rosa, qui recueille les enfants des femmes qui se défendent avec leur cul. Madame Rosa est vieille, grosse et moche mais Momo l'aime quand même. Et puis il y a les six étages qui tuent madame Rosa et ses crises d'habitude aussi. Elle a survécu à Auschwitz mais elle ne veut pas finir comme un légume à l'hôpital. Momo préfèrerait l'avorter par respect pour le droit sacré des peuples.

 

Sous le regard de Momo, dix ans, presque 14.

 

Je dois bien avouer avoir été complètement déboussolée par le style. En effet, le narrateur est le jeune Momo, âgé d'une dizaine d'années et il raconte son univers avec ses propres mots. Il faut donc identifier ce qui se cache derrière les expressions fantaisistes voire fautives du jeune enfant qui n'a pas été longtemps à l'école. Une fois passée cette barrière, un monde narratif riche et surprenant s'ouvre devant nous. En fait, lire ce livre, ça se mérite!

Nous avons affaire à une galerie de personnages forts, drôles et bouleversants, tous plus fous et colorés les uns que les autres: Madame Rosa, Momo, Moïse et Banania, madame Lola, la travestie, monsieur Hamil... Ils habitent Belleville et en font une cité cosmopolite peuplée de Juifs, d'Arabes et de Noirs.

Dans la vie du jeune Momo, Victor Hugo et Les Misérables apparaissent comme un gimmick, aussi sacré que le Coran. Pourtant, c'est bien sa version des Misérables qu'il nous donne avec sa langue populaire et ses personnages issus de la misère parisienne.

Le roman aborde deux thèmes très importants: la fin de vie et la tolérance. Et le choix d'un narrateur enfant rend les choses encore plus essentielles. Il va droit au but et voit les choses comme elles sont, dans leur brutalité, sans le vernis policé des adultes. Le roman est donc d'une humanité exceptionnelle. Il n'y a aucune comparaison possible avec ce que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui sur ce sujet.

 

Pour la petite anecdote, le roman a reçu le prix Goncourt en 1975 sous le pseudonyme Émile Ajar. La vérité ne fut révélé qu'à sa mort.

 

Citation à garder

 

"Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre."

 

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Le tour du monde d'une princesse

Odalisque d'Eugène Devéria
Odalisque d'Eugène Devéria

Titre: La Princesse de Babylone

Auteur: Voltaire

Epoque/ Mouvement: XVIIIe siècle (1768) - Les Lumières

 

La Princesse de Babylone est un conte oriental qui raconte l'histoire de Formosante, la princesse de Babylone et d'Amazan. Par amour, l'un et l'autre parcourent un monde "légendaire", reflet de l'Europe du XVIIIe siècle. C'est l'occasion pour Voltaire d'exposer les différents peuples et régimes politiques européens avec humour, ironie et imagination.

 

Ô nuits d'Arabiiiiiie!

 

J'aime particulièrement les contes orientaux. Leur univers chatoyant, exotique et voluptueux constitue toujours pour moi une source de rêverie. Ce conte s'inscrit dans cette tradition comme Zadig (de Voltaire) ou encore Les Lettres Persanes (de Montesquieu). Et comme ces deux autres oeuvres, La Princesse de Babylone est un conte philosophique où sont développées les réflexions caractéristiques des Lumières (la justice, les régimes politiques, les moeurs, ...).

Le début est extrêmement plaisant et agréable à lire. On y découvre la princesse Formosante (de formosa, en latin, la beauté) qui est la plus belle des jeunes femmes. Son père veut la marier et pour cela organise un concours au cours duquel les participants devront réaliser des défis annoncés par un oracle. Évidemment, rien ne se passe comme prévu et Formosante tombe éperdument amoureuse d'un jeune inconnu, un simple berger issu du peuple des Gandarides. Il est accompagné par un oiseau qui parle et qui se révèle être un phénix et chevauche une licorne. Tout cela est digne des Mille et unes nuits !

 

Suis-moi, je te fuis; fuis-moi...

 

Après une série de rebondissements, la princesse part à la recherche du bel inconnu et découvre le pays utopique des Gangarides. Voltaire peint alors une civilisation idéale, modèle de vertu, d'égalité et de justice. Mais à la suite d'un quiproquo amoureux, l'errance des deux jeunes gens reprend de plus belle et les conduit en Europe.

Ils passent successivement par la Chine, la Scythie, la Scandinavie, les pays bataves, Albion (l'Angleterre), Paris, l'Espagne, l'Italie... Avec son humour légendaire, Voltaire dresse le portrait de ses contemporains et dénonce les travers des différentes sociétés et régimes politiques. Cependant, le parcours européen se construit sur le mode répétitif et donc un peu ennuyeux d'Amazan fuyant les avances des femmes des pays traversés et Formosante cherchant à retrouver son bel inconnu.

A Paris, ville de toutes les séductions, le schéma s'inverse et Amazan doit à présent poursuivre la princesse afin de se faire pardonner. La critique caustique est parfois alourdie par les références à l'actualité de Voltaire. C'est donc un véritable effort pour le lecteur moderne de décrypter toutes les petites vacheries voltairiennes.

Lorsque enfin le périple s'achève, tout est bien qui finit bien!

 

Un conte charmant, court et efficace qui vaut bien un Zadig ou un Candide !

 

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[CHALLENGE] Un feelgood book?

Titre: Les derniers jours de Rabbit Hayes

Auteur: Anna McPartlin

Année d'édition: 18 février 2016

 

Au mois de mars, la consigne du challenge "un mois = une consigne" de Livraddict demandait de lire un livre à la couverture printanière. J'avais craqué sur la couverture quand Prettybooks nous l'a montrée sur Instagram. De plus, c'était un coup de coeur pour elle et pour beaucoup d'autres lecteurs. Je me suis donc laissée tenter.

 

Mia Hayes, surnommée Rabbit par son entourage, est en phase terminale d'un cancer généralisé. Elle intègre une maison médicalisée pour ses derniers jours. Le roman raconte donc le parcours d'acceptation de la mort par l'ensemble des personnages: la fille de Rabbit, ses parents, sa soeur, son frère et ses amis.

 

Clairement, ce n'est pas le genre de roman que j'ai l'habitude de lire. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort et s'aventurer hors des sentiers battus. Malheureusement, ce n'est pas du tout le coup de coeur attendu.

 

Un récit touchant sur un sujet délicat

 

Le récit est évidemment émouvant, de part son sujet mais aussi par le réalisme des réactions des personnages: la fuite, le déni, le courage, la douleur, la révélation... Les chapitres alternent les points de vue, ce qui permet de faire connaissance avec chaque personnage et d'inscrire la mort dans leur vie quotidienne. La fin m'a tiré des larmes mais je n'ai ressenti aucune des émotions fortes promises par les critiques des lecteurs.

 

De trop grandes attentes?

 

Qu'est-ce qui bloque? Le style, définitivement. Peut-être parce qu'il s'agit d'une traduction, je n'ai pas apprécié le phrasé de l'auteur. Et j'ai été rebutée par les clichés. Alors, je précise d'emblée que les clichés ne concernent pas les réactions des personnages à la mort. Au contraire, j'ai trouvé que c'était la force du roman. Je parle plutôt de tout ce qui constitue le passé de Rabbit et en particulier son histoire avec Johnny. Dès l'ouverture du livre, on nous raconte cette histoire de groupe de rock dans le garage familiale qui commence à avoir du succès. On nous parle de la jalousie de Rabbit pour la beauté très féminine de sa soeur alors qu'elle est une fille malingre mais au caractère rebelle. J'ai trouvé cela cliché, excessif. Cette vision de l'adolescence me hérisse le poil.

Sans doute suis-je trop difficile ou trop exigeante mais cette histoire entre Rabbit et Johnny est cousue de fil blanc. On a compris dès les premières pages que le souvenir de son amour de jeunesse va lui permettre d'accepter la mort pour le retrouver (à défaut de la religion, thème omniprésent dans le roman). En fait, je crois que c'est le choix même de situer les jeunes gens dans un groupe de rock qui est en passe de rencontrer la gloire qui m'a gênée. Il y a tellement de situation moins clichées, plus complexes à raconter que celle-là... Et si c'était pour aborder le cas de la sclérose en plaque alors il fallait en parler de façon peut-être plus approfondie. J'ai eu l'impression que tout cela était un prétexte pour aborder trop de choses en même temps.

Une piste que j'aurais voulu voir davantage exploitée, c'est celle des extraits du blog de Rabbit. J'ai trouvé que c'était intéressant de voir son point de vue face au cancer. Ces extraits sont cependant peu nombreux et situés à des endroits pas forcément très efficaces. Pourtant, l'effet d'écart entre ce qu'écrivait Rabbit et sa situation aurait ajouté du tragique ou au moins de l'ironie tragique.

Quant à l'humour, je suis habituellement bon public. Beaucoup mettaient en avant l'alternance équilibrée de rire et de larmes mais chez moi ce fut un échec. Je suppose que ces lecteurs ont apprécié les échanges vifs que portent le personnage de Rabbit et celui de sa mère. Et pourtant, cela n'a pas marché chez moi. J'avais toujours cette impression de "surjoué" qui me mettait mal à l'aise, cette énergie du désespoir qui est plus déchirante qu'autre chose.

Je regrette aussi que certains personnages soient trop secondaires. Ils semblaient intéressants mais pas assez creusés: les fils de Grace, la soeur de Rabbit, le voisin et ami de Juliet, les amies de Davey...

 

Qu'en conclure?

 

Je suis sensible aux livres que TOUT le monde aime. Celui-ci est noté 4.82/5 sur Babelio et 4.27 sur Goodreads... Mais de trop grandes attentes réservent forcément de la déception. Il faut aussi que je fasse plus attention aux goûts des blogueuses influentes. Elles dévorent en général du contemporain, apprécient de s'identifier aux personnages, cherchent l'émotion. Ce qui, en soi, n'est pas du tout critiquable. Mais moi, je suis plus sensible au style, à l'ingéniosité de la construction, à la surprise. Au fond, je ne lis pas tant pour me divertir que pour rencontrer des voix originales et puissantes. Et c'est là d'où vient probablement ma déception.

 

Mes critiques des autres livres du challenge:

Janvier: Les Fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

Février: Persuasion de Jane Austen

 

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[ECRITURE] Projet en noir

Crédit image: Brandon Anderson, Crime scene tape, Creative commons, Flickr

 

C'est décidé, ce soir, je lui règle son compte. Trois ans que je retourne le problème dans tous les sens, que cela m'obsède. Cela suffit ! Il faut que je m'en débarrasse maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. Et il est nécessaire que je fixe à présent précisément et méthodiquement la démarche et que j'anticipe la suite des événements.

 

Aude Pugeault est une petite célébrité locale. Personne ne peut ignorer cette libraire dilettante, qui se revendique poétesse, qui voudrait être muse et dont le seul talent avéré est celui de parcourir les rues pavées de la ville sans le moindre frémissement de l'escarpin. Elle s'est particulièrement fait remarquer sur la toile grâce à son blog « Sensua'littéraire » où elle illustre ses critiques aussi affûtées que ses talons aiguilles de photographies où elle est mise en scène de façon suggestive, quand elle n'est pas tout simplement nue. Il s'agit là d'un geste hautement artistique par lequel elle clame sa liberté et sa féminité. Évidemment. Toujours est-il qu'elle en agace plus d'une avec ses longues jambes qu'elle vous met sous le nez à tout bout-de-champ. En fait, elle suscite autant de haine que d'admiration, parfois chez les mêmes personnes ; ce qui est très contrariant, il faut l'avouer. Mais tant qu'on parle d'elle...

 

C'est donc à Aude que je vais m'en prendre. Et le crime que j'imagine est délectable. Nous sommes jeudi soir. Elle ferme sa librairie à 18h30, en général. Elle ferme d'abord la porte du local puis éteint les lumières une à une. Quand tout est noir, elle ferme la porte vitrée de l'entrée à clé puis fait descendre la grille qu'elle verrouille aussi. Souvent, on dirait qu'elle jette un dernier regard à sa boutique mais en réalité c'est son reflet qu'elle regarde et qu'elle envisage toujours de photographier. Elle trouve que cela aurait un rendu flou très artistique, comme si elle était un fantôme qui hanterait ses livres. Elle doit ensuite traverser le centre-ville de son petit pas cliquetant puis rejoindre la rue d'Albuféra où elle gare en général sa voiture. C'est là qu'elle sera attendue. Et pourtant, à aucun moment elle ne se sentira en danger, sauf à la fin peut-être, au tout dernier moment. Ses grands yeux d'eau s'ouvriront sur la mort.

 

Pour lire la suite, télécharger le Pdf!

 

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Projet en noir, d'"Augustine Presse"
Nouvelles policières écrite dans le cadre du salon du polar de Loches. Le texte n'est pas libre de droits. Veuillez respecter les droits d'auteurs.
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CE TEXTE N'EST PAS LIBRE DE DROITS

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[Événement] Salon du polar de Loches

Crédit image: Brandon Anderson, Crime Scene Tape, Creative Commons, Flickr

Le dimanche 3 avril, c'était la troisième édition du salon du polar de Loches, organisé par le Lions Club local.

C'est un petit salon très sympathique. On y rencontre surtout des auteurs locaux et des auteurs auto-édités ou de petites maisons d'édition. Le plus souvent, ils vous parlent avec passion de leurs livres. Cette année, le parrain était Claude Rollet, un acteur que je ne connaissais pas. J'ai par contre été très touchée par le discours de l'invité d'honneur Alex Guéry, un jeune cinéaste tourangeau. Il semblait très ému et a souligné que le salon était humain et à taille humaine, ce qui est tout à fait le cas. Sa présence dans le salon était d'ailleurs rafraichissante. Il faut avouer que la moyenne d'âge est sinon assez élevée...

 

Un salon ET un concours de nouvelles

 

A l'occasion de ce salon, un concours de nouvelles policières est organisé. D'abord destiné aux scolaires, il s'est cette année étendu aux adultes. J'avais découvert ce salon l'an dernier car j'avais fait participer une de mes classes au concours et leur nouvelle avait été publiée. Cette année, j'ai retenté l'expérience pour mon compte personnel, malheureusement sans succès.

Les fonds récoltés par ce salon (l'entrée à 2€ et la vente des recueils de nouvelles à 5€) est reversé pour le financement de la recherche contre le cancer chez l'enfant. C'est donc non seulement une action culturelle mais aussi humanitaire à saluer.

 

Ne jamais repartir les mains vides...

 

J'en ai profiter pour faire deux achats (en plus de recueil des deux nouvelles lauréates):

- Meurtres à Fontevraud de Monique Debruxelles et Denis Soubieux (édition geste noir). L'un des auteurs, Denis Soubieux m'a convaincue, à la fois par le lieu où l'histoire se situe et par le contexte plus ou moins uchronique.

- Du plomb à la lumière est une anthologie de nouvelles fantastiques ou fantasy très originale. Il s'agit en réalité d'un concours de nouvelles organisé par les éditions Mille Saisons. A chaque nouvelle est associé un contenu interactif grâce à un flash-code, en particulier de la musique. Il faut voter, toujours grâce au flash-code et au numéro secret associé au livre, pour sa nouvelle préférée. J'ai hâte de les découvrir toutes. L'anthologie était présentée par un des auteurs: Simon Boutreux.

 

Pour plus d'informations:

Le site du salon du polar

Le site des éditions Mille Saisons

La page du roman Meutres à Fontevraud sur le site des éditions Geste noir

 

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[Défi]Zéro achat: accompli!

Bilan du défi que je me suis lancé au mois de mars.

Je n'ai pas craqué et ai reposé sur les rayons tous les livres par lesquels j'étais tenté, et ce jusqu'au 31 mars. Aucune entorse au défi. Et pour cela je suis fière.

Par contre, comme il fallait s'en douter, j'ai accumulé tant de frustration qu'évidemment aujourd'hui, le 2 avril j'ai craqué.

Explication du "craquage": Deux raisons principales font que j'ai cédé à ma pulsion d'achat.

1. Pour le travail, je dois me procurer de nombreux livres classiques que je dois lire rapidement. J'en ai trouvé un de la liste à la Maison de la Presse de Loches.

2. Je suis passé chez "La mère Lison", une boutique associative lochoise qui vend des livres d'occasion. Et comme l'occasion, fait le larron, me voilà avec six livres.

Je ne vous cache pas que je dois me procurer d'autres livres mais j'essaierai d'être raisonnable. Sur Booktube, j'ai entendu parler d'un challenge qui pourrait m'aider: un livre acheté pour trois livres lus. Cela m'aiderait peut-être à lutter contre l'extension prodigieuse de ma Pile à Lire. Affaire à suivre....

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[LECTURES SCOLAIRES]Ô grands mots...

Dans le cadre d'une préparation de cours, voici la liste des tragédies que j'ai (re)lue:

- Racine, Andromaque

- Racine, Phèdre

- Anouilh, Médée

- Corneille, Médée

 

Ces tragédies mettent en scène trois femmes, trois reines confrontées à des décisions impossibles: épouser son ennemi et trahir le souvenir de son mari pour sauver son fils, accepter de voir son amant pour qui elle a tout abandonné la quitter pour épouser une autre princesse, aimer passionnément le fils de son époux.

Le dilemme est le cœur de la tragédie, c'est ce qui fait sa puissance. Le lecteur (et le spectateur) oscille entre répugnance et pitié. Il se sent pris au piège avec le personnage et éprouve la même torture, produite par une forme de suspense. C'est ce qu'on appelle communément la catharsis d'après La Poétique d'Aristote. Pourtant de suspense, il n'y en a que très peu. Généralement, on connaît l'issue de la pièce, soit parce qu'on connaît le mythe soit parce qu'on part du principe que tout le monde meurt à la fin. Le suspense réside plutôt dans le retard, l'attente de cette fin.

On trouve aussi un certain plaisir à observer comment chaque auteur introduit une variation en traitant le mythe. Chacune est une vision personnelle de l'humanité et de ses passions. Sans parler du style! Quelle maîtrise du langage dans chaque version!

Le point commun entre ces mythes et tragédies est le thème du monstre. Certes, dans Phèdre, un des personnages raconte l'apparition d'un monstre mais c'est surtout les passions des personnages qui sont monstrueuses. Phèdre entretient une flamme coupable pour son beau-fils. Son aveux est qualifié de monstrueux et plus encore son mensonge et donc son crime. Hermione, folle de jalousie et criant vengeance pour la trahison de Pyrrhus pousse Oreste à l'assassiner. Là encore, un crime violent et monstrueux. Mais le plus horrible reste sans doute le crime de Médée qui assassine ses deux enfants pour ne pas les laisser à Jason, pour qu'il ne lui arrache pas, pour qu'il souffre autant qu'elle. Toutes victimes, toutes coupables d'un crime. La seule question qui bouscule le lecteur (et le spectateur) reste: et moi, qu'aurais-je fait?

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Portrait de femme

Il est des romans sur lesquels il est difficile de s'exprimer naturellement, avec fluidité. Ils vous échappent, renâclent et vous laissent perplexe. Des livres  où il est nécessaire de prendre du recul, de lire des critiques, des documents complémentaires, brefs sur lesquels il faut réfléchir posément.

 

Le roman met en scène Thérèse Desqueyroux à la sortie de son procès pour tentative d'empoisonnement sur la personne de son mari. Elle est acquittée. Lors du trajet qui la ramène chez elle, elle prépare le discours qu'elle tiendra à Bernard, son époux. Pour cela, elle remonte le temps pour trouver l'origine de son acte. Elle n'a cependant pas le temps de s'expliquer. Bernard, porte-parole de la famille Desqueyroux la condamne à l'exclusion et à l'enfermement dans la solitude.

 

Dans les premiers instants de la lecture, j'ai rejeté le personnage de Thérèse parce que je ne la comprenais pas. Voilà une femme qui n'est occupée que d'elle. Sombre, égoïste, aux désirs contradictoires, violente et arrogante. Son désir de liberté s'exerce aux dépends des autres qu'elle ne cherche jamais à comprendre. Thérèse a voulu tuer son mari, sans raison consciente. Elle le déteste viscéralement. Et cette répugnance ne s'explique pas, pas clairement du moins. Pourtant tout conspire contre ce mariage.

Et puis progressivement, me détachant de cette lecture un peu bovarienne, je me suis laissée emporter par le style. Il y a cette alternance entre les espaces extérieurs infinis et la claustration de Thérèse. Il y a le silence d'Argelouse et la fumée des cigarettes de Thérèse. Les barreaux sont partout: dans les forêts de pins, dans les membres rigides de la famille Desqueyroux, dans les conventions, dans les regards.

 

Dans le dossier à la fin du livre, certaines remarques de Mauriac lui-même m'ont particulièrement intéressées, en particulier une qui suggère que Thérèse serait peut-être lesbienne et que ce mariage était donc voué à l’échec et que les désirs de Thérèse ne pouvaient trouver leur assouvissement.

La fin aussi m'a laissée perplexe, comme si ce qu'elle disait devait être lu autrement. Chaque page, chaque ligne est un champ d'interprétation...

 

Il est difficile de noter une telle œuvre qui échappe à la note de plaisir de lecture. J'y renonce donc et vous laisse vous faire votre propre avis.

 

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Percy à la sauce Thésée.

Titre: Percy Jackson 4: La bataille du labyrinthe.

Auteur: Rick Riordan

Édition: France Loisir

Date de parution: 2010

 

J'avais laissé Percy au tome 3 qui m'avait moins enthousiasmé que les tomes précédents. Puis s'est présenté le "Challenge à 1000". Or Percy trainaît dans ma Pile à Lire avec ses 410 pages. L'occasion était trop belle de me replonger dans cet univers.

 

J'ai donc retrouvé Percy en train d'échouer, comme toujours, à intégrer une école pour finir sa scolarité à cause de sempiternels monstres qui le persécutent. De retour à la colonie des Sang-mêlé, il apprend qu'elle est menacée. En effet, Luke et l'armée de Cronos cherche à l'attaquer en empruntant le labyrinthe de Dédale, labyrinthe tentaculaire dans les sous-sols des États-Unis. Percy et ses compagnons cherchent à retrouver le célèbre inventeur pour l'empêcher de divulguer le fonctionnement du labyrinthe à Luke. Pendant ce temps, Cronos se réveille...

 

Les romans de la saga sont toujours efficaces: des combats épiques, de l'amitié, du suspense et de l'humour. C'est la grande qualité de Rick Riordan. Les personnages et le récit ne se prennent jamais au sérieux et toute exagération due au genre "jeunesse" est assumée. Ce qui ne veut pas dire que soit absent tout pathos bien dosé. Le lecteur s'attache rapidement aux personnages et les suit avec plaisir dans leurs pérégrinations. Ordinairement les tomes se présentent comme une réécriture de grandes épopées comme l'Odyssée dans le tome 2. Ici, le récit est fondé sur le motif du labyrinthe de Dédale duquel Thésée sort avec l'aide d'Ariane. J'ai trouvé la réécriture sympathique mais moins convaincante que celle de l'Odyssée qui reste ma préférée (ô combien!).

La romance entre Percy et Annabeth initiée dans le tome 3 est très peu développée dans ce tome. L'univers est moins sombre que dans le troisième tome et le récit trop haletant pour trop s'attarder sur les réflexions des personnages. On n'y découvre que fugacement Rachel, une mortelle qui voit à travers la brume, mais très peu d'autres nouveaux personnages. Au contraire, les quêtes annexes s'achèvent progressivement et le dernier tome commence à se préparer. Le récit s'achève sur un combat épique entre la colonie et l'armée de Cronos qui annonce sans aucun doute le combat final de la saga.

 

Une lecture plaisante qui me fait renouer avec la saga.

 

Pour lire les précédents articles:

Tome 2 La mer des monstres

Tome 3 Le sort du titan

 

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[CHALLENGE] Une deuxième chance en amour?

Titre: Persuasion

Auteur: Jane Austen

Édition: France Loisir

 

J'ai lu le roman de Jane Austen Persuasion dans le cadre du challenge "Un mois = une consigne" du forum Livraddict. Pour le mois de février, la consigne du mois demandait de lire une romance ou un roman érotique. Comme je ne suis pas du tout attirée par la mode du roman érotique (mais alors pas du tout! et ce n'est même pas par puritanisme) et que les romances me laissent en général indifférente, je me suis tournée vers une valeur sûre: Jane Austen.

 

Dans sa jeunesse, Anne Elliot a rompu ses fiançailles avec Frederick Wentworth sur les conseils d'une amie de la famille, Lady Russell. Huit ans plus tard, Anne et Wentworth se retrouvent. Si Anne est toujours sous le charme du beau capitaine, Wentworth, lui, tient rigueur à la jeune femme de son abandon.

 

La romance entre les deux personnages est extrêmement touchante et délicate. Pourtant avec Austen, on sait que l'intérêt ne se trouve pas seulement là. On retrouve comme à chaque fois la description mordante de la société mondaine de Bath et de ses personnages si ridicules. Ce que j'ai cette fois particulièrement apprécié, c'est l'apparition de personnages très positifs et chaleureux comme les Harville ou Mrs Smith ou encore le couple si uni des Croft. En plus des habituelles promenades dans la campagne verdoyante, on peut aussi lire une superbe description d'une petite ville balnéaire. C'est je crois la partie qui m'a semblé la plus frappante.

Je pense que la réflexion principale du roman tourne autour de l'idée portée par le titre "Persuasion". Il s'agit de savoir si se laisser convaincre est faire preuve de faiblesse de caractère. C'est du moins ce que pense Wentworth. La question est en fait étudiée par plusieurs figures comme Louise ou Lady Russel en ce qui concerne les sentiments et le mariage. Mais aussi à travers les figures de menteurs que sont William Elliot ou Mrs Clay par qui la famille d'Anne se laissent berner, ou encore à travers l'histoire de Mrs Smith. Comme toujours chez Jane Austen, c'est l'étude de caractères qui prime, bien avant la romance.

 

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman même s'il ne détrône pas Orgueil et préjugés. Je l'ai trouvé toutefois nettement plus charmant et rafraîchissant que Raison et sentiments. J'ai hâte de découvrir les autres romans!

 

Ma note: 17/20

 

Challenge "Un mois = une consigne Janvier: Les fiances de l'hiver, Christel Dabos

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[Défi] Zéro achat!

Le mois de février a été marqué par un grand nombre d'achats de livres. Or trop c'est trop! Non seulement mon budget a souffert de cet élan irrépressible mais surtout ma Pile à Lire est devenue monstrueuse et incontrôlable. C'est affreux, elle déborde de partout et ne cesse de croître. Elle me fait peur!

 

Pour remédier à tout cela, j'ai fait le pari fou de ne pas acheter un seul livre au cours du mois. En cas d'absolue nécessité (en particulier professionnelle), je dois faire preuve d'imagination et je peux recourir à trois "jokers": la bibliothèque municipale, le CDI ou l'appel à un ami. J'espère passer le mois sans encombres et sans tentations.

 

Je ne dépasserai sans doute pas cette durée puisque je ressens le besoin constant de combler mes lacunes culturelles par la lecture frénétique d'ouvrages variés ou à défaut par le remplissage compulsif de ma bibliothèque, d'autant que je sens que le mois de juin va être une période difficile, pleine d'achats et de lectures urgentes pour la préparation des oraux du bac. Tant de livres et si peu de temps....

 

Souhaitez-moi bonne chance et "que le sort me soit favorable"!

 

Photographie personnelle: Jakob Gautel "La Tour (Tour de Babel)", exposition "Babel", Palais des Beaux-Arts de Lille, 2012.

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[ACHATS DU MOIS] FÉVRIER

Voici la encore trop importante liste de mes achats de février.

  • Commandes à la librairie (maison de la presse) de Loches:

- Lorsque j'étais une oeuvre d'art, Eric-Emmanuel Schmitt

- Attentat, Amélie Nothomb

  • Passage à la librairie "La Boîte à livres" de Tours:

- Incendies, Wadji Mouawad

- Théâtre **, Eric-Emmanuel Schmitt

- La Cantatrice chauve, Eugène Ionesco

- Hilda, Marie Ndiaye

- Théâtre, Yasmina Reza

Razzia sur le théâtre contemporain!

  • Achat pour le challenge "Un mois = une consigne":

- Les derniers jours de Rabbit Hayes, Anna McPartlin. (d'après les avis et conseils de Prettybooks).

  • Prêts

- Harmonies consolantes, Julie C. Billaud (un recueil de poésie)

- L’Existentialisme est un humanisme, Sartre

 

 

Et vous, vous feuilletez quoi?

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En route vers de nouvelles aventures

Si vous me suivez sur Facebook, vous avez pu vous rendre compte que je migrais vers une autre plateforme et une nouvelle adresse:

betweenthebooksentouraine.wordpress.com

 

Quelles en sont les raisons?

 

Si j'ai débuté sur Jimdo, c'était pour la simplicité de prise en main. Je n'avais pas beaucoup d'ambition pour mon blog et la formule me convenait très bien. Cependant, au bout d'un an de blogging et après la rencontre avec les blogueuses de Tours, mes envies ont évolué et bientôt la version gratuite de Jimdo ne fut plus suffisante. Comme je refuse d'acquérir un nom de domaine ou de payer pour une version plus performante parce que je ne veux pas investir à ce point dans mon blog, je commençais à tourner en rond. Convaincue par Maeve et par mes autres copines blogueuses de les rejoindre sur Wordpress, je fais aujourd'hui le grand saut.

Sur la nouvelle plateforme, vous pourrez évidemment bientôt retrouver tous les anciens articles. Le transfert est cependant toujours en cours. Tant que tout ne se trouvera pas à la nouvelle adresse, ce blog restera ouvert. Cela vous laisse ainsi le temps de prendre vos marques.

J'espère vous retrouver à la nouvelle adresse pour plus de lectures et plus d'échanges!

A bientôt!

 

{Défi 2017} Je vide ma Pile à Lire - JUIN

Juin: mois de la catastrophe. Entre les achats obligatoires pour le boulot, les brocantes et les événements autour du livre, impossible d'échapper à la dévoration de la PAL, monstre exponentiel que vous connaissez bien maintenant.

J'en profite pour vous annoncer l'inauguration de mon premier partenariat avec une maison d'édition (plutôt une collection). Et même qu'ils sont venus me trouver tout seuls et que je n'avais pas fait de demande. Je suis fière!

A l'origine du challenge, Mademoiselle Maeve, incontournable blogueuse tourangelle à découvrir d'urgence si vous ne l'avez pas déjà fait!